Comme pour tous les Rookies sur lesquels nous mettons de temps à autre un coup de projecteur, et ce quelque soit la catégorie, son histoire est atypique.

Vous vous souvenez tous de Brad Binder, pénalisé en étant obligé de prendre le départ du Grand Prix d’Espagne en dernière position suite à l’utilisation d’une erreur de référencement d’une cartographie.
Le pilote Sud-Africain avait alors entamé une extraordinaire remontée pour remporter le Grand Prix.

Et bien, le week-end dernier, il est arrivé la même chose à Valentin Grimoux, lors du Promosport sur le circuit de Pau Arnos.

Et qui de mieux que l’intéressé lui-même pour raconter ce qui reste à ce jour un fait inédit en France?

Valentin Grimoux, peux-tu te présenter, pour le grand public?

“J’ai 19 ans et je fais les Coupes de France  Promosport 400 sur une Yamaha R3. C’est, comme son nom l’indique, une formule de promotion ouverte aux 400cc ou moins, ce qui permet d’avoir aussi des Kawasaki et des KTM. Mais, malgré sa cylindrée de seulement 320cc, j’ai préféré la Yamaha car elle m’avait permis de finir 3e, l’année dernière, pour ma première saison dans cette formule.”

Avant d’arriver à Pau, quelle place du championnat occupais-tu?

“J’étais 5e car j’avais perdu beaucoup de points en chutant sur le circuit Carole.”

Que s’est-il passé à Pau?

“Lors de la qualification, j’ai cassé ma chaîne dans le premier tour et n’ai pu inscrire aucun chrono. Suite à cela, j’ai été convoqué par les représentants de la FFM (Fédération française de Motocyclisme) qui m’ont autorisé à partir dernier sur la grille, et ce, pour les deux courses que comportent un week-end. J’ai vraiment été très déçu de cette qualification mais j’ai réussi à transformer cette déception en énergie positive pour la course.

Lors de la première course, qui s’est disputée sur le mouillé, j’ai réussi à remonter à la 4e position avant que le drapeau rouge ne soit sorti, suite à la chute d’un concurrent.

Lors de la seconde course qui, elle, s’est disputée sur le sec et est allée jusqu’à son terme des 15 tours, j’ai tout donné dès le premier tour et me suis retrouvé 11e au premier passage sur la ligne.
Ensuite, je me suis appliqué à ne pas faire d’erreur tout en gardant un rythme élevé, en particulier lors des freinages. Peu à peu, je suis revenu sur le groupe de tête que j’ai rejoint à quelques tours de la fin de course. J’ai réussi à prendre la tête sur un freinage dans l’avant-dernier tour, et je ne l’ai plus lâchée. ”

Et là?

“En fait, durant la course, j’étais concentré et je ne me suis aperçu de rien, mais après l’arrivée, je me suis rendu compte que tout le public avait suivi ma remontée et m’avait encouragé par leurs cris. Les gens m’appelaient Valentin Binder et je trouvais ça amusant.  Les officiels sont ensuite venus me féliciter, ainsi que Yamaha. C’était une belle revanche sur le sort.”

Voilà, il ne s’appelle donc pas Brad Binder mais bien Valentin Grimoux, et possède donc déjà un talent certain tout en sachant puiser dans ses ressources au bon moment, un trait de caractère que son parrain sportif, un certain Jules Cluzel, ne lui contestera pas…

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