Pas de repos pour Valentin Debise; après une victoire à Road America la semaine précédente, le team M4 SPORTBIKETRACKGEAR.COM SUZUKI  s’est directement rendu à Barber, le week-end dernier, pour une nouvelle manche du championnat MotoAmerica. 

Un week-end assez difficile pour le jeune pilote français , dont vous pourrez retrouver les épisodes précédents ici: 123456 – 7


Valentin Debise: “J’ai rarement autant souffert lors d’une course de moto. En Alabama, à Barber, là où il y a ce fameux musée à l’intérieur du circuit. Cette piste est récente, une quinzaine d’années. Le circuit a été dessiné en fonction du relief naturel. Les alentours du circuit sont ultra entretenus, je n’ai jamais vu  un circuit aussi propre et attractif. Une pelouse tondue à ras à perte de vue, des statues en ferraille dans tous les coins. Il y a même des « vampires » dans une marre ! Terrain de motocross, piste de karting, piste école pour une marque de luxe et j’en passe.

Mes essais libres se sont mieux passés qu’habituellement parce que cet hiver j’avais effectué une dizaine de tours ici-même. Trop facile! Certains virages ont étés difficiles à apprendre. On arrive fond de 5 à 200km/h, et dès qu’on freine, il faut commencer à déclencher le virage et rétrograder deux vitesses. On arrive au premier point de corde. Il est important de relâcher les freins à cet endroit-là parce qu’il y a une grosse bosse (j’en ai fait la mauvaise expérience pendant la qualification samedi matin). Ensuite, il faut relever la moto légèrement en reprenant les freins de plus belle et rétrograder un rapport de plus. Puis, passer un vibreur qui est assez haut, et où les roues décollent. Ensuite, la piste descend  à pic et tourne fortement à droite. On déclenche la moto en y mettant beaucoup d’intensité. Le virage s’ouvre à la sortie, on accélère longtemps sur l’angle en passant deux rapports sur l’angle. Le tout pendant 21 tours de course !

Sachant que les courses vont être dures pour le pilote et pour la mécanique, je passe plus de temps à travailler mon rythme de course en pneus usés qu’à aller chercher un chrono à tout prix. Je passe quand même un pneu neuf en fin de qualification, et je trouve un lièvre (un autre pilote) pour me tirer un tour. Je réalise un bon chrono me plaçant deuxième à 1 dixième. Voyant ça, je me dit “mince, je vais essayer de cravacher un peu plus pour prendre la première pole position de l’année”. Je fais une petite erreur au virage dont je viens de vous parler plus haut. Je tombe assez vite, je me relève tranquillement. Mais après ça, je ne me sens pas bien. Ayant 5 heures avant la course, je prends le temps de boire un maximum, m’alimenter, m’étirer etc. Rien y fait, je suis à plat ! Les mécaniciens ont fait un travail extraordinaire. La moto refaite à neuve, je n’ai même pas besoin de monter dessus, tout était parfait. Que ce soit les demi-guidons, la position de mes leviers; tout était à la position exacte d’avant chute. Bravo !

Je prends un bon départ, et me retrouve deuxième. Je décide de rester tranquille, et j’essaye de me détendre sur la moto. Au bout de quelques tours, je commence à me sentir bien; j’attaque pendant deux tours. Je suis dans la bataille. Et là, plus aucune force, mon corps ne veut plus rien faire. A partir de ce moment, j’en ai chié comme jamais. La chaleur était insupportable, le grip très faible. Je me concentrais virage après virage sans penser à ma fatigue. 3 tours avant la fin, drapeau rouge; une chute ? Non, seulement une tempête qui arrive; ça devient une habitude lol.
En premier lieu, j’étais content que la course ne soit pas arrêtée sur la chute d’un concurrent. En deuxième, trois tours en moins… c’était magnifique car j’étais vraiment à bout. Je parviens à sauver un podium venu de nulle part, et je me demande ce que je fais la. J’étais un peu perdu, mais content que le calvaire soit fini. La chute du matin ne m’a pas aidé, et je n’ai jamais ressenti ça. Le choc plus la chaleur, ça ne va pas ensemble!

Seconde course, j’ai cette fois encore plus de temps pour me préparer. Mon moteur casse lors de la chauffe avant de partir au warm-up. Je trouve que j’ai eu énormément de chance sur ce coup. La moto aurait pu casser pendant une des deux courses, ou, pire, au warm up et me faire chuter. Je prends patience et retourne m’isoler au calme. Il fait encore plus chaud aujourd’hui; le thermomètre affiche 41° ! Mon coach, Ken Hill, me dit « today is no joke », il dit vrai ! Une nouvelle fois, mon équipe s’active pour changer le moteur. Tout était prêt. Ils ne m’auraient rien dit, je n’aurais pas vu la différence. L’embrayage était exactement pareil sur la piste. La puissance moteur égale. Ils ne rigolent pas sur la précision; ils sont bons !

Une nouvelle fois, bon départ. Je vois un des Yam’ boy voler le départ. Je ne me concentre pas sur ça. Aujourd’hui, ils sont tous énervés sur la piste. Je me fais déboiter de partout. Mon but est d’imprimer mon rythme et de le garder jusqu’à la fin pour m’économiser physiquement. Je ne me sens toujours pas à mon aise, mais un peu mieux que la veille. Deux pilotes s’échappent à mi-course. Je suis 5ème, un peu distancé du deuxième groupe qui se bat pour le podium. Croyant à ma stratégie, je ne relâche pas mon effort, et finis par remonter sur le groupe me devançant. Il reste 5 tours, j’observe ce qu’ils font et évalue les possibilités qui vont s’offrir à moi. J’entame le dernier tour 5ème. Je passe 4ème assez facilement sur un freinage appuyé en descente. Je ferme les portes et me contente de suivre le troisième pour attaquer à l’intérieur de l’avant-dernier virage. Il décide de fermer la porte très tôt. J’arrive lancé derrière, j’avais déjà préparé mon attaque. Je freine fort, et l’avant glisse sur les bosses. Ce virage précède un gauche. Ca fais un genre de chicane avec un peu d’espace entre les deux virages. J’accélère fort pour le doubler dans le gauche. Je tente de serrer l’intérieur en pensant qu’il va fermer la porte une nouvelle fois. L’idée, c’est de me mettre à son niveau, mais pas devant lui pour le bloquer à l’accélération. Sur ce virage, il prend la trajectoire habituelle. Je me retrouve à l’intérieur, troisième, trop en avance sur lui. J’attends avant d’accélérer pour le bloquer au point de corde, mais je ressors assez bien malgré tout. J’entends sa moto arriver sur ma gauche. Je vais donc vers la gauche pour le pousser et défendre ma position; on se touche légèrement, et je resserre vite mes coudes pour ne pas perdre des km/h. Il me bat sur la ligne pour 14 centièmes.  J’ai les boules ! C’est comme ça, il a été meilleur, et je ne peux pas gagner mes batailles à tous les coups, sinon il n’y aurait plus de fun.

Dans sa globalité, je suis satisfait de mon week-end. Ça n’a pas été le meilleur, mais je suis satisfait quand je vois les problèmes qu’on a rencontrés, que ce soit moi physiquement, ou la moto.  Je m’en sors vraiment bien.

Pour l’anecdote du week-end, mon team était à deux doigts de prendre une amende, parce que la 1000cc ne faisait pas assez de bruit, incroyable mais vrai !
Pour le concurrent qui à volé le départ, les officiels m’ont répondu que les caméras de la grille de départ ne marchaient pas à cause de la chaleur. Rien n’est jamais parfait dans tous les championnats que j’ai faits; moi, je prends en compte les bons côtés, sans m’attarder sur ce genre de détails.

C’était sympa d’avoir les partenaires du team à nos côté. Les échappements M4, le revendeur de pièce Sportbiketrackgear.com ainsi que Suzuki.
J’en profite pour les remercier, ainsi que mes partenaires qui m’aident sans relâche à réaliser mes rêves : Les casques ARAI, les combinaisons PILOT, le supermarché INTERMARCHE CARMAUX, le vendeur de voiture SN DIFFUSION, les bottes ALPINESTARS, les gants TAICHI, ainsi que les autres qui ne veulent pas être cités.

Merci à tous

Sportivement,
Valentin”

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