Lors des récents trois jours de test en Malaisie, de nombreuses heures ont été perdues en attendant que la piste sèche. Les trois parties concernées – Sepang International Circuit, le designer Dromo et l’entreprise Nippon Road – s’étaient déjà réunies après les essais Michelin en juillet 2016 pour trouver une solution, sans succès.

Loris Capirossi (représentant Dorna au sein de la Direction de course) explique dans cette interview que « le circuit nous a proposé une solution déjà essayée à l’aéroport qui consiste à imperméabiliser la piste ». Il existe aux Etats-Unis en NASCAR un système qui donne satisfaction depuis 1976. Il était basé à l’origine sur de l’air chaud soufflé par des turbines d’hélicoptères montées sur supports mobiles, comme celui illustré sur cette photo de l’époque :

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Depuis, ce système a été amélioré en 2013. Baptisé « Air Titan 2.0 », il est constitué de remorques qui soufflent à haute pression de l’air chaud et comprimé. NASCAR explique que l’Air Titan 2.0 propulse l’air à la vitesse de 915 km/h. Les jets sont beaucoup plus directifs et la consommation en carburant nettement moindre. L’eau est évacuée de la piste et collectée par aspiration dans un camion-citerne. Ainsi, NASCAR réduit le temps de séchage des pistes de près de 80%, tout en consommant 80% moins de carburant et en émettant 80% moins de polluants qu’avec le dispositif précédent. L’Air Titan 2.0 peut sécher la surface d’un terrain de football en 20,5 secondes. Les essais ont été effectués par le National Center for Asphalt Technology (NCAT) de l’Auburn University, l’International Speedway Corporation’s track construction group, et Racing Surface Technologies.

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Voici en vidéo un aperçu du système dans sa version des années 70

Et voici la nouvelle version

A Sepang, les virages 9 et 15 sont les plus concernés, ainsi que la jointure médiane de la piste. Comme l’eau à tendance à ces endroits à remonter, il est possible qu’il faille y faire plusieurs passages pour obtenir une surface sèche. Ce ne serait peut-être pas parfait, et une adaptation du système serait peut-être nécessaire. Mais avec 50 ans d’expérience sur des dizaines de circuits, on peut supposer que cela ne poserait pas de problème insoluble aux ingénieurs qui ont mis au point ce dispositif. Il a bien sûr un coût, mais qui peut être réparti sur de nombreuses années. A comparer à ce que revient le transport et le séjour de la totalité du plateau MotoGP à l’autre bout du Monde deux fois par an, pour la course et les tests.

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