Ces dernières années, lorsque l’on parlait de discipline reine des sports mécaniques, on pensait Formule 1. Un réflexe qui s’estompe aujourd’hui non seulement dans les esprits, mais aussi les faits. La preuve avec le tracé de Sepang qui s’apprête à laisser son épreuve de Formule 1 pour mieux garder son rendez-vous national en MotoGP.

Cela fait déjà un petit moment que les signaux d’alertes se sont allumés pour la Formula 1. Pendant ce temps, les louanges n’ont cessé de grandir à l’égard d’un MotoGP qui épate même les pilotes des monoplaces placées au sommet de la chaîne alimentaire des sports mécaniques. Ce week-end, la moto a rendez-vous avec la Malaisie à Sepang qui est au calendrier de la Formule 1 depuis que le tracé de la banlieue de Kuala Lumpur est sorti de terre. Soit 1999.

Une fidélité qui pourrait prendre fin dès la fin de la saison 2018. « S’il n’y a plus d’intérêt économique, pourquoi continuer? Nous ferions mieux de faire une pause », a déclaré à l’AFP Razlan Razali, le directeur du circuit international de Sepang. « Le public local n’achète plus de billets pour venir voir la F1 ». Et il est vrai que seulement 45.000 spectateurs avaient assisté en septembre au Grand Prix de Sepang, sur un circuit qui peut en accueillir jusqu’à 120.000.

Pendant ce temps, l’édition 2016 du Grand Prix de Malaisie version MotoGP qui aura lieu ce week-end  affiche déjà pratiquement complet. L’ironie du sort veut que, pourtant, l’équipe phare qui écrase actuellement la Formule 1 soit financée par le pétrolier malaisien Petronas. Une visibilité assurée et un prestige national à afficher. Seulement voilà, le ministre des Sports insiste : la course de monoplaces a perdu 200 millions de téléspectateurs depuis 2008. Il rappelle qu’organiser ce Grand Prix de F1 coûte « très cher ». Sur son compte Twitter il a exposé son souhait de voir la Malaisie arrêter d’accueillir un Grand Prix de F1.

Arrêter la Formule 1 oui, mais le MotoGP surtout pas. L’événement restera à Sepang pour les dix prochaines années. La Malaisie est un rendez-vous  incontournable dans le calendrier. L’engouement est réel et le rapport qualité-prix acceptable pour les organisateurs. Les pilotes Malaisiens sont aussi de la partie. Khairul Idham Pawi a remporté deux courses cette année en Moto3 et Hâfidh Syahrin est actuellement neuvième du championnat Moto2. Oui, le MotoGP s’affirme de plus en plus et d’abord face à une Formule 1 considérée il y a encore peu comme intouchable dans la notoriété de l’univers mécanique.

Ceci dit, cette montée en puissance n’est aussi pas sans conséquence dans le monde de la moto. Le Superbike est ainsi éclipsé et s’est déjà résigné à ne plus fouler le tracé de Sepang, faute de moyens. En 2017, ses excursions en outre-mer se limiteront à Phillip Island, Laguna Seca et Losail. Sepang et Buriram en Thaïlande sont sortis du calendrier.

 

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