Depuis le début cette campagne d’outre-mer, Zarco aime jouer avec nos nerfs. Des débuts de course timides qui permet au peloton de le happer, le contraignant à une prudence de tous les instants pour gérer son capital points en bon père de famille, le tout alors que ses adversaires sont, au contraire, obligés au panache… Mais lors de cette qualification du Grand Prix de Malaisie, le Français a montré qui était le patron.

Cette fois, il n’y a pas eu de calcul. Les sensations étaient là dans un environnement qui invitait à tomber dans le premier piège venu. Le bitume de Sepang hésitait entre le mouillé et le sec et il fallait être solide dans sa tête pour faire de ces conditions un ami.

Et pourtant, le pilote Ajo y est parvenu. Et pas qu’un peu. Au terme de la séance qualificative, il n’a pas seulement pris sa quatorzième pole position de carrière et sa sixième de la saison. Il a carrément rejeté son second à plus de deux secondes. Un gouffre dans un milieu où le millième se négocie à prix d’or.

Revenant sur ce qui reste un exploit, le Champion du Monde en quête d’un nouveau sacre a commenté : « c’est une bonne place pour le départ de la course demain. Comme tout le monde, on souffre des conditions changeantes de la piste. Lorsque c’est complètement mouillé, ça va, mais lorsque ça sèche, on ne sait jamais trop où on en est avec les slicks car le tracé n’est jamais tout à fait sec. Parfois on peut attaquer, puis on peut se retrouver à la limite et frôler la chute ou se faire des frayeurs ».

« Pour ma part, j’ai réussi à rester détendu et durant les essais, je n’ai jamais été au sommet de la hiérarchie. J’ai pris de la confiance et notamment pour la course. En ce qui concerne cette qualification, on a commencé sur le mouillé et c’est allé en s’asséchant. J’aime bien rouler avec les pneus pluie,  j’ai eu de bonnes sensations et je me suis amusé. J’ai fait de bons tours mais vers la fin, je suis rentré au stand pour faire reposer un peu mes gommes. Mes pneus sont descendus un peu en température. Quand je suis reparti, j’ai été capable de faire d’autres bons chronos et de battre Morbidelli sur la fin ».

Laisser reposer la pâte pour mieux ensuite cuisiner à l’étouffé ses adversaires, voilà la recette de celui qui pourrait ceindre une seconde couronne dimanche en cas de victoire : « demain, il faudra faire la différence au départ. Pour rester concentré et avoir un style fluide, l’idéal serait de mener la course. C’est ce que je vais essayer de faire. Et puis je vais tâcher de bien dormir, de rester calme. Il faudra voir la météo demain… La bataille sera sympa s’il ne pleut pas. En revanche, la course risque d’être longue sur le mouillé. Auquel cas, il faudra être encore plus concentré ».

Ses deux adversaires pour le titre sont plus loin sur la grille de départ : Lüthi est septième alors qu’Alex Rins est vingt-troisième.

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