Lors du récent Honda Racing Thanks Day qui s’est déroulé le week-end dernier à Motegi, Takaaki Nakagami était une des principales attractions pour les nombreux spectateurs, toujours avides de la présence d’une pilote japonais en MotoGP. A cette occasion, il a fait le point avec Federico Porrozzi, le correspondant de Motosprint.

Le Japon va avoir de nouveau un pilote en MotoGP. Comment vous sentez-vous ?

« Je ressens sur moi beaucoup de pression, parce que je vais prendre le relais d’Aoyama, qui a couru dans cette catégorie jusqu’à il y a quatre ans, ça fait trop longtemps. Je suis fier et je veux remercier ceux qui ont permis ça, Honda et Idemitsu. »

Pourquoi le Japon n’a-t-il produit ces dernières années que peu de talents en MotoGP ?

« Il m’est très difficile de répondre à cette question. Je ne peux pas donner une explication précise : malgré la présence de quatre des plus grands constructeurs de motos au monde, la situation ici n’est pas espagnole ou italienne, par exemple. »

« Au Japon, le baseball et le football sont maintenant très populaires, mais j’espère que l’année prochaine, avec ma présence en MotoGP, je serai en mesure d’augmenter l’intérêt, comme à l’époque où il y en avait beaucoup. »

« Cela ne sera pas facile mais avec mon arrivée en MotoGP et aussi grâce à l’Asian Talent Cup et notre présence à la Rookies Cup, nous aurons l’opportunité de faire grandir le mouvement, tant du point de vue des fans que de celui de tous les jeunes prêts à se rapprocher de ce sport. »

Quelle impression avez-vous eu de la moto lors des premiers essais ?

« J’ai pris beaucoup de plaisir. Il y a tellement de choses à apprendre que, bien sûr, le temps n’a pas été suffisant. Le moteur est nettement plus puissant et l’électronique est plus sophistiquée et je dois apprendre à utiliser les pneus. »

« L’équipe a une grande expérience et j’ai été surpris par sa façon de travailler : Cecchinello me suit beaucoup et est un vrai “boss”. Les techniciens sont attentifs et disponibles tandis que Cal m’aide beaucoup dans l’approche de la moto, me donne des conseils dans le stand et surtout me permet de le suivre sur la piste. »

« Ce n’est pas facile mais j’aurai encore trois tests à faire avant le début du championnat. Il y aura du temps mais pour l’instant je dois rester calme et apprendre à connaître la moto et l’équipe. Même les techniciens devront comprendre quel est mon style de pilotage et l’adapter avec moi aux besoins de la moto. »

Gestion du moteur, des pneus, de l’électronique, des réglages, quel est pour l’instant l’aspect le plus difficile de votre apprentissage ?

« Etre capable de sortir des courbes de la manière la plus efficace. Ça peut être amélioré avec le contrôle de traction et l’électronique, mais je fais encore quelques erreurs. »

« J’ai la chance de pouvoir comparer mes données avec celles de Marc, Dani, Cal et Jack Miller : pour l’instant nous avons remarqué qu’au centre de la courbe mon pilotage est efficace car le comportement de la moto est similaire à celui de la Moto2. Le freinage ne me fait pas perdre beaucoup par rapport aux autres, alors que la vraie différence est quand il s’agit d’ouvrir les gaz. »

« Je viens de la Moto2, une moto qui a peu de puissance et avec laquelle j’étais très longtemps penché sur l’angle, alors que maintenant j’ai besoin de la redresser le plus vite possible pour amener tous les chevaux au sol. »

Qu’attendez-vous de votre première saison ?

« Pour l’instant il est très difficile de répondre… Disons qu’après les essais de Sepang, j’aurai des idées plus claires. L’équipe ne me demande pas de résultats précis jusqu’à présent, mais disons que je veux faire de bonnes courses et, si possible, être le rookie de l’année. »

Photo © LCR Honda

Source : motosprint.corrieredellosport.it

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