2019 verra les moteurs Triumph équiper la catégorie Moto2. Le directeur technique du MotoGP, Danny Aldridge, a fait le point avec Peter Mc Laren du site Crash.net sur les préparatifs et le déroulement de l’opération.

Danny Aldridge« La décision est connue depuis un petit moment dans les coulisses. J’irai chez Triumph lors de la pause estivale avec Externpro pour examiner toutes les informations demandées par les fabricants de châssis. Nous avons eu une réunion avec les fabricants de châssis, ici, jeudi au Sachsenring. 

Le plus important est d’avoir un dessin 3D du moteur, les capteurs utilisés, quels éléments sont obligatoires, qu’ils peuvent utiliser eux-mêmes. Mais la chose la plus importante à ce stade sont les dimensions physiques du moteur. »

A ce point de l’interview, il nous semble utile de préciser que, selon nos informations, le moteur Triumph est plus lourd que le Honda, que, malgré ses 3 cylindres au lieu de 4, sa largeur au niveau des cylindres n’est que de 25 mm moins grande que le Honda, et que ses points d’ancrage au châssis sont placés très hauts. En résumé, on aura sans doute des motos moins agiles que les actuelles.

Danny Aldridge: «Nous avons commencé à écrire ce qu’on appelle le «Moto2 Technical Information 2019». Nous le faisons pour les moteurs Honda depuis des années et maintenant nous faisons une nouvelle version pour Triumph. Il fournit toutes les informations sur les points d’ancrage et les dimensions du moteur. C’est la bible pour que les fabricants de châssis trouvent des informations. Donc, Suter, Kalex, KTM, Tech3 et Speed ​​Up n’auront aucun contact direct avec Triumph. Ils doivent passer par nous. Nous rassemblons ensemble toutes les informations. Il y a deux points de contact avec Triumph, moi-même et Trevor Morris de Externpro. Nous produisons ce document qui est mis à jour régulièrement et tout le monde reçoit la même information en même temps. Nous sommes assez avancés et chaque semaine, nous obtenons une mise à jour de Triumph. »

Ayant fait ses preuves avec les moteurs Honda, la philosophie ne changera pas avec les propulseurs britanniques.

Danny Aldridge: « Triumph enverra les moteurs standard à Externpro qui fera les modifications pour la spécification Moto2. Il sera plus puissant que le standard, évidemment, mais tout comme le moteur que nous utilisons maintenant, il est important que les moteurs soient aussi identiques que possible. Il est inutile d’avoir un moteur qui fasse1 50 chevaux si nous ne pouvons pas obtenir 30 d’entre eux exactement à ce niveau de puissance. Donc, plus important que la puissance, il faut s’assurer que chaque moteur ait la même puissance. Externpro dispose d’un pool d’environ 120 moteurs en permanence, soit ici, en piste, soit en cours de reconstruction. Une fois qu’ils ont été reconstruits, ils sont testés sur le banc et, à partir de là, ils sélectionnent les moteurs les plus proches, avec une tolérance, pour le prochain lot. Ils sont vraiment très proches, c’est incroyable ! »

Quant au planning prévisionnel, le Directeur technique se montre confiant…

Danny Aldridge: « Pour commencer, nous fournirons aux fabricants de châssis un moteur pratiquement standard. Ensuite, les moteurs officiels Triumph Moto2 seront utilisés lors d’un test officiel, sous notre supervision, et à la fin du test, les moteurs seront soit scellés, soit repris. »

Il reste une année et demie pour figer les spécifications du moteur Triumph afin d’offrir aux concurrents un propulseur à la fois puissant et fiable. A ce niveau, le « vieux » moteur Honda CBR était tout à fait honorable, avec seulement quelques problèmes d’écrou de vilebrequin au moment du passage de la maintenance de Geo Technology à Externpro, une boîte de vitesse martyrisée en utilisation compétition ainsi qu’un circuit de refroidissement archaïque, d’où des radiateurs aussi gros qu’en MotoGP.

Espérons simplement que le moteur Triumph offre la même fiabilité tout en effaçant ces inconvénients dus à un une conception déjà ancienne…

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