Matteo Flamigni est rentré chez Yamaha en 1999. Peu à peu, il y a fait son chemin jusqu’à devenir LE télémétriste (appellation erronée, mais soit) associé à Valentino Rossi, faisant ainsi partie de la garde rapprochée du Docteur qui l’a accompagné chez Ducati avant de revenir dans la maison d’Iwata.

Se basant sur des datas accumulées depuis 2004, Matteo Flamigni connaît plus que par cœur son pilote et lui prépare une moto aux petits oignons pour chaque course, aidé en cela par son pilote lui-même,

Aujourd’hui, dans une vidéo diffusée par le site motogp.com, il nous décrit comment il travaille avec Valentino Rossi, et nous révèle même un des atouts jusque-là caché du nonuple champion du monde…

Matteo Flamigni « je n’ai jamais révélé cela avant, mais un point très positif entre Valentino et moi, c’est que depuis le tout début, j’ai commencé à lui enseigner l’électronique : comment le système fonctionne et quels paramètres pouvons-nous modifier. Donc pour lui, maintenant, il est très facile d’expliquer ce qu’il attend du système et du logiciel. Car il connaît quelques fonctionnements et différentes choses, donc il peut me dire « ce fonctionnement implique cela ». Et je sais déjà, s’il me dit par exemple quelque chose à propos du frein moteur, ce qu’il veut et ce dont il a besoin. Donc c’est facile, car globalement, nous avons progressé ensemble. Normalement Valentino me demande directement ce dont il a besoin pour aller plus vite sur la moto. Après chaque séance, et même durant les séances, il me demande des choses car il veut améliorer ce virage, le frein moteur, le contrôle de traction, donc je fais immédiatement la cartographie.

Il écoute beaucoup ce que je lui dis, car si je dis quelque chose sur les datas, je lui suggère et, normalement, il est d’accord pour essayer durant les séances. Avec les cartographies, vous pouvez couvrir quelques possibilités, et parfois, vous devez faire des hypothèses. Mais avec beaucoup d’essais, comme on a fait, nous avons des idées plus précises de ce qui va se passer quand il fait trop froid ou trop chaud. Il y a différents problèmes que nous pouvons résoudre en sélectionnant les bons réglages du logiciel et il est toujours au courant de ce que je fais sur la moto. Bien sûr, il doit le savoir. »

Jerez 2016…

« nous savions un peu les conditions que nous allions avoir dimanche, qu’elles allaient être plus chaudes. Donc nous nous attendions à ce qu’il y ait un peu plus de patinage, mais pas autant que nous avons pu le voir à la télévision ou sur la piste, mais nous nous attendions à pas mal de patinage. Donc, Valentino et moi, ensemble, nous avons préparé une cartographie qui, en appuyant sur un bouton, délivrait une puissance très très douce. Bien sûr, il devait gérer, car lui et l’électronique ont été en mesure d’ajuster la puissance moteur, et c’était un point positif pour Valentino.

Normalement, on change trois fois de cartographie. Il a la possibilité de changer de cartographie pour l’accélération et pour le freinage. Pour l’accélération, oui, normalement il change trois fois. Parfois, seulement deux, quand le pneu ne se dégrade pas beaucoup, mais normalement trois fois. À mon avis, il change toujours au bon moment, car normalement, quand Valentino sent quelque chose de différent, par exemple comparé aux trois ou quatre premiers tours, il sait quand le pneu arrière est en train de se dégrader légèrement ou que les conditions sont en train de changer. Il est capable d’ajuster et d’adapter son style à ces différentes conditions. Il est capable de le faire de la bonne façon et au bon moment. »