C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Fabio Quartararo.
Une situation assez gênante
Par où commencer ? Fabio Quartararo, champion du monde MotoGP 2021, va débuter une nouvelle saison en catégorie reine avec Yamaha, avant de – sans doute – rejoindre une autre équipe. Ça peut vous surprendre, mais c’est comme ça : la saison n’a pas encore commencé qu’il est déjà pressenti chez Honda. Je dois reconnaître que je n’ai pas vraiment compris pourquoi sa signature au sein de la firme ailée a été presque officiellement annoncée par certains médias alors que les tests de Sepang n’avaient pas encore débuté. Quartararo avait pourtant dit qu’il attendrait de se faire un avis sur la Yamaha V4. Je vous laisse avec cette information.

Quartararo regrette-t-il ces deux dernières années avec Yamaha ? Photo : Michelin Motorsport
Comme tout le monde, je pense que Quartararo va partir de chez Yamaha. Après tout ce que j’ai pu lire ici et là, je ne vois pas comment il pourrait rester à ce stade du projet. Est-ce que cela va influencer sa saison 2026 ? Pas vraiment.
Quartararo, imperméable à la pression
Je crois effectivement que cela ne va rien changer à sa campagne, ou presque. Fabio Quartararo est un pilote qui demeure assez insensible à la pression médiatique. Dans l’histoire des sports mécaniques, on a déjà vu des équipes priver de pièces des pilotes sur le départ, mais Yamaha n’aurait absolument aucun intérêt à faire ça. Actuellement, seul Fabio est capable d’aller chercher de gros résultats au guidon de la YZR-M1, que ce soit en qualifications ou en course. La firme d’Iwata se tirerait une balle dans le pied en privilégiant d’autres éléments de l’équipe, surtout que nous sommes à quelques mois seulement du plus grand changement réglementaire du XXIe siècle.
Personnellement, je vois Quartararo réaliser une bonne saison, on peut encore en attendre de lui. J’ai particulièrement aimé son personnage en 2025. Il n’hésitait plus à prendre la parole pour critiquer la direction de l’entreprise nippone. Je sais qu’il passe pour quelqu’un d’arrogant, mais moi, j’aime ça : le MotoGP manque cruellement de profils comme lui. Par le fait, j’espère qu’il gardera la même ligne en 2026 et après.
Sur la piste, il reste factuellement l’un des meilleurs, dans le top 5-6 si je dois me mouiller. Lors de l’exercice passé, il avait été foudroyant en qualifications avec cinq poles. Sur un tour, je ne vois que Jorge Martin au dessus de lui dans la hiérarchie ces dernières années. Puis, en course, il a parfois été décevant, n’a pas converti toutes ses occasions, mais qui d’autre peut faire ce qu’il fait avec la M1 ? Certes, ses coéquipiers ne sont pas dans la forme de leur vie, mais ça reste quand même assez impressionnant.
Un V4 au point ?

Je n’ai pas l’impression que le V4 ait transcendé Quartararo à Sepang. Photo : Michelin Motorsport
Sa performance dépendra beaucoup de sa toute nouvelle Yamaha, cela va de soi. Pour ne rien vous cacher, j’ai beaucoup moins confiance en ce prototype qu’en Quartararo. Le risque de changer d’architecture moteur à un an d’un nouveau règlement est simple : perdre un an. Bien sûr, Yamaha prépare le futur, mais cela peut-il se faire tout en rivalisant avec Aprilia ou Ducati, qui feront courir, en 2026, l’aboutissement d’un travail de plus de dix ans ? Je ne crois pas.
Je vois Yamaha finir dernier du classement constructeur, notamment parce que la dynamique est bien meilleure chez Honda. Pour la M1 V4, je ne l’imagine pas plus décevante que la précédente, non, mais pas meilleure non plus : une sorte de moto moyenne, servant uniquement à recueillir des informations en vue de 2027.
Quartararo, s’il a déjà donné un accord, sera-t-il motivé pour porter cette machine au firmament ? Oui, je le pense, car ses larmes à Silverstone trahissaient d’un grand esprit de compétition. Il veut toujours le meilleur et uniquement le meilleur. Peu, sur la grille, ont un langage corporel aussi marqué après une contre-performance, et peu apparaissent aussi déçus quand ça ne va pas. « El Diablo », même s’il n’a pas participé à l’intégralité des tests de Sepang en raison d’une blessure, va tout donner, j’en suis persuadé.
L’heure du pronostic !
L’année passée, le Niçois a terminé 9e du championnat, mais c’était assez mal payé : il avait manqué beaucoup d’occasions de marquer de gros points, notamment en France et au Royaume-Uni. On ne peut raisonnablement pas attendre de lui un très grand résultat, car il exploitera une toute nouvelle moto, mais, dans la fleur de l’âge (27 ans en avril), je crois et j’espère qu’il créera la surprise quelquefois dans l’année. Après tout, il en a les capacités.
Côté classement, je l’ai vu un poil plus haut que l’année dernière, c’est-à-dire, entre la 7e et 9e place du général, largement devant les autres pilotes de la firme aux diapasons. Une espèce de saison « 2025.2 », en somme, avant d’entamer un nouveau chapitre de sa carrière.
Pensez-vous que je surcote ou sous-cote Fabio Quartararo ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

En vérité, je n’ai pas trop d’attentes, pas trop de hype. Et c’est peut-être le problème. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport
























