Pendant des années, une version confortable de l’histoire a circulé : Marc Marquez et Jorge Lorenzo auraient été unis – au moins ponctuellement – face à Valentino Rossi en 2015. Mat Oxley vient de pulvériser ce récit MotoGP. Et il ne prend pas de gants.
La saison 2015 reste l’une des plus explosives de l’histoire du MotoGP. Lorenzo sacré champion, Rossi accusant Marquez de favoriser son compatriote, le fameux incident de Sepang… Mais Oxley recadre brutalement la lecture populaire :
« Toute cette histoire de Marc Marquez et Jorge Lorenzo qui s’adoraient pour nuire à Valentino Rossi… Non, ils se détestent cordialement. Vraiment. »
“Se détestent cordialement.” La formule est assassine.
Oxley élargit le débat :
« Je pense que c’est la même chose avec les pilotes d’un même pays. Ils se détestent généralement parce qu’ils sont tous en quelque sorte en compétition pour le soutien du public local. »
Autrement dit : deux Espagnols au sommet ne peuvent pas coexister paisiblement. Ils se battent pour les sponsors nationaux, l’attention médiatique et le statut de héros local.
Lorenzo savait dès 2013 que l’arrivée de Marquez chez Honda changeait la donne. Six titres pour Marquez entre 2013 et 2019. Une domination fulgurante.
Avec une moto équivalente, Lorenzo ne faisait plus le poids. Et dans les coulisses, la tension était permanente.

Les constructeurs se détestent aussi, en MotoGP le mythe romantique n’existe pas
Oxley établit un parallèle intéressant avec la rivalité actuelle entre Aprilia et Ducati.
« J’aime aussi beaucoup le fait qu’Aprilia et Ducati se détestent un peu, il y a une vraie animosité entre elles. »
Ce n’est pas qu’une bataille technique. C’est une guerre d’orgueil italienne. Et selon lui, cette animosité est saine : elle crée du spectacle. Elle donne de la saveur au championnat.
Oxley rappelle d’autres duels historiques : Mick Doohan vs Wayne Gardner, Eddie Lawson vs Kevin Schwantz … Même logique : « tout le monde veut être le héros de sa ville natale. »
Et donc : « vous détestez celui qui essaie de se faire passer pour le héros local à votre place. »
Ce n’est pas personnel. C’est structurel.
2015 n’était pas une alliance, c’était une collision. L’idée que Marquez aurait “aidé” Lorenzo par sympathie nationale simplifie excessivement la réalité.
Selon Oxley, il n’y avait pas de pacte. Il y avait deux champions obsédés par leur propre légende.
Et si l’histoire les a momentanément placés du même côté contre Rossi, cela ne signifie pas qu’ils étaient alliés. Ils étaient rivaux.
Ils le sont restés. Et peut-être que cette vérité dérange encore plus que la controverse de Sepang.

























