Luca Marini aurait pu rester confortablement dans le team VR46, sur une Ducati, mais a choisi un défi de taille en 2024 : rejoindre Honda, alors dernier constructeur du championnat.
S’il y a bien un pilote discret dans le paddock, c’est Luca Marini. L’Italien, arrivé en MotoGP en 2021, a d’abord roulé trois ans dans l’équipe de son demi-frère Valentino Rossi sur une Ducati. Avec la meilleure moto du plateau et une place dans un team familial, il évoluait dans un cadre idéal, tout en étant néanmoins souvent le dernier pilote du clan des Rouges au classement.
Alors, face à cette réalité et à sa situation peut-être trop confortable, il a choisi de se mettre au défi en rejoignant Honda en 2024, qui était pourtant à ce moment-là, la machine la moins compétitive du plateau. Si son choix a pu étonner, peut-être que seul un pilote discret comme lui pouvait rejoindre ce projet et y croire. S’il n’avait pas été en mesure de gagner avec Ducati, il avait comme objectif, alors un peu fou, d’y parvenir avec Honda.
« J’ai eu de nombreuses opportunités, mais je n’ai pas été suffisamment bon pour gagner [avec Ducati]. C’est comme ça. Ces dernières années, la Ducati a été la meilleure moto de la grille et ça offrait beaucoup de sécurité. Développer une moto, la faire évoluer et travailler pour la rendre meilleure sur chaque aspect technique est un défi qui me stimule énormément », a-t-il confié dans une interview accordée à GPOne.
« Sur ce point je sens que j’ai beaucoup progressé. J’ai une responsabilité en plus et ça m’a aidé à grandir. Avant, mon ressenti était différent, parce que rouler dans l’équipe de Vale n’était ni mieux ni pire, simplement différent. Quand l’opportunité de Honda s’est présentée, je me suis dit ‘prends là !’ Je l’ai dit à Vale [en premier], on en a discuté plusieurs fois et ensuite j’ai signé. »
« C’était une opportunité à prendre pour grandir, pour devenir un pilote plus fort et aussi une meilleure personne. J’ai choisi Honda parce que je souhaite gagner le Championnat du monde, et le faire avec une marque historique comme Honda aurait une valeur spéciale. Je me souviens avoir grandi en voyant Valentino chez Honda, d’abord en 500cc puis en MotoGP. Pour moi c’était un rêve. Faire partie d’une équipe d’usine t’apporte quelque chose en plus en tant que pilote : je crois que c’est le rêve de tout pilote de représenter une marque. Le faire pour Honda, pour ce qu’elle a représenté en MotoGP, me rend fier, et j’espère réussir à gagner avec eux. »

Force est de constater que Luca Marini avait vu juste. Entre son premier test avec la RC213V fin 2023 et aujourd’hui, début 2026, Honda est passée des dernières places du classement à plusieurs podiums, dont même une victoire l’an dernier avec Johann Zarco. S’il est vrai que le pilote italien n’est pas habitué aux coups d’éclat, et est toujours en retrait comparé à ses coéquipiers, il trace pourtant indéniablement sa route.
S’il se montre moins flamboyant, il est d’une régularité à toute épreuve, avec seulement trois chutes comptabilisées sur l’ensemble de la saison 2025, contre 28 et 22 pour Johann Zarco et Joan Mir. Très engagé auprès de Honda, sa détermination à voir la marque revenir aux avant-postes va plus loin que le développement de la machine.
« J’ai tout de suite compris que la moto avait une très bonne ADN et qu’elle se pilotait bien, mais elle avait du retard sur de nombreux aspects, pas seulement techniques mais aussi du point de vue de l’organisation, de la méthode de travail et de la structure de l’équipe. J’ai essayé d’aider, avec du feedback mais aussi en faisait des suggestions sur l’amélioration autour de la moto. Aujourd’hui, il reste peu de choses de 2023, ça a énormément changé, la moto est totalement différente », a-t-il ajouté.
Bien que les rumeurs le disent sur le départ pour 2027, à destination de Yamaha ou avec un retour dans le team VR46, l’Italien reste concentré sur son objectif : « On discute avec Honda pour renouveler parce que je crois en ce projet, mais la réalité c’est que tout le monde parle avec tout le monde. L’unique chose que je peux faire c’est entrer en piste et essayer de gagner chaque week-end, indépendamment de mon contrat Maintenant je suis concentré sur le présent et je veux parvenir à gagner avec Honda le plus rapidement possible. »
























