Le ton est donné, et il claque comme une provocation. Fermin Aldeguer n’est pas seulement de retour : il revient avec une déclaration qui résume parfaitement son état d’esprit. « Sur un vélo, je me sens mieux qu’à pied ! C’est étrange, mais c’est comme ça. » Après une fracture du fémur survenue début janvier, le pilote Gresini débarque au Brésil diminué, lucide… mais loin d’être résigné.
Aldeguer ne cache rien de sa condition. Il avance sans détour : « je suis peut-être à 70 % de ma forme physique, plus ou moins. » Un chiffre qui, en MotoGP, ressemble presque à un aveu de faiblesse. Et pourtant, il choisit d’être là. Pourquoi ? Parce que ce retour était un objectif fixé très tôt dans sa rééducation : « mon objectif était d’arriver ici au Brésil. »
La Thaïlande était trop juste. Le Brésil devient donc le point de bascule. Le moment où l’envie reprend le dessus sur la prudence.
Le constat est brutal : Aldeguer n’a quasiment pas roulé. « J’ai essayé la moto la semaine dernière, deux fois. »
Pas de tests hivernaux. Pas de première course. Une préparation tronquée, dans un championnat où chaque détail compte.
Mais il insiste sur un point essentiel : « nous avons travaillé sur la mobilité et la force… nous arrivons dans une bonne situation. » Comprendre : il n’est pas prêt à 100 %, mais suffisamment pour se battre.
Great to see @Aldeguer54 in good spirits and feeling positive on his return to fitness 💪#BrazilianGP 🇧🇷 pic.twitter.com/JIw5c7iIds
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) March 19, 2026
Fermin Aldeguer : une préparation minimale… mais une détermination maximale
Curieusement, son manque de préparation pourrait… devenir un avantage. Pourquoi ? Parce que tout le monde est logé à la même enseigne à Goiânia. « Tous les pilotes partent sans données et personne ne connaît le circuit. »
Dans un MotoGP ultra-technique, où les données dictent souvent la hiérarchie, cette inconnue redistribue les cartes. Et Aldeguer y voit clairement une ouverture : « je pense que c’est une bonne opportunité pour un retour en force. »
Le circuit, rapide et court, correspond à son style. Et dans ce contexte, l’instinct peut compenser une partie du déficit physique.
Officiellement, l’objectif est modeste : un top 10. Mais dans le paddock, personne n’est dupe. Un pilote qui parle comme lui, avec cette lucidité et cette confiance, ne vient pas juste “reprendre le rythme”. Il vient tester ses limites. Et envoyer un signal.
Fermin Aldeguer arrive au Brésil diminué, sans repères, avec une préparation incomplète. Et pourtant… C’est peut-être l’un des pilotes les plus dangereux du week-end.
Parce qu’il n’a rien à perdre. Parce qu’il pilote à l’instinct. Et parce que parfois, en MotoGP, ce sont précisément ces conditions imparfaites qui révèlent les performances les plus marquantes.



























