Le MotoGP 2027 n’a pas encore commencé… mais son mercato est déjà en train de tout bouleverser. Et pour une fois, même la direction du championnat semble prise de court. Car derrière les rumeurs insistantes, les accords officieux et les jeux d’influence, une réalité dérangeante s’impose : les équipes avancent… sans attendre Dorna. Et sans toujours prévenir. Carlos Ezpeleta s’en émeut.
Sur le papier, la saison 2026 devait être le théâtre d’un immense jeu de chaises musicales. La majorité des pilotes arrivant en fin de contrat, tous les scénarios semblaient ouverts. Dans les faits, plusieurs mouvements majeurs seraient déjà verrouillés.
Pedro Acosta est annoncé chez Ducati. Fabio Quartararo se rapprocherait de Honda. Jorge Martin prendrait la direction de Yamaha. Francesco Bagnaia rejoindrait Aprilia aux côtés de Marco Bezzecchi. Même Marc Marquez aurait déjà sécurisé son avenir. Problème : rien n’est officiel.
Face à cette situation, Carlos Ezpeleta ne cache pas son étonnement. « Je n’ai connaissance d’aucune équipe ou usine qui ait un pilote sous contrat et qui ne le communique pas. »
Une déclaration qui en dit long. Car en creux, elle révèle une perte de visibilité sur un marché qui, traditionnellement, restait sous contrôle.

Carlos Ezpeleta surpris… et inquiet : « il semble inhabituel d’avoir un contrat signé et de ne pas le rendre public »
Lorsqu’on lui évoque les accords déjà en circulation, il insiste sur AS :
« Certains accords écrits ont déjà été modifiés. Cela dit, il semble inhabituel d’avoir un contrat signé et de ne pas le rendre public. »
Le mot est lâché : inhabituel. Cette situation s’explique en grande partie par le contexte politique actuel du MotoGP.
Les équipes et les constructeurs attendent la finalisation du nouvel Accord Concorde — désormais piloté par MotoGP Sports Entertainment — avant d’officialiser leurs décisions.
Un blocage stratégique. Les contrats existent. Mais ils restent dans l’ombre.
Ezpeleta confirme l’urgence :
« Nous devons signer l’accord avec les usines et les équipes, et je pense que nous sommes sur le point d’y parvenir. Il ne nous reste plus beaucoup de temps pour le finaliser. C’est prometteur. »
Malgré cette attente officielle, le marché ne s’est jamais arrêté. Fermin Aldeguer devrait quitter Gresini pour rejoindre VR46. Le cas de Maverick Vinales reste en suspens chez KTM.
Les lignes bougent, parfois dans le silence. Et chaque mouvement alimente un peu plus l’incertitude.
Si tout s’accélère, ce n’est pas un hasard. Le MotoGP entre dans une nouvelle phase de croissance, portée par des perspectives économiques et médiatiques inédites. Les constructeurs veulent sécuriser leurs positions, les pilotes leurs guidons.
Carlos Ezpeleta le reconnaît lui-même :
« Il est clair qu’à l’heure actuelle, tout le monde mise sur une croissance spectaculaire pour le MotoGP. Tout le monde veut en faire partie. » Un climat d’anticipation… qui pousse chacun à agir vite. Parfois trop vite.
Ce mercato 2027 révèle une évolution profonde. Les équipes ne se contentent plus de suivre le calendrier officiel. Elles prennent de l’avance, négocient en coulisses, verrouillent leurs choix. Et Dorna, pour la première fois depuis longtemps, semble courir derrière. Le MotoGP change.
C’est une partie de poker menteur à l’échelle mondiale. Les usines jouent la montre pour faire plier Dorna sur les règlements 2027. Pour les fans, c’est une situation frustrante : on sait que Quartararo va chez Honda et qu’Acosta va chez Ducati, mais on doit faire semblant d’y croire pour la saison 2026. Ezpeleta a raison de s’inquiéter : si le promoteur ne contrôle plus le timing des annonces, c’est qu’il a perdu une partie de son autorité sur les constructeurs.








