Qualifié deuxième en Superpole, Valentin Debise a ensuite remporté les deux victoires en course, au guidon de la ZXMOTO 820 RR lors de la deuxième manche du Championnat du monde Supersport, à Portimão, au Portugal.
Encore plus que d’habitude, nous étions donc impatients de recueillir les propos du fer de lance du constructeur ZXMOTO, comme toujours très intéressants, que ce soit pour le grand public ou les férus de technique.
Alors oui, c’est long, mais, à l’image des vidéos qu’il diffuse régulièrement, toujours très instructif…
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🎤 Bon, donc là, tu es en train de nous dire que ce qu’on a vu au Portugal, où c’était assez impressionnant dans la ligne droite, on ne le verra pas forcément aux autres courses, et que d’ailleurs tu ne seras pas forcément devant aux autres courses ?
Valentin Debise : “Non, de toute façon je pense que notre moto, elle n’accélère pas beaucoup. Mais par contre, elle est bien en fin de ligne droite. A Portimao, il y a un dernier virage qui est vraiment compliqué, et moi je sais que j’ai passé beaucoup de temps à le travailler, parce que j’ai eu la chance d’avoir les datas de Öncü qui, dans ce virage-là, est un des meilleurs pilotes, pour pas dire le meilleur. Et du coup, je me suis vachement inspiré de ce qu’il faisait, et moi-même, en pilotage, j’ai pas mal gagné. Entre ce que j’ai vu en pilotage, plus le braquet, et fait que la moto soit bien fait une ligne droite, j’arrivais à m’en sortir à peu près après. Par contre, ce que ce qu’on peut analyser aussi, c’est que dans la deuxième course, j’ai pas réussi à m’échapper parce qu’il y avait du vent de face. Donc ça veut dire qu‘on est on est limite en puissance, parce que par exemple, la Ducati de Masia ou les Triumph ou les MV, en étant vite dans les virages et en ayant le vent de face, les mecs ils sont toujours capables de s’échapper, parce qu’ils ont tellement de puissance qu’il y a pas de souci. Donc ça veut dire que c’est aussi un point sur lequel on peut s’appuyer pour dire que notre moto manque de potentiel en moteur et qu’on est trop bridé. Après, c’est sûr que quand une moto gagne, c’est facile de dire que la moto elle marche trop. Mais bon voilà, de façon réaliste, notre moto manque de puissance.”
🎤 Tu nous intrigues un peu, parce que le dernier virage, à Portimao, c’est une longue parabole avant la ligne droite. Pour les béotiens comme nous, bah on se penche, on attend et voilà : il n’y a rien à faire, façon de parler. Qu’est-ce qu’on peut faire de particulier?
« Je ne vais pas te dévoiler le secret maintenant (rire), mais c’est un virage très technique où il y a une manière précise de rentrer dedans, et après tu rentres, tu montes et ça descend, et dans cette partie où tu descends où la moto se déleste. Et lui, du coup, il adaptait sa vitesse d’approche un peu différemment par rapport à ce que moi je faisais, ce qui lui permettait d’utiliser les gaz d’une façon vraiment différente à la fin. Et du coup, sur l’ensemble du virage plus la ligne droite, ça fait qu’au début il me mettait quasiment 2/10ème rien que dans ce passage là. Donc j’ai réussi à matcher à peu près ce qu’il faisait, et du coup c’est deux deuxièmes de gagnés sans rien faire.”
🎤 Avant de parler du futur à Assen, parle-nous de ton week-end. C’est la première fois où tu fais un week-end comme ça, en gagnant les deux courses. Donc comment tu l’as vécu , comment le team réagi, et est-ce que tu as des nouveaux amis (rire) ?
“Des nouveaux amis, oui,
on en a toujours quand on
est devant (rire). Après, ce n’est pas
très important. Mais non, écoute, moi, j’ai fait ma
vie, et il n’y a pas forcément quelque chose
qui a changé par rapport à d’habitude.
Après, mon objectif des deux
courses, c’était vraiment de les finir. Du
coup, je n’ai pas non plus essayé de
faire n’importe quoi. En analysant la deuxième
course,
je pense que parce que je n’ai pas été panneauté sur
le fait que j’avais un écart sur
le troisième, j’aurais pu prendre plus
de risques parce que j’en avais un
peu sous la main. Après, je n’avais pas non
plus deux ou troisième dixièmes sous le coude.
J’aurais pu optimiser un dixième,
un dixième et demi, par
tour, et ça aurait évité que les autres reviennent à
la
fin. Mais par contre, d’avoir roulé comme ça, d’avoir sauvegardé mon pneu côté droit, j’ai pu quand même remettre un
coup de collier dans les tours
et j’ai réussi à mettre quasiment une seconde au
deuxième dans le dernier tour et demi. Donc voilà,
on peut encore travailler peut-être la
gestion des courses.
Après, le week-end,
non, week-end tranquille,
rien d’exceptionnel : on
a fait notre travail comme on
fait d’habitude, alors que cette fois,
on avait un avantage.
Après, c’est vrai que Evan Bros, ils ont toujours un avantage sur ce circuit, de
la manière dont ils règlent la
moto, donc c’est quelque chose aussi à
analyser de notre côté.
Après, c’est sûr que des week-ends comme ça, c’est très
cool, et ça serait cool d’en refaire.
Après, faut pas rêver non plus, il y
aura des week-ends qui vont moins bien
se
passer que d’autres, et c’est normal. Donc il faut juste continuer
à travailler comme ça, dans la
bonne humeur comme on fait depuis le
début, mais avec sérieux, et
les résultats arriveront quand ils devront arriver.”
🎤 Parlons maintenant de ta ZXMOTO 820 RR et de la Chine : est-ce qu’il y a des Chinois dans le box ?
« Alors, je
ne sais pas à
quelle fréquence ils vont venir, mais à
Phillip Island, il y avait le patron et son bras
droit. À Portimao, il y avait seulement son
bras droit. En plus, à chaque course, il y a
un Espagnol qui gère la partie compétition vitesse de
la marque. Donc pour l’instant, vu que
ZXMOTO s’est engagé seulement avec nous,
il est là avec nous à 100 % du temps. Donc lui,
il s’occupe de la communication entre la Chine et le
team.
Une
anecdote qui était cool, par rapport aux
Chinois, c’est que le
patron avait acheté les
droits télévisés de la manche de Portimao pour
la passer en direct sur
un écran géant. Il avait loué une île en fait
pour
faire un évènement de sa société. Donc je
crois
qu’il avait invité 500 ou 600 collaborateurs de l’usine à venir sur
place pour regarder la course. Et du
coup, c’est bien
tombé que j’ai gagné la course, au
moment où eux, ils étaient en train
de faire leur petite fête (rire)
! En plus, vu qu’ils avaient acheté les droites
télés, ils ont pu passer la course en
direct sur le TikTok chinois, je
ne pourrais pas te dire le nom que ça a. Ils m’avaient dit “ouais,
on sera
content s’il y a 1000 personnes, ce sera
bien. Au final, au premier tour, il
y avait plus de 5000 personnes connectées.
Et vu qu’on a gagné la première course, il
y a eu un million
de personnes connectées qui regardaient la deuxième course en direct.”
🎤 Ah oui ! Tu peux aller en vacances en Chine maintenant, tu es connu là-bas…
« Ils étaient assez contents. Après la première course, je ne sais pas après la deuxième, mais après la première course, ils ont vendu tellement de motos sur le site, que celui-ci est tombé en panne. Quand le site est tombé en panne, le patron m’a contacté sur le téléphone, par vidéocall, et il était comme un fou, il pleurait de joie et tout. Donc c’était assez sympa de voir son enthousiasme, ce sont des bons moments.”
🎤 Mais je crois que ce n’est pas tout…
A suivre…

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