La Sunday Ride Classic fait son grand retour en 2026, avec une édition exceptionnelle à venir les 16 et 17 mai 2026 au Paul Ricard. C’est la grande célébration de l’histoire motocycliste en France, et, chaque année, la SRC fait honneur à l’héritage laissé par les champions. Cette année, un événement immanquable attend les spectateurs : deux König seront présentes, une première pour une marque aussi incroyable que rare de nos jours.
König, entre la mer et la piste
Pour une fois, cette histoire ne commence pas dans le garage d’un passionné de moto, mais bien dans un atelier spécialisé dans le motonautisme. Vous savez, ce sport mécanique qui propose plusieurs disciplines, dont la vitesse inshore et offshore, dans des bateaux extrêmes. König était un fabricant de moteurs pour ce genre d’engins. Au début des années 1970, Dieter König tente l’expérience deux roues, et le moteur 500cc utilisé dans les hydroplanes est adapté pour des motos, soit un quatre cylindres à plat deux temps refroidi par eau.

Photo : SRC
L’histoire de König en Grands Prix repose notamment sur l’engagement de deux hommes. John Dodds, d’abord, un pilote australien assez bon dans les années 1960 et d’ailleurs vainqueur du Grand Prix d’Allemagne 125cc 1970, qui, en 1971, s’essaye à la König. Mais le principal architecte du projet est un Néo-zélandais du nom de Kim Newcombe, un ancien crossman. Si John Dodds, en 1971, n’avait pas connu beaucoup de succès au guidon de la 500, Newcombe, seul en 1972 après le départ de Dodds, s’illustre en tant que pilote officiel et développeur. Il fait tout, et décroche des résultats tout à fait honorables : troisièmes places en Allemagne de l’Ouest et de l’Est, et une dixième place au championnat.
Suite au départ de Honda fin 1967, ces années étaient tout à fait écrasées par l’hégémonie MV Agusta, firme fièrement représentée par Giacomo Agostini. Il était extrêmement difficile de s’y imposer en présence de la force italienne. Puis vint ce tristement célèbre début de saison 1973. Jarno Saarinen, génie du pilotage qui fait ses débuts en 500cc sur Yamaha après avoir triomphé du gratin en 250cc, se tue tragiquement à Monza, à l’occasion du Grand Prix des Nations. Renzo Pasolini, excellent pilote, disparaît avec lui.
Le paddock est chamboulé. Suite à ce drame, Yamaha et Harley-Davidson se retirent, alors que MV Agusta se réserve le droit de ne pas courir sur certains circuits. Justement, après Monza, vint le Tourist Trophy – boycotté par beaucoup dont les officiels MV Agusta –, puis la Yougoslavie, sur le circuit d’Opatija. Là encore, le tracé est réputé très dangereux, et un drame peut arriver à tout moment. En Yougoslavie, dans le cadre du Prix de Loka (hors-championnat) disputé le mois précédent, un autre accident avait coûté la vie du pilote Emanuele Maugliani et celle de cinq spectateurs, ce qui en fait le plus grave de l’histoire motocycliste.
C’est dans ce contexte qu’arrive le Continental Circus en Yougoslavie. MV Agusta autorise ses pilotes Giacomo Agostini et Phil Read à s’engager, mais uniquement sous leur propre responsabilité. Mais aux essais, en 350cc, Read percute une pierre, raison suffisante pour plier bagage. La porte est ouverte aux outsiders, et ce jour là, c’est Kim Newcombe qui en profite en catégorie reine.
König remporte donc ce Grand Prix, et une deuxième place à Assen suivie d’une troisième position en Suède permettent à Newcombe d’achever la saison vice-champion du monde, derrière Phil Read, certes, mais devant Agostini !

De gauche à droite, Findlay, Newcombe, Read et Agostini. Du beau monde !
Le destin n’est pas forcément clément avec les audacieux. En août, Newcombe participe à une course hors-championnat à Silverstone. Il remarque une sorte d’aspérité sur la piste, juste avant le virage de Stowe. À l’époque, un simple mur de bois est censé retenir ceux qui pourraient se faire piéger à cet endroit. Newcombe alerte alors l’officiel Vernon Cooper, en lui demandant d’y ajouter des bottes de paille au vu de la dangerosité du lieu. Cooper s’agace, et le menace de l’exclure si jamais il se plaint encore inutilement.
Le lendemain, Newcombe mène la course, mais chute exactement à cet endroit, percutant ainsi le mur de bois. Le « Kiwi » est gravement touché. Kim est inconscient, transféré à l’hôpital le plus proche. Malheureusement, aucun médecin ne put le réveiller, et il fut déclaré mort le 14 août 1973, trois jours après la chute. Que c’est cruel.
Si les König continuèrent à rouler, (le moteur 500cc connut d’ailleurs le succès en side-car grâce au duo Steinhausen/Huber en 1975 puis 1976), Newcombe reste le pilote emblématique de la firme, qui ne compte, par le fait, qu’une seule et unique victoire en 500cc, comme Linto ou Sanvenero. La Sunday Ride Classic 2026 sera l’occasion de découvrir plus en détail cette formidable histoire.
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Kim Newcombe.
Photo de couverture : SRC







