En MotoGP, le calendrier rythme notre année. C’est à travers lui que nous vivons, saison après saison. De beaux coins, il y en a partout sur le globe ; mais seuls certains circuits, véritables gardiens de l’histoire, nous font vibrer. Aujourd’hui et demain, je vous propose un petit tour d’horizon de mon calendrier idéal en MotoGP ; c’est un exercice amusant, que je vous invite à faire également, mais pas aussi simple qu’il en a l’air. Vous êtes prêts ? C’est parti !
En trois temps
Quand l’on compare le calendrier MotoGP à celui d’autres sports, il est plutôt bien fait. Il faut savoir tirer notre chapeau à la FIM et la Dorna ; il est tout à fait logique, se divisant en trois parties distinctes. D’abord, une tournée outre-mer avec de Grands Prix disputés en soirée (dont le passage en Amérique), suivie de l’escapade européenne avec tout ce que cela comporte, puis, pour finir, une grosse tournée asiatique certes chargée, dense, mais légitime.
Admettons que le temps d’une journée, nous soyons tous à la tête des plus hautes instances motocyclistes, dans les bureaux de Liberty Media. Que feriez-vous ? Dans quels pays vous arrêteriez-vous ? Sur quels circuits ? C’est l’heure de se prêter au jeu. Comme d’habitude, j’essaierai d’argumenter pour chacun de mes choix.
Début classique
Mon calendrier, au total, compte 20 courses, soit deux de moins que celui originellement prévu pour 2026 – en attendant de voir la situation au Qatar.

Si le conflit s’éternise, on pourrait bien assister à la disparition du Qatar au calendrier. Photo : Michelin Motorsport
Je choisirais de commencer par le Qatar, car finalement, j’appréciais plutôt bien ce côté exotique pour débuter la saison. Je le préférais à la Thaïlande en tant que manche d’ouverture, mais ce n’est là qu’un avis. Même s’il est proche d’une importante zone de conflit, je le conserverais notamment parce que les courses y sont toujours assez disputées dans les trois catégories. Avant de continuer, j’aimerais revenir sur le cas de Portimao.
Portimao, parlons-en, car c’est là mon premier gros choix. En effet, je supprimerais ce circuit du calendrier. Je comprends son attrait, car il est atypique avec du dénivelé. Mais depuis son introduction en MotoGP lors de la saison 2020, je peux compter sur les doigts d’une main les moments qui m’ont fait lever de mon siège. Seul le Grand Prix du Portugal Moto3 2021 était réellement incroyable.
À la place, dans un souci d’efficience, je partirais du Qatar pour rejoindre… l’Afrique du Sud, et Phakisa. Ce circuit aurait besoin d’un coup de jeune, mais il s’est déjà disputé de Grands Prix là-bas. L’Afrique est le seul continent sans MotoGP, alors, pourquoi ne pas en ajouter pour avoir un sport mondial. Il s’agit d’une terre où la moto est appréciée ; de grands champions, dont Brad Binder, y sont nés.
Puis, j’aimerais retourner au Brésil, soit à Interlagos – on peut rêver, soit à Goiânia. Certes, les infrastructures n’étaient pas prêtes, mais je crois qu’il y a du potentiel. Je ne suis pas fermé à l’idée d’avoir un Grand Prix en Argentine en plus, mais plutôt à Buenos Aires comme ça sera bientôt le cas, plutôt qu’à Termas de Rio Hondo. À vrai dire, je n’ai jamais trop apprécié ce tracé.
Pour conclure cette première tournée outre-mer, je choisirais, si je le pouvais, Laguna Seca comme seul Grand Prix des USA. Il s’agit de l’une des plus belles pistes du monde, dans un cadre somptueux. Austin ne m’a jamais convaincu, peut-être en raison de la domination outrancière de Marc Marquez.
Retour en Europe
Ce début de saison serait donc un peu plus long, avant de réellement s’attaquer au gros morceau qu’est le Vieux Continent. Ici, je choisirais Jerez pour le retour, car c’est la Tradition. Puis, le mythique enchaînement, celui qui a fait ses preuves. Le Mans, Catalunya, Mugello et Assen. Ici, que des classiques, que des pistes qui nous donnent des frissons année après année. Le Balaton Park ne m’avait pas dérangé outre mesure, mais je le mettrais après la série de circuits légendaires.
Le Sachsenring suivrait, même si j’ai cru comprendre qu’il n’avait pas la faveur de tous les fans de MotoGP. D’accord, le spectacle y était également assez pauvre quand Marc Marquez écrasait tout. Mais en 2023, nous avons eu là une joute légendaire entre Bagnaia et Martin. Et puis, j’aime son côté atypique, « à l’ancienne », sans compter que les spectateurs passionnés s’y ruent.
Même si je ne suis pas un grand fan de Silverstone, il faut rendre à César ce qui lui appartient. Les courses y sont belles, et l’histoire légitime largement sa place. Donington Park a traversé mon esprit – ou même, Brands Hatch, mais je pense que l’ancien aérodrome est plus adapté pour les MotoGP modernes.
Dans ma volonté de réduire le calendrier à 20 courses, il me fallut réaliser un choix cornélien. Et il me fallut abandonner Aragon, en plus de Portimao pour tomber à 20. En effet, j’aimerais toujours voir Valence clôturer la saison. Ceci signifie donc que nous aurions trois Grands Prix en Espagne, ce qui, d’après moi, est largement suffisant. De surcroît, je n’ai jamais trouvé Aragon si intéressant, autant du point de vue du paysage que du spectacle proposé. Hormis en 2021 et 2022, il m’a beaucoup laissé sur ma fin. D’ailleurs, il était absent en 2023 et cela n’avait pas l’air de déranger grand monde.
Après Silverstone, donc, je préférerais retourner au Red Bull Ring, puis à Brno, en République Tchèque, tracé possédant un charme à l’ancienne inégalé en Europe – selon moi. Impossible pour moi de négliger Misano. Je trouve que c’est un rendez-vous incontournable, tout comme l’appellation « Grand Prix de Saint-Marin ». Belles batailles, la mer adriatique, le top.

Je suis partagé sur Silverstone. D’un côté, les courses sont souvent belles, mais je trouve que le circuit n’incarne plus le mythe qu’il était. Photo : Michelin Motorsport
La tournée outre-mer, ou la clé d’un calendrier réussi
Ensuite, nous prendrions le départ pour l’Asie. J’aime particulièrement ce continent, car c’est là que se trouve le futur du MotoGP d’après la croissance exponentielle des marchés. Et puis, la foule y est toujours nombreuse : les fans, passionnés. Pour le coup, je me fie au calendrier officiel pour établir une tournée cohérente sur le plan logistique. Je ne serais pas contre un retour à Buddh en Inde, même si cette destination ne plaît pas à tout le monde. J’avais eu l’occasion de m’exprimer sur le sujet, mais le passage par ce pays me paraît tout à fait essentiel.
Vient ensuite l’Indonésie, avec Mandalika, qui a mérité sa place. En 2022, sous la pluie, Miguel Oliveira avait fait parler la poudre. Généralement, hormis en 2025 avec cette écrasante victoire de Fermin Aldeguer, il offre toujours du beau spectacle.
Décollons en direction du Japon. Et là, je militerais pour un retour de Suzuka. À vrai dire, je n’ai jamais trop compris pourquoi le MotoGP ne se rendait plus là-bas suite à la mort de Daijiro Kato en 2003. Aussi triste qu’elle fût, cet évènement était grandiose, et la même logique n’a pas été appliquée sur tous les autres circuits où de graves accidents survinrent. Et encore heureux, au vu du passé du championnat. Motegi est bien, assez atypique lui aussi. Mais, selon moi, Suzuka est l’un des plus beaux tracés du monde, emprunté par les motos pour les 8 Heures – donc pas totalement incompatible, et même, par la Formule 1. Franchement, ça serait superbe.
S’impose ensuite un passage par l’Australie, et, si je désirais revoir Phillip Island au calendrier, tout porte à croire qu’Adélaïde est le choix à faire. À vrai dire, je suis curieux de voir ce que cela donnera, donc allons-y gaiement.
La Thaïlande suivrait. Le tracé est simplissime, et pourtant, les courses y sont dantesques, donc plus impactantes à la fin du calendrier qu’au début. Buriram est d’ores et déjà un classique du championnat, alors, pourquoi s’en priver. Sous ces latitudes très motorisées, les passionnés sont très nombreux. Impossible d’y échapper, et c’est là une belle étape.
Je finirais cette tournée avec la Malaisie, comme c’est le cas aujourd’hui. D’accord ; Sepang peine à produire du grand spectacle. Certaines courses sont ennuyeuses au possible. Mais la première création d’Hermann Tilke reste, peut-être, sa meilleure. Sepang est un incontournable à la riche histoire, qui ne peut être ignorée. Je le conserverais même s’il est vrai que le suspense en piste, à ce stade avancé de la saison, est rarement de mise.
J’ai suivi cette logique, car j’imagine que les instances choisissent l’enchaînement le moins contraignant pour tout le monde. Cependant, si cet aspect était ôté de l’équation, j’aimerais placer le Grand Prix de Malaisie au tout début de la tournée outre-mer, pour que davantage de titres se décident à l’issue de belles batailles en Thaïlande ou en Australie.
Le traditionnel retour
Pour finir, Valence. Comme une habitude, désormais. Le Ricardo Tormo est à la fois un incontournable, un mythe, et un circuit très atypique. Un véritable « stadium » réservé à nos gladiateurs, qui promet de nombreux rebondissements. J’espère que la finale se déroulera ici longtemps encore, et que l’on ne cédera pas à la facilité en attribuant les droits de ce coûteux évènement au Moyen-Orient ou à l’Australie comme c’est dans les tuyaux.
C’est tout pour mon calendrier idéal ! Bien sûr, j’attends le vôtre en commentaires !

S’il vous plaît, ne changez pas Valence de place… Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport







