La première tournée outre-mer est derrière nous. Mine de rien, trois Grands Prix représentent un échantillon assez significatif pour se faire un avis sur un pilote. C’est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit, mais assez pour voir la naissance d’une dynamique. Et, justement, deux éléments du plateau me font extrêmement peur en ce moment ; aujourd’hui, je vais me concentrer sur l’un d’entre eux, à savoir, Franco Morbidelli.
Bilan catastrophique
J’ai toujours été assez clément avec « Franky ». Non pas que je l’apprécie plus qu’un autre, mais j’ai déjà trouvé le public assez dur avec lui. Lors de ses années décevantes – notamment 2024 –, il avait de sérieuses circonstances atténuantes. Mais là, honnêtement, ça devient trop dur de le défendre. Son bilan est juste terrible à l’heure où ces lignes sont écrites.

C’était très très chaud à Austin, et en pleine période des transferts, chaque résultat compte et peut changer la lecture d’une équipe. Photo : Michelin Motorsport
Si l’on excepte le cas Aldeguer, Morbidelli est le pilote Ducati le moins bien classé au général, en 13e place. Et Fermin, absent de la première manche et toujours convalescent d’après ses propres dires, n’est qu’à un point derrière. Le meilleur résultat de l’Italien, pour l’instant, est une huitième position acquise en Thaïlande, le dimanche. Il a fini 12e au Brésil pour « son » Grand Prix, puis 14e à Austin, largué par les meilleurs. Comme si ça ne suffisait pas, il n’est jamais rentré dans les points en Sprint.
Mais ce n’est pas le pire, tenez-vous bien. Ce qui choque, ce sont ses performances en qualifications. Bon, il était neuvième sur la grille à Buriram, ce qui n’est pas si mal après tout, mais 15e à Goiânia, et surtout, avant-dernier à Austin, à deux secondes pleines du poleman Fabio Di Giannantonio, accessoirement son coéquipier. Deux secondes sur un tour, c’est à peine croyable, même les rookies Toprak et Moreira n’ont pas été aussi distancés.
Si l’on s’éloigne de l’aspect statistique, Morbidelli est absent en course, ne fait aucune différence. Il n’a pas encore commis d’énormes bourdes comme l’année dernière, mais n’en est pas plus visible pour autant.
Une moto inférieure ?
Concernant son matériel, il est bien difficile de savoir ce que roule Morbidelli. Après tout, « Diggia », lui, possède la Ducati d’usine, une comparaison entre les deux serait fallacieuse. Mais c’est plus compliqué que ça. Le listing officiel lui attribue une Desmosedici GP25, mais son chef mécano’ Matteo Flamigni avait dit, en 2025, que « Franco conservera la moto de l’année dernière », soit la GP24. Interrogé à ce sujet, « Franky » lui-même avait brouillé les pistes en affirmant qu’il n’appellerait pas sa nouvelle monture une « GP25 », mais qu’elle était un concentré de ce qui se faisait de mieux en termes de machines satellites chez Ducati. Ceci confirme accessoirement que la firme de Borgo Panigale, limitée dans le développement par les concessions, a conçu, entre 2024 et 2026, trois motos très similaires (et apparemment dotées du même moteur).

Les liens amicaux ne suffisent plus à légitimer sa place de pilote MotoGP. Photo : Michelin Motorsport
Par le fait, on ne peut pas dire si sa moto est bonne ou un peu moins bonne que les autres italiennes. Mais deux éléments me font affirmer qu’il serait facile d’excuser ses piètres performances par son matériel. Premièrement, Fermin Aldeguer est censé avoir plus ou moins la même moto, j’imagine, et il le talonne déjà après trois Grands Prix alors qu’il est grandement diminué. L’Espagnol a été bien meilleur d’entrée. Deuxièmement, et c’est là le plus flagrant : la Ducati, même en version « GP25 tardive » (qui a tant posé de problèmes à Bagnaia et qui commençait à gêner Marquez), reste une moto à mon humble avis supérieure à la Yamaha ou la Honda, deux marques dont les pilotes ont fait mieux que Morbidelli au Brésil comme à Austin !
Un pilote condamné ?
Il est peut-être trop tôt pour affirmer que Morbidelli va rater sa saison, mais les équipes, surtout cette année, s’empressent de signer des pilotes. Tout va s’officialiser en chaîne, peut-être lors du retour en Europe ; le marché des transferts n’attendra pas la deuxième moitié de cet exercice. À l’heure actuelle, je n’imagine pas Franco Morbidelli retrouver un guidon en MotoGP. D’abord, il fait partie des pilotes actuels les plus menacés, sans même évoquer les fusées qui arrivent du Moto2, David Alonso et Daniel Holgado.
Si, fin 2024, l’équipe de son mentor Valentino Rossi n’avait pas voulu de lui, je pense qu’il aurait dû quitter la catégorie. Mais Ducati VR46 reste une marque, une entreprise, et ils ne peuvent pas sacrifier éternellement un de leurs guidons pour une raison aussi légère. Au final, l’écurie italienne lui a donné deux saisons au plus haut niveau, mais il n’en fait rien, c’est la triste vérité. Le pire, c’est qu’il a rendu sa situation encore plus critique en 2025 à cause de nombreuses erreurs de jugement aussi rocambolesques les unes que les autres. Je doute fortement que Rossi et Uccio, aussi proches soient-ils de Morbidelli, aient apprécié.
Pensez-vous qu’il y ait un avenir pour ce pilote en MotoGP ? Dites-le-moi en commentaires !
Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

Que pourrait-il faire pour sauver sa place ? Imaginez qu’il gagne à Jerez, je ne suis même pas sûr qu’il pourrait poursuivre. Photo : Michelin Motorsport
Photo de couverture : Michelin Motorsport







