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De nombreuses lignes ont déjà été écrites sur l’impact de Valentino Rossi sur le MotoGP, mais quand les propos viennent de la bouche même de Carmelo Ezpeleta, le créateur de Dorna Sports, l’oreille se fait bien plus attentive, d’autant que l’homme partage également son souvenir du « fameux évènement » de 2015 ayant opposé l’Italien à Marc Marquez… 

Cela se passe dans une vidéo nommée « Curva 15 », le virage 15, diffusé sur Youtube par le Circuit Ricardo Tormo, parmi de nombreux autres sujets abordés. MotoGP Rossi Ezpeleta

Victor Lluch : Pour en revenir à cette crainte d’une possible retraite de Marc, même si on n’en sait rien pour l’instant, le championnat a déjà connu la retraite d’une autre icône, Valentino Rossi. C’était un moment compliqué à gérer pour le futur, et finalement…
Carmelo Ezpeleta: « Ça ne sert à rien de se prendre la tête avec les choses qu’on ne peut pas changer. Valentino devait prendre sa retraite, il a duré très longtemps et il me manque encore. Nous nous sommes vus ce week-end, j’ai une excellente relation avec lui. Il s’est passé la même chose avec Doohan, et avec beaucoup d’autres. Ce qu’il ne faut pas faire, c’est essayer de créer des choses artificielles. Le motocyclisme est ce qu’il est, les personnalités sont ce qu’elles sont, et il faut travailler de manière professionnelle avec ce que nous avons, et nous avons déjà beaucoup. »

Mais on a quand même senti un coup de mou, surtout en Italie, un pays où tout était conçu pour voir Valentino Rossi.
« Oui, mais nous avons travaillé sur ce point. L’Italie est aussi un pays qui génère énormément de pilotes, notamment le nord, la région de Rimini, etc. En Italie, en ski, celui qui gagnait a disparu et le ski a décliné. En MotoGP, celui qui gagnait, Valentino, a disparu. Nos audiences sont plus basses qu’à l’époque de Valentino, mais elles restent très élevées et elles remontent petit à petit au fil des ans. Chaque année, nous progressons. Il y a eu aussi un facteur important : immédiatement après la retraite de Valentino, la pandémie est arrivée et elle a complètement bouleversé l’histoire. Ces courses à huis clos, sur les mêmes circuits deux semaines d’affilée… C’était un mondial complètement différent et il a fallu tout relancer. »

Exactement. Il a eu de beaux adieux ici à Valence, avec un circuit plein, et cette fresque sur la ligne droite d’arrivée. Même s’il ne se battait plus pour de grands résultats, je pense que Valentino garde un bon souvenir de ses adieux à Valence. C’est un circuit qu’il n’a jamais beaucoup aimé, mais au final, il garde un goût positif de ce qu’il s’est passé ici lors de sa dernière course.
« Il l’a à coup sûr, c’est certain. »

Un peu plus tard…

Nous avons parlé de Márquez et de Valentino Rossi, une très grande rivalité. Il y a un an, on célébrait le dixième anniversaire du fameux épisode de 2015, dont vous avez parlé. Comment avez-vous vécu cela ?
« Mal. Mal. Certains me disent que c’était excellent, que cela a eu un impact médiatique phénoménal, etc. C’est peut-être vrai car il n’y avait jamais eu autant de médias internationaux présents ce jour-là, mais j’aurais préféré que cela n’arrive pas. J’aurais préféré que cela n’arrive pas. Et je sais comment les choses se sont passées car c’était précisément ici, à Valence. À un moment donné, j’ai eu peur qu’il y ait un problème de sécurité entre les supporters des uns et des autres.
Car ils étaient trois : il y avait Lorenzo qui ne s’était mêlé de rien mais qui pouvait être champion du monde, et il l’a été, Valentino qui était l’outsider, et Márquez qui n’avait rien à voir là-dedans mais qui s’est retrouvé mêlé à cette histoire. J’ai parlé aux trois et je leur ai dit : « Écoutez, pour votre propre sécurité, il vaut mieux qu’on tourne la page jusqu’à lundi. Ne faites pas de déclarations. » Je le leur ai demandé, ils m’ont écouté et ne l’ont pas fait. Mais dès que tout s’est terminé, ils ont recommencé.
Je me souviens aussi leur avoir dit : « Pour donner une bonne image, on pourrait faire une photo de vous trois ». Ils ont dit : « Non, non ». Et elle ne s’est pas faite. »

Bien sûr, les rivalités dans le sport. C’est vrai que ce moment a marqué un pic d’audience très important pour le MotoGP à cause de la polémique, car la polémique fait vendre. On a beaucoup parlé du MotoGP à la télévision cette semaine-là. Qu’est-ce que vous préférez, Carmelo ? Qu’il y ait de grandes rivalités en MotoGP ou qu’il y ait de l’égalité ? Qu’est-ce qui est le plus important selon vous ?
« Je pense qu’il est préférable qu’il y ait des rivalités, mais des rivalités saines, pas des rivalités dangereuses ou nuisibles. C’est mieux qu’il y ait de la rivalité au sein d’une égalité. L’égalité, nous l’avons déjà, on le voit aux temps au tour. Le reste, c’est comme ça. »

Oui, mais c’est vrai que pour le spectateur, les rivalités ont toujours fait vendre. À l’époque où Pedrosa était contre Lorenzo dans les catégories inférieures, ou cette dernière dont on parle à Valence avec Marc… En MotoGP aussi il y en a eu. Mais les plus fortes étaient principalement en 250cc…
« Non, non, pas du tout. La plus forte… Je me souviens que le Roi d’Espagne m’avait demandé : « Tu penses que je peux leur serrer la main ? ». J’ai dit : « Majesté, laissez-moi leur demander d’abord s’ils vont accepter de se serrer la main, il ne faudrait pas que vous leur demandiez et qu’ils refusent ». J’ai parlé aux deux et je leur ai dit : « Le Roi aimerait que vous vous serriez la main ». Ils se sont regardés et ils se sont serré la main. Ça s’est bien passé. C’était un moment important. »

MotoGP Rossi Ezpeleta

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