Le Grand Prix MotoGP du Japon a clairement été une désillusion pour Johann Zarco, qui en repart seulement avec 3 petits points durement acquis lors du Sprint.
Le week-end sur le circuit de Motegi avait pourtant bien commencé pour le pilote CASTROL Honda LCR, directement qualifié pour la Q2, comme à chaque fois depuis son retour en Aragon.
Qualifié 10e, il bénéficiait de l’incident de début de Sprint pour franchir la ligne d’arrivée en 7e position.
Mais lors du warm up rallongé, le numéro #5 a subi sa 3e chute du rendez-vous nippon, et a été sanctionné de deux long Lap pour avoir redémarré sa Honda sans être dans la voie de sécurité.
Sa course de toute façon compromise, il y connaissait une quatrième et dernière chute, laissant un goût un peu amer à cette étape japonaise avant de se rendre en Indonésie.
Après la course, il reste 17e du championnat avec 48 points, et s’est confié à la presse française sur place pour analyser ce qu’il considère comme une certaine limite atteinte.
Comme à notre habitude, nous reportons ici en intégralité ses paroles sans la moindre mise en forme, même si cette fois cela n’est pas traduit de l’anglais.
Johann Zarco : « ça a été une sensation sympa le début de course, d’avoir quand même une bonne agressivité, et des moyens de dépasser. Du coup, oui, un contrôle de la moto : je me bats, je suis là, je dépasse quand il faut, un certain tri et j’essaie de rouler au mieux.
Mais ensuite, arrivé derrière Vinales, Cruise Control : la moto, plus possible de faire quoi que ce soit, si ce n’est de faire une erreur ! Et du coup, j’essayais de rester le plus proche possible, parce qu’il avait tendance à s’écarter, surtout sur le virage 10, mais à chaque fois j’étais trop loin pour tenter de passer. Mais j’étais pas assez loin non plus pour que la moto se mette peut-être à mieux réagir, parce qu’en fait à ce moment-là le pneu a commencé à monter en température, sans être dans une zone extrême mais je pense que ça a joué.
Et à un moment, il fait une petite erreur de plus, du coup je suis vraiment collé à lui et je fais le max entre le 9 et le 10 pour rester proche en sachant qu’il va s’écarter, et en effet il s’écarte un peu. Et au moment où je m’engage pour dire « je tente de tourner court », j’ai perdu l’avant.
Donc ça, je m’y attendais pas, et ça m’a fait chier parce que ça a été quand même quatre chutes ce week-end, dont trois en perdant l’avant : une sur les freins, et deux en fait au moment où la moto devait tourner.
Et je crois que c’est la difficulté là : on a gagné en freinage, on a gagné en accélération, mais on a trop perdu en turning.
Et je le subis trop ça, parce que du coup je ne peux pas exploiter un peu mes mes qualités et prendre vraiment du plaisir sur la moto.
C’est intéressant de voir là où elle peut accrocher, mais là il y a une vraie limite, et ça a été dur ce week-end. »
🎤 Ce que tu expliques là, c’est quelque chose qui a été développé pendant que tu n’étais pas là et que tu découvres maintenant sur certains circuits un peu difficiles ?
« Non, c’est le vrai ADN de la moto de cette année, je trouve quand même. Après j’ai débloqué deux trois trucs à Austin, que j’avais tenté de répéter même en arrivant en Europe, mais non, je n’ai pas encore réussi à bien le répéter, même s’il y avait eu un bon chrono au Mans en terminant premier de la Practice.
Mais ça, à mon avis cette zone est trop étroite pour pouvoir garder une petite marge en course, parce que tu ne peux pas rouler avec zéro marge.
Quand on voit Marc gagner, quel que soit le pilote qu’il est, et je pense que c’est vraiment le meilleur de tous et depuis longtemps, mais il a une certaine marge à un moment donné. »
Je vais revenir sur ta pénalité : tu as oublié la nouvelle règle ?
« Oui, j’ai oublié ! Dans ma tête, quand ils m’ont dit « va en Race Direction », c’était parce que j’étais à contresens.
Ils m’ont dit « non, ce n’était même pas trop ça, c’est juste que tu n’as pas le droit de la redémarrer ». Il m’avait fait l’avertissement à Austin, c’était le moment de course.
Comme je dis, ce qui donne les boules, déjà, ce n’était pas le problème de la direction. En fait, comme ça monte, c’est pour ça que je relève la moto, elle est un peu dans l’autre sens, mais la moto est en route quand je suis encore au sol, et quand je la redresse, elle s’arrête !
Ça m’est arrivé à Austin, aujourd’hui au warm up, et même en course, là je tente de la garder démarrée, démarrée, démarrée…
Je la redresse et elle s’arrête: c’est une petite info à remonter à Honda, pour faire en sorte qu’en course elle ne cale pas sur une petite chute comme ça, à chaque fois qu’elle se redresse.
Donc c’est dommage parce que, bon, là ça m’a fait choper une pénalité.
Parce qu’au warm-up, en plus, c’était délicat: il était rallongé de dix minutes, il faut changer de moto, il faut essayer le pneu hard. C’est aussi pour ça que j’ai tout fait pour dire « je ramène la moto », je ne pouvais pas me permettre de chuter au warm-up. C’était arrivé : on fait tout pour revenir, et j’ai chopé la pénalité. »
🎤 Si le moteur ne cale pas, tu as le droit de repartir, même si les commissaires t’aident à la relever ?
« Oui, je pense, oui. Oui, oui, il ne faut pas que ça cale. »
🎤 Qu’est-ce que tu penses de cette bagarre pour le titre ? Il y a deux points après 16 Grands Prix entre Marquez et Martin. Comment tu expliques ça ?
« Pour moi, Martin, même pour lui, ça a été une surprise, parce qu’à mon avis il ne partait pas comme ça en début d’année, parce qu’il en avait chié, tout ça, et je ne pense pas que dans sa tête il partait favori pour un titre, non.
Mais du coup, presque pour lui, c’est ce feeling de « pas de pression », où tout est à gagner.
Pour le coup, Bez a plus de pression parce qu’il écrirait l’histoire, la marque, tout ça : je pense que c’est pour ça que c’est plus lourd pour lui.
Après, Marc, pour moi il a une gestion extraordinaire !
C’est vrai que dans les courses les Aprilia ont quand même un meilleur potentiel que la Ducati en vitesse pure, mais Marc sait gérer, quoi !
Sauf en Indonésie où je pense que Martin aura l’avantage, mais après il y a d’autres courses où Marc sera fort dans tous les cas.
Donc moi j’aime bien Marc : je trouve ça beau de le voir si bien gérer et rester si fort quand il faut.
Et après Martin, s’il est dans son focus comme il l’est, s’il ne le lâche pas, il sera très fort aussi parce qu’il va vite. »
C’est avantage pour Marc ?
« Je pense oui, je vois un avantage sur Marc. »
Marquez et toi, vous n’avez pas fait le karting ce matin : vous êtes les deux pilotes qui en avaient plein le cul de tout ce qu’on vous demande, c’est le point commun ?
« Oui, moi j’étais en Race Direction quand ils sont montés sur les karts. Mais oui, parce que j’avais prévu de ne pas faire l’Hero Walk, parce que j’avais mal au cou, mais c’est trop là : ils oublient ce qu’on doit faire ! »

Résultats du Grand Prix MotoGP du Japon à Motegi :


Crédit classement : motogp.com
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