À deux points derrière Jorge Martin, Marc Marquez poursuit sa conquête du titre 2026 avec une difficulté supplémentaire : les autres Ducati ne lui fournissent presque plus de références aux avant-postes. Pourtant, Oscar Haro estime que le numéro 93 possède un avantage décisif sur ses rivaux Aprilia : l’expérience de la pression. Après un Sprint victorieux et une sixième place à Mandalika, l’Espagnol aurait surtout démontré qu’il savait reconnaître les jours où il fallait attaquer… et ceux où il fallait simplement survivre.
Marc Marquez n’a pas gagné le Grand Prix d’Indonésie. Il n’est même pas monté sur le podium. Pourtant, Oscar Haro considère que son week-end à Mandalika pourrait peser lourd dans la lutte pour le titre.
La raison tient autant à sa victoire du samedi qu’à sa gestion du dimanche. Sur un circuit où les Aprilia étaient supérieures, Marquez a trouvé le moyen de rester au contact de Jorge Martin. Et à cinq week-ends de la fin, deux points seulement les séparent.
« Marc Marquez travaille seul »
Dans son analyse diffusée sur la chaîne YouTube de Nico Abad, Haro souligne l’isolement technique du pilote Ducati. « Pour moi, le travail accompli par Marc, seul pilote Ducati dans le top 5 à presque chaque course, est incroyable. »
L’ancien responsable insiste sur la différence avec Aprilia. « Il ne reçoit aucune information d’aucun autre pilote, Marc travaille seul. » L’expression est volontairement forte. Elle ne signifie évidemment pas que Marquez travaille sans ingénieurs ni données télémétriques, mais que les autres Ducati ne disposent plus régulièrement du rythme nécessaire pour lui fournir des comparaisons directes aux avant-postes.
À l’inverse, Martin et Bezzecchi peuvent s’appuyer sur les performances de quatre Aprilia compétitives. Un avantage considérable pour développer les réglages et comprendre les pneus. Mais Haro estime que Marquez compense cette situation par sa capacité d’adaptation.
Mandalika : gagner le samedi, limiter les dégâts le dimanche
L’Indonésie constituait un défi particulier. Avant cette édition, Marquez n’avait jamais terminé une course principale à Mandalika. « Cela signifie qu’en arrivant sur un circuit, on n’a aucun point de repère. C’est très difficile de courir sans repères, surtout sur 27 tours. » Le samedi, l’Espagnol a pourtant remporté le Sprint. « Pour ce qui est de la course de samedi, chapeau à Marc. »
Le lendemain, les circonstances étaient différentes. Les Aprilia dominaient, et Marquez ne possédait pas les armes nécessaires pour se battre devant. Haro estime alors que le pilote Ducati a fait preuve de lucidité.
Plutôt que de risquer une chute en cherchant une performance inaccessible, il a défendu sa position et terminé sixième. Une course moins spectaculaire, mais précieuse dans un championnat aussi serré.
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« Marc Marquez sait gérer cette pression »
Haro établit ensuite un contraste avec Aprilia. Selon lui, la marque de Noale et certains de ses pilotes découvrent une pression nouvelle : celle de devoir gagner. « Marc sait gérer ce genre de pression, mais Aprilia, non. »
L’ancien responsable attribue notamment certaines erreurs de Bezzecchi et Martin au poids des attentes. Cette interprétation psychologique n’est pas démontrable à partir des seuls résultats, mais elle souligne une différence d’expérience.
Marquez a déjà vécu plusieurs campagnes de titre, connu les blessures, les périodes de domination et les retours difficiles. Il sait qu’un championnat ne se gagne pas nécessairement en attaquant à chaque virage. Et il sait aussi reconnaître le moment où une occasion se présente.
Phillip Island : le prochain terrain de chasse
Haro voit plusieurs circuits susceptibles de convenir à Marquez, notamment le Qatar et Valence. Il considère également Phillip Island comme un rendez-vous particulièrement ouvert. « Si je devais me baser sur les statistiques, je choisirais Marc, mais Jorge réalise une saison exceptionnelle. »
Une prudence justifiée : Martin conserve l’avantage au classement et Aprilia possède désormais une compétitivité collective impressionnante. Mais Marquez peut encore compter sur sa vitesse et son expérience pour faire basculer la situation.
À Mandalika, il n’avait pas la meilleure moto. Il a pourtant gagné le samedi et sauvé des points le dimanche. Et c’est peut-être ce qui inquiète le plus ses adversaires : Marc Marquez n’a pas besoin d’être le plus rapide à chaque course pour rester le plus dangereux dans la lutte pour le titre MotoGP.





