L’ambiance était bien sombre sous le auvent officiel Ducati à l’issue de la séance décisive du vendredi. Alors que son garage s’attendait à verrouiller une place au chaud dans le top 10 pour aborder le week-end sereinement, le double champion du monde en titre est tombé de haut sur l’un des tracés les plus exigeants du calendrier. La déconvenue de Pecco Bagnaia en Australie sonne comme un brutal retour à la réalité pour l’usine italienne, piégée par un manque d’adhérence persistant au moment de lancer l’ultime assaut contre le chrono.
Pecco Bagnaia plombé par des erreurs en Australie
Embêté par des soucis de motricité dès le début de journée, le piémontais a cherché en vain le bon feeling pour faire parler la poudre lors du time-attack. Une frustration grandissante au guidon qu’il n’a pas cherché à masquer au moment d’analyser son échec : « La journée s’est déroulée comme prévu. Je savais que ça pouvait être compliqué. J’ai tout fait pour bien figurer, mais le manque d’adhérence reste un problème. Disons que tout au long de la journée, tour après tour, mes sensations et mes performances se sont améliorées, mais sur les tours rapides, je n’arrivais pas à boucler un tour complet. C’est de ma faute ; j’ai commis des erreurs, et je pense qu’avec deux dixièmes de seconde de plus, j’aurais pu finir dans le top dix. Il va falloir beaucoup travailler sur la cartographie moteur et aussi sur l’usure des pneus » affirme-t-il pour GPOne. Face à la menace des intempéries pour le samedi, le pire reste à craindre si le ciel venait à s’assombrir : « J’espère que ça ne se déchaînera pas. Avec la pluie, mes problèmes empireraient, ou peut-être s’amélioreraient-ils, je ne saurais dire, mais j’ai généralement raison, et je pense que ce serait pire sous la pluie ».
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Le relais essentiel de la sécurité réclame un représentant externe
Habitué à faire le pont entre la direction de course et la grille au sein de la Commission de Sécurité, le Turinois a profité du rassemblement tenu à Phillip Island sur la situation géopolitique au Qatar pour recadrer la gouvernance des compétiteurs. Pour Pecco, il est temps de professionnaliser la voix des pilotes grâce à une figure neutre : « Je pense que l’unité et une association de pilotes sont essentielles. Nous avions commencé à y travailler en 2023, mais un cas de force majeure nous a contraints à interrompre le projet. Le moment était venu de le reprendre. Il est important, à mon avis, de mieux nous protéger et d’avoir davantage notre mot à dire dans certaines décisions. Il nous faut maintenant trouver un représentant. Il serait peut-être préférable que ce soit une personne extérieure à ce milieu, impartiale et œuvrant uniquement pour notre sécurité ». Un projet ambitieux pour structurer le paddock en profondeur.

Prôner l’intérêt général au-delà des rivalités en piste
S’il reconnaît volontiers que l’égoïsme individuel refait souvent surface dès que la visière se baisse, l’Italien insiste sur l’obligation de s’en remettre au consensus collectif lorsque la sécurité de tous est menacée. « Quand il y a un besoin, on se réunit ; quand tout va bien, on ne se réunit pas. Je reste convaincu que tout est utile et qu’il faut poursuivre notre chemin. Au final, nous sommes tous des pilotes, mais aussi des personnes intelligentes, et il est évident qu’une partie de nous a tendance à ne penser qu’à ses propres intérêts. Mais quand on discute et qu’une majorité se dégage, il ne faut pas aller à l’encontre de cette opinion. Il faut rester unis et aller jusqu’au bout ». Un message fort envoyé à l’ensemble du peloton alors que la crise qatarie exige un bloc sans faille face aux instances.
Pensez-vous que l’Italien parviendra à s’extirper du piège de la Q1 samedi matin sous la tempête australienne ? Dites-le-nous en commentaires !
Résultat de la Practice au Grand Prix d’Australie MotoGP 2026 :

Crédit classement : MotoGP.com
Photo de couverture : Michelin Motorsport




