F1 Moto GP
Publié le 23 octobre 2026 • 14:15 par Oléna Champlain

F1/ MotoGP : À Austin, Colapinto fait rugir la Yamaha de Prima Pramac en démonstration

À Austin, Franco Colapinto arrive sur une Yamaha de MotoGP aux couleurs de Pramac. Une opération Alpine avant la démonstration prévue samedi.

Franco Colapinto a fait une entrée remarquée dans le paddock d’Austin : jeudi, le pilote Alpine est arrivé à la structure de son équipe sur une Yamaha de MotoGP aux couleurs de Prima Pramac. Le genre de trajet qui fait tourner les têtes — et les téléphones. Mais pas question d’y voir un essai sauvage ni une reconversion express : la moto est restée au point mort. L’Argentin a pu faire rugir son moteur, sans engager la première ni partir en piste. Le spectacle était prévu ; le risque, lui, soigneusement neutralisé.

 

Colapinto au coeur du coup de com’ de Alpine-Pramac

L’opération avait été annoncée pour le media day du Grand Prix des États-Unis, autour de 10 h 20, heure locale. La Yamaha n’était pas là par hasard : Alpine est partenaire principal de Prima Pramac Yamaha en MotoGP depuis 2025. Cette arrivée théâtrale donne donc un visage concret à une alliance entre deux disciplines, sous les yeux du public F1. À Austin, Colapinto a servi de passerelle entre les monoplaces et les motos — avec une bande-son que les fans de Formule 1 n’entendent pas tous les jours dans leur paddock.

Un tour de paddock, pas un test

La nuance est importante : Colapinto n’a pas pris le départ d’une séance d’essais sur une MotoGP. Il a posé sur la machine, s’est laissé conduire dans l’enceinte du circuit et a pu en faire entendre le moteur. Selon les comptes rendus de l’événement, il a demandé à passer la première ; on le lui a refusé. La Yamaha est restée au point mort. La communication, elle, était bien engagée. La scène a suffi à attirer les regards sans transformer l’arrivée d’un pilote F1 en séance improvisée de pilotage moto.

Colapinto n’a pas caché son enthousiasme. « La moto de MotoGP est un rêve », a-t-il confié à ESPN. Il a raconté suivre la discipline depuis l’enfance et expliqué que son père, pilote de speedway, lui avait interdit les deux roues après s’être lui-même blessé. Le message familial était limpide : quatre roues pour Franco. Le fils a donc pu s’asseoir sur une machine de Grand Prix, faire grimper le son et repartir avec les pieds sur terre — ou, plus exactement, avec les deux roues toujours sous contrôle.

Ce rapprochement ne sort pas de nulle part. Alpine a rejoint le projet Pramac comme partenaire principal au moment où l’équipe italienne passait chez Yamaha. Pramac avait remporté le titre pilotes MotoGP 2024 avec Jorge Martín, avant de changer de constructeur et de poursuivre avec Jack Miller et Miguel Oliveira en 2025. La collaboration donne à Alpine une présence supplémentaire dans le sport moto, tandis que Pramac bénéficie de la visibilité d’une marque liée à la Formule 1. À Austin, la Yamaha exposée n’était donc pas un accessoire emprunté au voisin : elle portait les couleurs d’un partenariat que les deux équipes cherchent à rendre visible.

Le décor était d’autant mieux choisi que la MotoGP prépare une démonstration sur le circuit des Amériques. Samedi, quatre motos de la catégorie reine doivent effectuer des tours à haute vitesse avant la troisième séance d’essais libres de F1. Dani Pedrosa, Nicolò Bulega, Andrea Dovizioso et Lorenzo Savadori figurent au programme. La différence avec la séquence Colapinto est nette : lui a participé à une opération dans le paddock ; les pilotes invités, eux, prendront réellement la piste pour montrer ce qu’une MotoGP sait faire.

L’enjeu dépasse le simple coup d’éclat. Le MotoGP veut profiter de l’audience de la Formule 1 aux États-Unis pour faire découvrir ses machines et renforcer l’intérêt avant le retour du Grand Prix des États-Unis MotoGP à Austin, prévu du 23 au 25 avril 2027. Une présence dans le paddock, une arrivée qui fait du bruit, puis une démonstration en piste : le programme ressemble à une campagne de promotion soigneusement orchestrée. Le sport automobile adore parler de performance ; ce week-end, il met aussi en scène la performance de ses marques.

Et Colapinto a parfaitement joué son rôle. Son arrivée a offert l’image virale du jour, sans prétendre qu’un pilote de F1 pouvait enfourcher une MotoGP et partir pour un tour lancé. Une première enclenchée aurait peut-être fait encore plus de bruit — mais pas forcément celui que les organisateurs voulaient entendre. À Austin, Alpine et Pramac ont réussi leur coup : la Yamaha a rugi, le paddock a regardé, et la sécurité est restée au point mort.

 

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