Lors de la conférence de presse du Grand Prix des États-Unis, à Austin, Lewis Hamilton a été interrogé sur les critiques visant le futur Grand Prix du Rwanda. Le débat porte notamment sur les droits humains et sur le risque que l’événement serve à améliorer l’image du pays. Le pilote Ferrari n’a pas esquivé la question : il soutient le retour de la Formule 1 en Afrique, mais estime qu’une course ne doit pas faire oublier les réalités politiques.

Hamilton répond aux critiques du futur Grand Prix africain.
La F1 a annoncé le 13 octobre un accord de dix ans avec le Rwanda. Le Grand Prix africain doit rejoindre le calendrier au début des années 2030, une fois construit le circuit de Bugesera, près de Kigali. La date exacte reste à fixer et le circuit n’existe encore que sur le papier. Cette épreuve marquerait le retour du championnat sur le continent pour la première fois depuis 1993, année du dernier Grand Prix d’Afrique du Sud à Kyalami.
Pour Hamilton, ce projet a une dimension personnelle. Le septuple champion milite depuis longtemps pour que la F1 revienne en Afrique. Il a raconté avoir multiplié les réunions avec Stefano Domenicali, le patron du championnat, ainsi que les appels à des dirigeants de plusieurs pays africains.
« C’est un endroit qui mérite d’avoir un Grand Prix », a-t-il expliqué, en soulignant que l’enjeu dépasse le seul Rwanda : il s’agit, selon lui, de donner une place à tout un continent.
Cette ambition lui donne aussi une raison de prolonger sa carrière. « Je suis maintenant obligé de rester plus longtemps parce que nous avons une course en Afrique, et c’est mon rêve de pouvoir y courir », a-t-il lancé à Austin.
Hamilton a 41 ans et son contrat avec Ferrari court jusqu’à la fin de 2027. Pour prendre le départ au Rwanda, il lui faudrait donc poursuivre sa carrière au moins jusqu’au début de la prochaine décennie et rester compétitif. Il l’a reconnu : s’il peut encore obtenir de bons résultats, il continuera. Kimi Antonelli, présent à ses côtés, l’a encouragé : « Il faut au moins que tu fasses la première. »
Mais soutenir un Grand Prix ne signifie pas, pour Hamilton, fermer les yeux sur son pays hôte. Il a notamment rappelé que « l’Afrique a été colonisée par le Royaume-Uni », selon The Times, avant d’évoquer les conséquences du colonialisme et des interventions occidentales. Cette formule concerne l’histoire du continent au sens large : le Rwanda, lui, a été colonisé par l’Allemagne, puis administré par la Belgique, et non par le Royaume-Uni. Cette distinction est importante pour ne pas confondre l’histoire africaine avec celle du pays qui accueillera la course.
Les critiques visant le Rwanda sont, elles, bien actuelles. Amnesty International a qualifié l’accord de « prix de blanchiment d’image » pour les autorités rwandaises, évoquant les détentions arbitraires, la torture et la répression de la liberté d’expression. L’organisation accuse aussi le Rwanda de jouer un rôle dans le conflit en République démocratique du Congo. Human Rights Watch a, de son côté, alerté sur les risques encourus par les journalistes et les personnes qui contestent l’image officielle du pays. Ce sont les accusations de ces organisations de défense des droits humains, au cœur de la controverse autour du choix de la F1.
Hamilton dit avoir vu ces critiques. Il appelle à aborder le sujet « avec humilité » et rappelle que se rendre au Rwanda ne doit pas conduire à ignorer ce qui s’y passe. Il souhaite aussi que l’histoire de l’Afrique soit davantage enseignée en Angleterre. Pour lui, le Grand Prix pourrait pousser les spectateurs à s’informer, à condition que l’éclat de l’événement ne recouvre pas les questions politiques. Le pilote ne prétend pas que la course réglera ces problèmes ; il espère qu’elle contribuera à les rendre plus visibles.
Il a enfin élargi son appel au-delà du Rwanda, en demandant que l’on pousse à « libérer le Congo, le Soudan, la Syrie et la Palestine ».
Cette prise de parole dépasse donc le simple enthousiasme d’un pilote qui rêve de courir en Afrique. Hamilton soutient le retour de la F1 sur le continent, tout en avertissant que la fête sportive ne doit pas servir de rideau. À la Formule 1 de montrer que son engagement pour l’Afrique peut aller au-delà du calendrier et supporter les questions qui viennent avec.
Lewis Hamilton answer about having race in Africa
"I really hope and I still have hopes that Africa unites. I know there's many people that don't want that to happen because they would be so powerful if they did, but um I'm still hopeful that some stage they will"
"of course…
— LH44(A) (@LH44Fanpage8) October 22, 2026




