Changer les motos ne suffira pas au MotoGP en 2027. Alors que les 850 cc, les pneus Pirelli et la nouvelle réglementation technique concentrent l’attention, une autre révolution se prépare : séparer les qualifications du Sprint et du Grand Prix. Massimo Rivola confirme que les discussions ont abouti assume l’objectif qui les accompagne : rendre chaque week-end plus attractif et élargir l’audience. Avec une référence désormais difficile à ignorer : la Formule 1.
Une qualification ne déterminera plus deux grilles … Depuis l’introduction du Sprint en 2023, le système MotoGP possède une particularité : une seule qualification détermine la grille des deux courses.
La Q1 et la Q2 du samedi matin fixent donc simultanément les positions de départ du Sprint quelques heures plus tard et celles du Grand Prix du dimanche. Cela changera dès 2027.
Le nouveau format prévoit deux qualifications distinctes : l’une déterminera la grille du Sprint, l’autre celle du Grand Prix. La proposition a été soumise aux équipes et aux constructeurs et a reçu un accueil globalement favorable. Une révolution qui rapproche encore davantage le MotoGP du modèle automobile.
Rivola : « La Formule 1 peut nous apprendre beaucoup »
Massimo Rivola ne cache pas sur Moto.it la logique commerciale accompagnant cette évolution. « Je crois que nous sommes sur la bonne voie et que des progrès seront réalisés, notamment pour rendre le week-end aussi intéressant que possible. »
Puis le patron d’Aprilia élargit considérablement le sujet. « Nous cherchons encore comment attirer un public plus large. La Formule 1 peut nous apprendre beaucoup. » La précision suivante est importante : « Nous n’avons pas forcément besoin de faire comme eux. »
Il ne s’agit donc pas officiellement de transformer le MotoGP en copie de la F1, mais d’en reprendre certaines recettes capables de multiplier les moments où le spectateur a une raison immédiate de regarder.
Transformer davantage de séances en événements
C’est là que le double système de qualifications prend tout son sens. Aujourd’hui, une fois la qualification du samedi matin terminée, deux grilles sont connues. Demain, le championnat pourrait vendre deux batailles distinctes pour la pole, auxquelles s’ajouteraient le Sprint et le Grand Prix.
Sportivement, les conséquences seront également intéressantes. Un pilote ayant raté sa qualification du Sprint ne serait plus condamné à partir de la même mauvaise position le dimanche. Inversement, deux hiérarchies différentes pourraient apparaître au cours du même week-end.

Plus de spectacle… mais combien de pression supplémentaire ?
Et c’est précisément là que le projet devient moins évident. Fabio Di Giannantonio a déjà averti que l’ajout d’une nouvelle qualification pourrait aller à l’encontre de la santé des pilotes, alors que les week-ends sont devenus extrêmement intenses.
Fabio Quartararo va même plus loin sur la philosophie générale : selon lui, le MotoGP devrait se rapprocher de la F1 non pas en multipliant les Sprints, mais en cessant d’en organiser à chaque Grand Prix. Tout le monde regarde la Formule 1, mais pas nécessairement pour y chercher la même chose.
2027 pourrait changer bien davantage que les motos selon Rivola
La révolution réglementaire de 2027 était initialement présentée comme technique : 850 cc, aérodynamique réduite, disparition des dispositifs de correction d’assiette et arrivée de Pirelli. Elle devient progressivement aussi une réflexion sur le produit MotoGP.
Et le calendrier accentue encore l’enjeu : 22 Grands Prix sont programmés en 2027. Deux qualifications, un Sprint et un Grand Prix à chaque rendez-vous produiraient une densité sportive considérable.
C’est précisément pourquoi la phrase de Rivola dépasse largement Aprilia. Le MotoGP cherche désormais à résoudre une équation familière à tous les championnats modernes : comment créer davantage de rendez-vous commercialement attractifs sans finir par saturer ceux qui les disputent et ceux qui les regardent ? La F1 peut effectivement lui apprendre beaucoup. Reste à savoir quelle leçon le MotoGP décidera d’en retenir.









