Le championnat 2026 n’a pas encore commencé que l’on parle déjà davantage de 2027 que de la première course. Nouvelle réglementation 850 cc, contrats qui expirent, usines prêtes à redistribuer les cartes… Le MotoGP vit une période charnière. Et au milieu de ce brouillard stratégique, Alvaro Bautista vient de jeter un pavé dans la mare : selon lui, Marc Marquez terminera sa carrière chez Honda Racing Corporation.
Ce n’est pas une hypothèse timide. Ce n’est pas une phrase lancée au hasard. C’est une conviction. Mais avant de viser Marquez, Bautista a d’abord dressé un constat désabusé sur la catégorie reine : « Honnêtement, chaque année, je comprends de moins en moins le MotoGP. »
Dans une discipline devenue ultra-stratégique, où l’équilibre sportif semble parfois secondaire face aux enjeux économiques et politiques, même les pilotes expérimentés admettent ne plus saisir toutes les logiques en jeu. Derrière les sourires de façade, le paddock ressemble de plus en plus à une salle de négociation permanente.
Mais lorsque la question du retour de Marquez chez Honda est posée frontalement, Bautista ne se réfugie pas dans le flou. « Marc est un pilote Honda. » Une phrase courte. Mais un sous-texte immense.

Marc Marquez, Ducati aujourd’hui, mais pour combien de temps ?
Actuellement, Marc Marquez porte le rouge Ducati et affiche une sérénité retrouvée. Champion du monde 2025, il insiste sur une chose : il veut la moto la plus rapide. Et pour l’instant, la Desmosedici reste la référence absolue.
Mais son contrat arrive à expiration précisément au moment où la catégorie s’apprête à basculer vers les 850 cc en 2027. Une nouvelle ère technique, une hiérarchie potentiellement bouleversée, et une opportunité en or pour quiconque souhaite redéfinir son rôle dans le championnat. Le timing est parfait. Presque trop parfait.
Dans les coulisses, les rumeurs s’intensifient. Honda, qui cherche à se reconstruire face à la domination Ducati, serait prête à tout pour récupérer son pilote fétiche. Pas simplement un salaire conséquent, mais un projet construit autour de lui. Les clés du développement 850 cc. Un leadership total. Une centralité qu’il ne partage plus forcément aujourd’hui dans un effectif Ducati dense et ambitieux.
Alberto Puig n’a jamais fermé la porte. Au contraire, il a répété que la maison serait « toujours ouverte » à Marc Marquez. Ce n’est pas une formule creuse : c’est un message stratégique. Honda sait qu’elle ne retrouvera le sommet qu’avec un pilote capable de transformer une bonne moto en machine à gagner. Et peu de noms possèdent encore ce pouvoir.
Ce qui rend l’analyse de Bautista intéressante, ce n’est pas l’aspect contractuel. C’est la dimension symbolique.
Pour lui, la fin de carrière de Marc Marquez ne se jouera pas uniquement sur la compétitivité d’une machine, mais sur l’histoire. Six titres MotoGP remportés avec Honda. Une ère entière gravée sous les couleurs de la marque japonaise. Une identité forgée ensemble.
« Je suis d’avis qu’il terminera sa carrière chez Honda. » Bautista ne parle pas d’un transfert opportuniste. Il parle d’une boucle à refermer.
Reste une question brûlante : un éventuel retour serait-il dicté par l’émotion… ou par la froide logique ?
Si Honda parvient à maîtriser la transition vers les 850 c plus rapidement que ses rivaux, si le projet technique s’avère prometteur, et si Marquez peut redevenir l’architecte unique d’un programme d’usine, alors le choix pourrait être rationnel autant que sentimental.
Mais abandonner la meilleure moto du plateau pour un projet en reconstruction reste un pari risqué. Et Marquez n’a jamais été un pilote qui mise à l’aveugle.
Ce qui est certain, c’est que 2027 ne sera pas une simple transition technique. Ce sera un réalignement complet des forces. Les contrats, les hiérarchies, les ambitions seront rebattues.
Si Marc Marquez retourne chez Honda, ce ne sera pas seulement un transfert. Ce sera un symbole fort, un message envoyé à toute la grille : l’ère Ducati n’est pas intouchable.
Bautista a peut-être simplement exprimé une intuition. Ou peut-être vient-il d’annoncer, avant tout le monde, le dernier grand chapitre d’une carrière légendaire en MotoGP.

























