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Ducati

Le constat est brutal. Inattendu. Presque dérangeant pour une équipe qui dominait tout il y a encore quelques mois. Mick Doohan n’a pas cherché à masquer son incompréhension face à la situation actuelle de Ducati. Et derrière ses mots, une question plane : la référence du MotoGP est-elle en train de se perdre ?

« Ce que je ne comprends pas, c’est Ducati. Je ne sais pas si Aprilia a fait un grand pas en avant ou si Ducati a régressé. » Tout est résumé là. Non pas une certitude… mais un doute profond à propos d’une domination pratiquement disparue du jour au lendemain.

Le contraste est saisissant. Ducati restait sur quatre titres consécutifs. Une machine intouchable, un système parfaitement huilé, une référence technique indiscutable.

Aujourd’hui, la réalité est tout autre : aucune victoire en Grand Prix en 2026, une seule victoire en sprint pour Marc Marquez, un retard de 42 points au classement constructeurs par rapport à 2025. Pendant ce temps, Aprilia enchaîne les succès.

Le symbole de ce basculement porte un nom : Marco Bezzecchi. Cinq victoires consécutives le dimanche, une domination froide, méthodique. Derrière lui, Jorge Martin confirme, malgré une préparation tronquée, avec une régularité impressionnante. Le championnat a changé de visage.

Ducati

Ducati : problème interne ou progrès adverse ?

C’est là que Doohan met le doigt sur le point le plus troublant. « Pourquoi ont-ils régressé ? Qui a piloté ce développement ? Ont-ils pris la bonne direction ? »

Car le problème ne semble pas venir uniquement des résultats. Il touche à la cohérence globale du projet. Un détail intrigue particulièrement : la hiérarchie interne.

Aujourd’hui, la meilleure Ducati au classement n’est pas une officielle… mais une VR46. Une anomalie dans un système qui, jusqu’ici, reposait sur une structure extrêmement maîtrisée. Si l’équipe satellite performe mieux que l’usine, ce n’est plus un simple écart. C’est un signal.

La situation est d’autant plus fragile que les deux piliers Ducati ne sont pas au niveau attendu. Marc Marquez, encore en phase de récupération physique, alterne entre coups d’éclat et contre-performances. Capable de briller en sprint, mais incapable pour l’instant de concrétiser sur la durée d’un Grand Prix.

Quant à Francesco Bagnaia, il n’est même plus dans la discussion. Un déclassement brutal pour un double champion du monde MotoGP, qui confirme que le problème dépasse les individus.

À l’inverse, Aprilia ne se contente pas de profiter. Elle impose. Bezzecchi domine. Martin enchaîne. Même Raul Fernandez place sa machine dans le top 3.

Doohan ne cache pas son admiration sur crash.net : « Bezzecchi fait un travail incroyable… l’Aprilia semble très performante. » A tel point que la question est de maintenant savoir si elle est devenue la référence.

Doohan reste prudent. « Il est encore trop tôt… nous revenons en Europe, on verra. » Et il a raison. Le championnat est long. Les dynamiques peuvent évoluer. Ducati a les ressources pour réagir. Mais le doute est installé. Et en MotoGP, le doute est souvent le premier signe d’un basculement.

Ducati ne perd pas seulement des courses. Ducati perd sa lisibilité. Et quand même un regard extérieur comme celui de Doohan ne parvient plus à comprendre ce qui se passe… c’est que quelque chose, en profondeur, a changé.

Le retour en Europe sera le juge de paix. Si Ducati ne gagne pas dès les premières manches sur le vieux continent, nous assisterons officiellement à la fin de l’hégémonie de Bologne. Aprilia a cessé d’être l’outsider pour devenir le nouveau shérif du paddock, et comme le souligne Doohan, c’est autant grâce au génie de Noale qu’aux erreurs incompréhensibles de Ducati.

Marco Bezzecchi, Marc Marquez, MotoGP thaïlandais 2026.

 

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