Franco Morbidelli a manifesté sa colère vendredi à Mandalika après avoir été gêné par Fermin Aldeguer. Le pilote Gresini a reçu un avertissement officiel des commissaires. Une décision qui prend une saveur particulière : depuis deux saisons, Morbidelli accumule lui-même les sanctions pour avoir entravé les tours rapides de ses adversaires. Et son passif récent est suffisamment fourni pour donner à cet incident une dimension presque ironique.
Aldeguer, une journée noire jusqu’au dernier incident
Pour Fermin Aldeguer, le vendredi indonésien a tourné à la succession de contrariétés. Vainqueur du Grand Prix de Mandalika en 2025, l’Espagnol espérait retrouver un circuit favorable à sa Ducati GP25.
Mais deux chutes, l’une en FP1 et l’autre pendant les essais de l’après-midi, ont perturbé sa préparation. Un problème technique l’a également contraint à immobiliser sa machine.
Résultat : une quinzième place et un passage obligatoire par la Q1 pour tenter de rejoindre les douze pilotes qualifiés pour la Q2.
Et sa journée ne s’est pas arrêtée là. Au virage 16, Aldeguer a gêné Franco Morbidelli en circulant lentement sur la trajectoire alors que l’Italien arrivait à vive allure. Le pilote VR46 a immédiatement exprimé son mécontentement.
Les commissaires ont retenu une infraction, mais infligé seulement un avertissement officiel à Aldeguer. Il s’agissait de sa première infraction de la saison et l’incident ne s’était pas produit dans les vingt dernières minutes de la séance.
Morbidelli, un habitué des convocations
La réaction de l’Italien mérite cependant d’être replacée dans son contexte. Car Morbidelli a lui-même été sanctionné à plusieurs reprises pour des comportements comparables.
En février 2025, en Thaïlande, il avait écopé de trois places de pénalité sur la grille pour avoir gêné Francesco Bagnaia. Trois mois plus tard, à Silverstone, nouvelle sanction identique après avoir entravé Marco Bezzecchi dans le complexe rapide de Becketts.
Le phénomène s’est poursuivi en 2026. À Assen, le pilote VR46 a été pénalisé de trois positions pour avoir gêné Enea Bastianini pendant un tour rapide. Au Sachsenring, nouvelle rétrogradation de trois places, cette fois pour avoir perturbé Pedro Acosta.
Morbidelli avait contesté l’appréciation des commissaires, expliquant qu’il roulait à son maximum, même si sa vitesse restait inférieure à celle de l’Espagnol.
Misunderstanding between @aldeguer54 and Morbidelli 👀
As well as sarcastic applause and thumbs up 👍#IndonesianGP 🇮🇩 pic.twitter.com/VJjgZrKTwF
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) October 9, 2026
À Misano, la sanction était devenue plus lourde pour Morbidelli
Le cas le plus récent remonte au Grand Prix de Saint-Marin, en septembre. Morbidelli avait de nouveau gêné Bastianini, cette fois au virage 13 de Misano. Compte tenu de ses infractions répétées, les commissaires avaient durci la sanction : un Long Lap Penalty à effectuer pendant la course.
L’Italien avait alors contesté le fonctionnement du règlement, estimant qu’une règle destinée à protéger les pilotes devait être suffisamment claire pour éviter les interprétations litigieuses. Il avait notamment évoqué l’intérêt d’une meilleure communication avec les pilotes.
Ces précédents ne signifient évidemment pas qu’il devait accepter sans protester la manœuvre d’Aldeguer. Mais ils rendent sa colère de Mandalika particulièrement remarquable.
Une ironie qui ne doit pas masquer le problème
Dans cet épisode, les responsabilités sont clairement établies : Aldeguer a gêné Morbidelli, et les commissaires l’ont officiellement averti. Son absence de pénalité sur la grille découle des circonstances et de son statut de primo-contrevenant.
Morbidelli, lui, a déjà expérimenté les conséquences d’une accumulation d’infractions. La différence entre les deux pilotes tient donc moins à la nature du comportement qu’à sa répétition.
À l’heure où le MotoGP prépare des qualifications réunissant 22 pilotes en piste en 2027, ces incidents constituent également un avertissement. La cohabitation entre pilotes en tour rapide et pilotes ralentissant sur la trajectoire demeure un problème récurrent.
Vendredi, à Mandalika, Franco Morbidelli en a découvert l’autre versant. Pour une fois, c’était lui qui arrivait lancé. Et quelqu’un d’autre qui se trouvait au mauvais endroit.









