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Découvrez la dernière partie de notre interview exclusive de Johann Zarco, réalisée lors de son roulage à Carthagène, et dans laquelle il revient sur l’arrivée de Liberty Media en MotoGP.

Mi-janvier, Johann Zarco a réuni plusieurs pilotes français et belges sur le circuit de Carthagène en Espagne, pour deux journées de roulage. L’équipe de Paddock-GP était présente afin de les suivre et de vous concocter des interviews de chacun des talents présents.

Vous avez pu suivre la série d’interviews de Johann Zarco sur notre site tout au long du mois de février, et vous découvrirez nos rencontres avec les pilotes présents jusqu’en mars.

Johann Zarco

Qu’est-ce que tu penses de l’arrivée de Liberty Media en MotoGP ?

Il faut être très pro au niveau sport, entraînement, etc. Mais à un moment, il faut se détacher des superstitions, de ‘Ah, si je fais ça, je vais me déconcentrer’ parce que là, il faut s’ouvrir au fait qu’on fait un show. Il faut vraiment parfois prendre ce qu’on fait comme un show, un spectacle, et rentrer dans le plaisir de ‘je fais un show’.

En termes de médiatisation, cette arrivée s’inscrit dans la tendance actuelle, où on vous demande de plus en plus de choses, de participer à beaucoup d’événements, de tourner beaucoup de contenu pour les réseaux sociaux. Il y a des pilotes qui sont assez réticents, toi ce n’est pas quelque chose qui te dérange ?

Je ne le fais pas avec grand plaisir, mais ça fait partie du jeu. C’est vrai que la Dorna nous demande des choses un peu lourdes parfois. Je suis content parce qu’avec Irene, celle qui gère ça dans l’équipe LCR, on commence à se connaître et elle comprend bien. Elle arrive à gérer. Elle est d’accord sur le fait que parfois, c’est un peu exagéré.

Même là, nous, le but de ce roulage c’était un entraînement de deux jours avec 15 pilotes et la piste pour nous, pour qu’on passe un moment ensemble. Moi, je roule, mais si on peut échanger un peu ensemble, on le fait, et je n’ai pas pu le faire finalement, ça a déjà ramené trop de monde.

En plus, comme c’étaient mes deux seuls jours sur la moto, il a fallu faire le contenu pour la présentation officielle de l’équipe LCR [qui a eu lieu deux semaines plus tard, ndlr.]. Ce matin, de 9h à 11h j’aurais pu discuter avec plein de monde. J’ai fait des interviews, des vidéos du coup, ça, ça m’agace, mais c’est très important, parce que c’est tellement un niveau d’argent énorme pour pouvoir faire une équipe MotoGP et rester en MotoGP qu’il faut jouer le jeu.

Une fois que je le fais, je le fais avec le sourire, et j’y mets une bonne énergie. Mais quand je me dis que ça s’est fait sur mes deux jours, où je me suis moi-même payé une piste pour faire des choses pour moi, ça m’embête un peu.

Rémy Sanjuan, Johann Zarco

Johann Zarco conseille Rémy Sanjuan.

Toi qui es justement très engagé envers les jeunes pilotes, quel regard tu portes sur cette arrivée pour les plus petites catégories ?

Pour les pilotes MotoGP, l’arrivée de Liberty Media peut être une bonne chose. Pour ceux qui doivent sortir du bas pour arriver en haut, ça va être dur. Et surtout, ça va beaucoup dénigrer les autres catégories, parce que c’est le MotoGP ou rien. Ce n’est pas simple, parce que pour rouler vite en moto, soit tu es super doué, soit tu l’es moins mais en travaillant tu peux y arriver. Et c’est très dur de ne pas faire brûler d’étapes à des gamins et des jeunes, parce qu’à 18-20 ans, tu es encore très jeune. Ça ne va pas être simple.

J’espère qu’ensuite, on pourra tirer du budget de tout ça, des arrivées éventuelles de gros sponsors, pour rassurer les parents, rassurer les gens, pour faire grandir les jeunes et mieux les préparer, on va dire, parce que le Moto3 et le Moto2, c’était une super préparation.

Tu trouverais ça bien que le MotoGP s’ouvre à des fans totalement différents, qui ne sont pas forcément issus du milieu de la moto et qui viennent juste voir un spectacle ?

Là maintenant, je dirais que c’est intéressant de s’ouvrir, mais quand je vois parfois les gens qui remplissent les tribunes en F1, ça me rend triste. C’est bien qu’ils remplissent les tribunes en F1, mais ils ne connaissent pas le spectacle en MotoGP. La F1 a réussi à attirer des gens juste parce que ça semble à la mode et c’est cool. Ils viennent juste voir ça, et ça, ça m’attriste un peu.

Retrouvez les trois premières parties de notre interview :

Partie 1 : MotoGP, Interview exclusive, Johann Zarco : « Si Márquez prenait la Honda, il serait dans le top 5. Pourquoi pas nous ? »

Partie 2 : MotoGP, Interview exclusive, Johann Zarco : « Sur certains aspects, Diogo Moreira me fait penser à Marc Márquez »

Partie 3 : MotoGP, Interview exclusive, Johann Zarco : « Marc Márquez est au-dessus du commun des sportifs »

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