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Johann Zarco

En 2025, Honda a décidé de prolonger Johann Zarco pour deux saisons supplémentaires chez LCR Honda, le liant jusqu’à fin 2027. Sur le papier, une marque de confiance. En interne, en revanche, la décision n’aurait pas fait l’unanimité. Loin de là…

Car derrière la victoire héroïque du Mans et le podium de Silverstone, la saison du Français a surtout été marquée par l’irrégularité. Douzième du championnat, meilleur pilote Honda… mais avec seulement six points d’avance sur Luca Marini. Un bilan solide, sans être renversant. Et un contrat qui dépasse le cycle habituel du marché actuel.

La victoire au Mans, première pour Honda depuis 2023, a été l’un des grands moments de la saison. À domicile, dans des conditions piégeuses, Zarco a livré une performance magistrale. Il a confirmé avec une deuxième place à Silverstone.

Mais après le Grand Prix de Grande-Bretagne, la dynamique s’est effondrée : seulement deux top 10 jusqu’à la fin de l’année. Une seconde moitié de saison beaucoup plus terne, alors même que Honda améliorait progressivement la RC213V.

Malgré cela, le Français a terminé meilleur pilote de la marque. Suffisant pour justifier deux années supplémentaires ? C’est là que le débat commence.

Johann Zarco

Un contrat Johann Zarco signé… sans Alberto Puig

Un détail intrigue : Alberto Puig, directeur de HRC, n’aurait ni mené les négociations ni participé directement à la décision finale. Un élément qui alimente les rumeurs de dissensions internes.

Le journaliste Neil Morrison, dans le podcast Paddock Pass, a laissé entendre que le dossier Zarco restait sensible :

« Je perçois une certaine évolution au sein de LCR. Johann Zarco, par exemple, a un contrat de deux ans, qui court jusqu’en 2027. » Mais il va plus loin : « si l’on considère ses résultats, sa trajectoire, et celle de Honda, ainsi que les ambitions affichées par la marque, on pourrait imaginer une situation où Zarco serait peut-être payé pour aller piloter dans l’équipe d’essais de Honda ou pour participer au Championnat du monde de Superbike. »

Autrement dit : contrat ou pas, rien ne serait totalement figé.

L’idée serait simple : libérer un guidon en MotoGP, repositionner Zarco ailleurs — en équipe d’essais ou en WorldSBK — et faire monter un profil plus jeune, voire promouvoir Luca Marini.

Morrison insiste : « j’avais entendu dire que certains membres de la direction de Honda étaient loin d’être ravis que Zarco se voie offrir un contrat de deux ans, surtout compte tenu de la situation frénétique du marché des pilotes et de l’arrivée imminente de jeunes talents prometteurs en Moto2. »

Dans un marché 2027 déjà bouillonnant, verrouiller un pilote de 36 ans pour deux saisons peut sembler à contre-courant.

L’ancien directeur Honda, Livio Suppo, s’est montré encore plus direct dans le podcast Oxley Bom MotoGP. « Il a 36 ans, lui proposeriez-vous un contrat de deux ans ? Personnellement, non. »

Suppo rappelle sa philosophie : « la première saison, ils ont juste besoin d’apprendre. La deuxième saison, ils commencent à montrer quelque chose. La troisième saison, ils doivent se battre pour le titre. »

Et il ajoute, avec franchise : « avec tout le respect que je dois à Zarco… par conditions normales, il n’a gagné qu’une seule course dans sa vie. »  Soit le Grand Prix d’Australie sur la Ducati Pramac sur piste sèche …

Une remarque dure, mais révélatrice : Honda doit-elle investir dans l’expérience ou miser sur la jeunesse ?

Selon certaines sources, Zarco toucherait environ 4,5 millions d’euros par an chez LCR. Un salaire conséquent pour un pilote dont les résultats restent irréguliers. Dans une période où Honda restructure son projet 2027, la question du rendement devient inévitable.

Objectivement, Zarco a porté Honda dans sa période la plus difficile. Sa victoire au Mans restera historique. Il a apporté méthode, feedback technique et stabilité.

Mais Honda vise un retour au sommet avec la future réglementation 850 cc. Dans ce contexte, certains dirigeants pourraient préférer un profil plus jeune et aligné sur le prochain cycle.

Le contrat est signé. Mais en MotoGP, un contrat n’est jamais une garantie absolue. La question n’est plus seulement : Zarco mérite-t-il 2026 ? Elle devient : Honda peut-elle se permettre de figer son avenir jusqu’en 2027 ? Et ça, en interne, le débat ne semble pas clos.

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