Jorge Lorenzo ne parle jamais à la légère quand il s’agit de Marc Marquez. Et cette fois, le message est clair : à force de rester éloigné d’une MotoGP moderne, on finit par “perdre quelque chose”. Le quintuple champion du monde, estime que le #93 ne sera pas à 100% de ses capacités à l’entame de la saison 2026.
Après sa fracture de la clavicule et sa lésion ligamentaire à l’épaule consécutives à l’accrochage avec Marco Bezzecchi en Indonésie, Marc Marquez a été décidé qu’il ne roulerait ni en course ni aux essais afin de se concentrer sur sa récupération. D’abord jugée non opérable, la blessure a finalement nécessité une intervention. Les médecins se sont voulus rassurants : pas de séquelles durables attendues. Mais Lorenzo tempère l’optimisme.
Sur la chaîne Duralavita, Lorenzo a posé le cadre : « en MotoGP actuel, lorsqu’on reste longtemps sans piloter une de ces motos, on perd quelque chose. Bien sûr, petit à petit, on le retrouve, et avec un pilote du calibre de Marquez en plus… »
La phrase n’est pas une condamnation, mais un constat. Les MotoGP 2026 sont exigeantes, radicales, et l’hiver n’offre plus le luxe d’antan : seulement deux tests majeurs, Sepang et Buriram, là où il y avait autrefois six ou sept rendez-vous pour reprendre le rythme.

Jorge Lorenzo : « je pense que Marc Marquez le ressent, même un peu »
« Il n’y a eu que deux tests – Sepang et Buriram – contrairement à avant. Le temps passé en piste en hiver est très limité. » En clair : chaque tour compte. Et chaque semaine d’arrêt pèse.
Pendant que Marquez récupérait, d’autres affinaient. Marco Bezzecchi (Aprilia) et Pedro Acosta (KTM) arriveront en pleine forme, déjà en phase avec leurs machines et leurs réglages.
Lorenzo insiste : « quand des concurrents comme Bezzecchi, Acosta et Martín sont déjà en piste à son retour, cela ne nous donne aucun avantage. »
Il ne s’agit pas d’un jugement définitif, mais d’une mise en garde : l’inertie hivernale se paye cash au premier Grand Prix, en Thaïlande le 27 février.
Au-delà des chiffres, Lorenzo évoque le “ressenti”, ce petit décalage que seul le pilote perçoit :
« quand il est arrivé à Sepang, cela faisait quatre mois qu’il n’avait pas roulé à la suite de sa blessure. Je pense qu’il le ressent, même un peu. C’est mon avis. »
Ce “même un peu” est tout sauf anodin. En MotoGP moderne, un dixième au freinage, une hésitation à l’inscription, un doute sur l’épaule… et l’avantage change de camp.
Marc Marquez peut-il compenser ce déficit de roulage par son talent brut et son expérience ? Probablement. Peut-il revenir au sommet immédiatement ? C’est là que le débat s’ouvre. Reste que le championnat ne ralentira pas pour lui.
Lorenzo ne l’enterre pas. Il prévient. Dans un MotoGP où l’hiver est trop court et la concurrence trop affûtée, “perdre quelque chose” peut coûter très cher.
Contenders for the 1st Round of 2026 identified! 🔎#BuriramTest pic.twitter.com/K0btwe52Qg
— MotoGP™🏁 (@MotoGP) February 22, 2026
























