La scène a fait le tour des réseaux sociaux en quelques minutes : Fabio Quartararo, casque sur la tête, lève un doigt rageur en direction de sa Yamaha M1. Un geste bref, mais lourd de sens. À Buriram, à quelques jours du premier Grand Prix 2026, la frustration du champion du monde 2021 a explosé au grand jour.
La transition vers le moteur V4 devait marquer le renouveau de Yamaha Motor Company. Pour l’instant, elle ressemble davantage à un chantier inachevé.
À Sepang, un problème moteur a contraint l’usine d’Iwata à interrompre ses essais dès le deuxième jour. Quartararo s’est même blessé lors de la première journée. À Buriram, les difficultés persistent : 17e temps, à plus d’une seconde du leader. Le retard est structurel. Et visible.
La panne moteur survenue en Thaïlande a déclenché l’exaspération du Français. L’image virale de son doigt d’honneur n’a pas été appréciée en interne.
Le reporter Jack Appleyard a résumé l’ambiance devant le garage Yamaha :
« Fabio Quartararo a sans doute été la révélation de ces essais, sa frustration commençant déjà à exploser. »
Il ajoute : « ce sera un test de professionnalisme crucial pour Fabio et l’équipe Yamaha afin d’éviter que ces frustrations évidentes ne dégénèrent au fil de la saison. Le risque est réel. »
Le ton est grave. On ne parle plus seulement de performance, mais d’équilibre interne.

« Rien qu’en observant son langage corporel, Fabio Quartararo dégageait une impression de déception et de frustration extrême »
L’analyste Elliott York a décrit un Quartararo marqué : « rien qu’en observant son langage corporel, il dégageait une impression de déception et de frustration extrême. »
York précise que le pilote n’est pas naïf : « il savait qu’en début de saison, il ne serait pas facile de remettre cette V4 au point rapidement. »
Face à Ducati, Aprilia, Honda et KTM, toutes expérimentées avec des architectures V4, Yamaha part avec un handicap évident.
Les rumeurs d’un départ vers Honda en 2027 prennent une dimension nouvelle à la lumière de ces essais compliqués.
Selon Neil Hodgson, Quartararo pourrait même devenir la plus grande déception de la saison si la dynamique ne s’inverse pas rapidement. Le problème est double : performance insuffisante, climat émotionnel fragile.
Une phrase résume la situation : « Yamaha va devoir accepter sa défaite cette année et utiliser cette situation pour construire 2027. » Le constat est dur. Mais peut-être réaliste.
Pour Quartararo, l’enjeu dépasse le simple classement. Il joue son avenir, sa crédibilité, et sa capacité à rester pleinement investi dans un projet qu’il semble déjà prêt à quitter. À Buriram, la frustration était visible. En Thaïlande, ce sera le verdict de la piste. Et le temps, lui, commence à manquer.

























