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Carlos Ezpeleta, à 35 ans, n’est pas officiellement à la tête du MotoGP, mais son influence au sein de Dorna Sports dépasse largement son mandat. Fils de Carmelo Ezpeleta, patron historique depuis 1988, il incarne déjà la transition stratégique d’un championnat qui vient d’entrer dans une nouvelle ère. Depuis que Liberty Media a racheté 84 % de la société pour 3,1 milliards d’euros, la question n’est plus seulement sportive. Elle est industrielle, médiatique, globale.

À 79 ans, Carmelo Ezpeleta reste l’architecte du MotoGP moderne et demeure aux commandes des décisions majeures. Mais en interne, le rôle de Carlos ne cesse de s’étoffer. Il participe aux orientations stratégiques, structure les projets à long terme et prépare déjà le terrain pour la suite.

Le message envoyé au monde lors du lancement de la saison 2026, au pied des tours Petronas à Kuala Lumpur, n’avait rien d’anodin. Sous la pluie, malgré les imprévus, l’événement a démontré la capacité du MotoGP à se mettre en scène comme un produit global, spectaculaire, exportable.

L’objectif est assumé. « C’est notre objectif ultime. Nous y travaillons. »

Depuis le salon du Four Seasons, avec vue sur la skyline malaisienne, Carlos Ezpeleta résume sur motorsport la nouvelle ambition : faire entrer le MotoGP dans tous les foyers du monde.

Avant l’arrivée de Liberty, la structure était majoritairement contrôlée par Bridgepoint et le fonds de pension canadien CPPIB. Leur logique ? Rentabilité mesurée, rendement maîtrisé, horizon relativement court.

Ezpeleta est limpide sur la différence culturelle. « La différence de stratégie est très claire, entre un fonds financier dont l’objectif est beaucoup plus court terme en termes de rendement financier, disons entre un et trois ans, et un autre qui prend des décisions à plus long terme. »

Marc Marquez

Carlos Ezpeleta : « nous ne sommes pas pressés de monétiser le sport »

Puis il lâche la phrase clé, presque programmatique :

« Nous sommes pressés de jeter les bases de la croissance à long terme du MotoGP ; nous ne sommes pas pressés de monétiser le sport. » C’est tout le virage Liberty : construire d’abord, encaisser ensuite

Contrairement à ce que certains imaginaient, les nouveaux dirigeants ne se sont pas rués dans le paddock. Ni Chase Carey ni Sean Bratches n’y sont apparus régulièrement. En revanche, Derek Chang, PDG de Liberty, s’est montré beaucoup plus impliqué, notamment lors du sacre de Marc Marquez au Japon.

Durant l’hiver, Chang a multiplié les réunions avec les cadres madrilènes de Dorna pour comprendre les rouages internes du championnat. L’idée n’est pas d’imposer brutalement un modèle, mais d’adapter l’expertise acquise en Formule 1 à la réalité du MotoGP.

Pour Carlos Ezpeleta, l’appui de profils comme Sean Bratches ou Chase Carey est un atout stratégique majeur.

« Les chiffres de croissance sont très positifs ; nous l’avions déjà constaté en fin d’année dernière. Mais pouvoir compter sur Sean Bratches, Chase Carey et Derek Chang dans le processus décisionnel, avec toute leur expertise, est véritablement inestimable. »

S’il fallait résumer la feuille de route en un mot, ce serait celui-là : branding. « Quel est l’objectif principal actuellement ? La marque, la marque et encore la marque. La développer, gagner des adeptes à travers le monde, accroître son rayonnement. »

Le lancement à Kuala Lumpur, inauguré l’an dernier à Bangkok, n’est pas qu’un show. C’est un outil marketing. MotoGP Forward, la journée de conférences organisée à Barcelone avec équipes et sponsors, participe de la même logique : créer un écosystème, un sentiment d’appartenance, une identité forte.

D’ailleurs, le changement de nom de Dorna en « MotoGP Sports Entertainment » n’est pas un détail. Il symbolise la mutation d’un promoteur sportif en plateforme globale de divertissement.

Le MotoGP a longtemps reposé sur la pureté de la compétition et la passion des fans historiques. Désormais, la bataille se joue aussi sur les écrans, sur les marchés émergents, sur la capacité à raconter des histoires au-delà du paddock.

Carlos Ezpeleta n’est peut-être pas encore officiellement aux commandes. Mais dans les faits, il est déjà l’homme qui prépare le MotoGP version 2030.

Et avec Liberty derrière lui, la question n’est plus de savoir si le championnat va changer. La question est : jusqu’où ?

Bezzecchi

 

 

 

 

 

 

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