Moto GP
Publié le 18 octobre 2026 • 19:00 par André Lecondé

MotoGP : les pilotes veulent leur propre syndicat… mais qui osera tenir tête aux patrons du paddock ? Aleix Espargaró répond …

Les pilotes MotoGP envisagent une association indépendante et le nom d'Aleix Espargaró revient avec insistance pour sa présidence.

Aleix Espargaró

Les pilotes MotoGP réclament davantage de poids dans les décisions qui façonnent leur championnat. Entre les nouvelles qualifications de 2027, les contraintes promotionnelles et les polémiques sur la pression des pneus, l’idée d’une association indépendante refait surface. Un nom circule déjà pour la présider : Aleix Espargaró. L’ancien pilote Aprilia, désormais essayeur Honda, se dit intéressé. Mais son enthousiasme se heurte à une réalité : défendre les intérêts de ses anciens adversaires pourrait devenir un travail à plein temps.

À Mandalika, les discussions ne se limitaient pas aux performances des Ducati et des Aprilia. Le nouveau format des week-ends MotoGP, prévu pour 2027, a également provoqué de nombreuses réactions. Une séance de qualifications supplémentaire, moins de temps de piste et la disparition du warm-up dominical : autant de changements qui concernent directement les pilotes.

Le problème ? Ceux-ci estiment ne pas avoir suffisamment participé aux décisions. Et cette frustration remet sur la table une vieille idée : créer une véritable association de pilotes.

En Formule 1, les pilotes ont leur GPDA. En MotoGP, toujours rien

La Formule 1 possède depuis longtemps sa Grand Prix Drivers’ Association, une structure permettant aux pilotes de défendre collectivement leurs intérêts. En MotoGP, aucun organisme équivalent ne rassemble l’ensemble de la grille.

Les pilotes disposent pourtant d’un espace de dialogue avec les responsables du championnat : la Commission de sécurité, organisée lors des Grands Prix.Mais selon la direction du MotoGP, la participation à ces réunions reste irrégulière et insuffisamment coordonnée.

Quant aux décisions réglementaires et commerciales, elles passent principalement par les accords entre l’organisateur, les constructeurs et les équipes. Les intérêts des pilotes sont donc censés être relayés par leurs employeurs.

Une architecture qui pose une question évidente : une équipe peut-elle toujours défendre les intérêts de son pilote lorsque ceux-ci divergent de ses propres impératifs sportifs ou commerciaux ?

Aleix Espargaró, le président idéal ?

Dans le paddock, le nom d’Aleix Espargaró revient naturellement. L’Espagnol connaît les rouages du championnat, possède une longue expérience de la catégorie reine et n’a jamais hésité à exprimer publiquement ses désaccords. Désormais pilote d’essai Honda, il conserve un contact direct avec les exigences techniques du MotoGP.

Interrogé à Mandalika, il a reconnu son intérêt pour cette responsabilité. « Ce serait absolument intéressant pour moi d’être président d’une association. Une telle association serait très importante et est demandée par de nombreux pilotes depuis longtemps. »

Une déclaration qui confirme l’existence d’une attente au sein du peloton. Mais pas celle d’une candidature officielle. Car Espargaró connaît également les contraintes d’une telle fonction.

Aleix Espargaró

Pour Aleix Espargaró, Honda et la famille passent avant la politique du paddock

L’ancien pilote Aprilia n’entend pas sacrifier son activité de développement. Après sa blessure, son absence au guidon lui a rappelé à quel point il tenait à son rôle chez Honda. « Honda m’a beaucoup manqué, tant pour le pilotage que pour mon implication dans le développement de la moto. »

Il souhaite donc continuer à rouler en 2026 et en 2027. Surtout, Espargaró ne veut pas transformer sa retraite de pilote titulaire en une nouvelle vie passée sur tous les circuits du calendrier. « Pour moi, la famille est la chose la plus importante. »

Entre les essais, les engagements sportifs et sa vie personnelle, il ne s’imagine pas suivre l’intégralité du championnat pour défendre les intérêts de ses collègues. Il laisse néanmoins une possibilité ouverte. « À l’avenir, il ne faut jamais dire jamais. »

Le vrai problème : trouver une voix indépendante

L’intérêt d’une association ne se limiterait pas aux questions de sécurité. Les pilotes pourraient également chercher à peser sur les calendriers, les formats sportifs, les obligations promotionnelles ou encore les conditions de travail.

Les controverses récentes montrent combien ces sujets peuvent devenir sensibles. Mais créer une structure ne suffirait pas. Il faudrait définir son financement, son indépendance vis-à-vis des constructeurs, sa représentativité et surtout sa capacité réelle à influencer les décisions.

Un président respecté ne remplacerait pas, à lui seul, un mandat collectif clair. Aleix Espargaró possède peut-être le profil pour incarner cette évolution. Il n’a simplement pas encore la disponibilité nécessaire pour la conduire. Et c’est tout le problème du MotoGP : les pilotes veulent enfin parler d’une seule voix, mais ils doivent encore trouver celui qui aura le temps — et la liberté — de la porter.

Johann Zarco

 

 

Retrouvez Paddock GP dans vos recherches Google

Choisissez Paddock GP comme source préférée pour voir plus souvent nos articles dans « À la une », lorsqu'ils correspondent à vos recherches.

Vous choisissez et gérez vos sources directement sur Google.