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Marc Marquez

Si Austin a été un séisme, les répliques sismiques se font entendre dans les analyses des plus grands experts. Le diagnostic est unanime et brutal : Marc Marquez n’est plus l’épicentre du MotoGP, et son incapacité à retrouver son trône entraîne Ducati dans une spirale d’incertitude inédite. Ruben Xaus, Luca Cadalora et Ramon Forcada brossent un portrait sans concession du déclin de Ducati et de l’impasse physique de Marc Marquez en ce début de saison 2026.

Il y a des phrases qui claquent comme des verdicts. Celle de Ruben Xaus en fait partie. Pas de détour, pas de prudence inutile : le constat est posé, brutal, presque dérangeant. « Celui qui n’a pas évolué, c’est Marc Marquez ; les autres ont fait un bond en avant. »

Dans un MotoGP où tout s’accélère, où les motos changent, où les pilotes s’adaptent en permanence, rester au même niveau revient déjà à reculer. Et c’est exactement ce que certains commencent à voir chez le numéro 93.

Mais réduire la situation à une simple question de performance serait une erreur. Ce que décrit Xaus va beaucoup plus loin. Il parle d’un basculement plus profond, presque humain.

« Quand on a 20 ou 25 ans et qu’on ne vit que pour la moto, on ne pense qu’à ça toute la journée. Du réveil au coucher. Ce ne sont que des motos, des motos, des motos… on respire motos. Puis parfois, on lève le pied à cause d’une blessure ou parce qu’on voit les choses différemment, avec l’âge. »

Dit autrement : le Marquez d’aujourd’hui n’est plus celui d’hier. Et dans un sport où chaque détail compte, ce genre d’évolution peut peser lourd.

Xaus ajoute un élément rarement évoqué publiquement, mais loin d’être anodin : « il y a aussi la situation dans leur vie personnelle, la famille Marquez, qui a cessé de vivre ensemble cette année. Il faut également préciser qu’ils s’entraînaient ensemble tous les jours. On est constamment en alerte mentale. »

Moins de routine, moins de repères, moins de pression interne aussi… Tout ça change un équilibre. Et en MotoGP, l’équilibre, c’est tout.

Chez Ducati, le sujet devient presque sensible. Parce que si Marquez n’est pas à 100 %, c’est toute la structure qui vacille. Luca Cadalora ne tourne pas autour du pot :

« Les difficultés de Ducati proviennent principalement de la condition physique de Marc Marquez. »

Et il précise, sans embellir : « Marquez court peut-être à 90 % de ses capacités, voire moins, car il n’est pas encore complètement remis, notamment de sa blessure à l’épaule. »

Ce “90 %”… c’est peut-être là que tout se joue. Parce qu’en MotoGP, 10 % de moins, c’est énorme. C’est la différence entre dominer… et subir.

« Le fait que Marc Marquez ait du mal sur sa moto est un signe alarmant que quelque chose ne va pas »

Ramon Forcada pousse l’analyse encore plus loin, et là, on touche quelque chose de structurel. « Si le leader n’est pas à 100 %, l’usine perd le cap. »

Ce n’est plus seulement Marc Marquez qui est en question. C’est Ducati dans son ensemble.

Une équipe qui, depuis des années, avançait avec des certitudes… et qui aujourd’hui semble chercher une direction.

Forcada rappelle aussi le paradoxe récent de Marquez : « je pense qu’un pilote qui a connu des blessures et de graves chutes… qui réalise la meilleure année de sa carrière après une blessure importante, puis se blesse à nouveau soudainement après avoir remporté le championnat et n’est pas rétabli en cinq mois… cela devrait interpeller. »

Puis vient la phrase qui fait vraiment réfléchir : « pour moi, le fait que Marc ait du mal sur sa moto est un signe alarmant que quelque chose ne va pas… » On n’est plus dans le doute. On est dans l’inquiétude.

Car pendant que Marc Marquez lutte, les autres, eux, progressent. Aprilia impose son rythme. Les jeunes montent en puissance. Le niveau global grimpe. Et dans ce contexte, rester au même niveau, même très élevé… ne suffit plus.

Ce que disent Xaus, Cadalora et Forcada, chacun à leur manière, converge vers la même idée : le problème n’est pas uniquement technique, il n’est pas uniquement physique, il est global.  Un mélange de corps, de mental, de contexte… et peut-être même de temps qui passe.

Marc Marquez reste Marc Marquez, personne ne le conteste. Mais aujourd’hui, une question commence à s’imposer dans le paddock. Et si, pour la première fois, il était en train de courir… après les autres ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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