Et si le dixième titre mondial de Marc Marquez était aussi le signal de son départ ? En septembre, Neil Hodgson envisageait déjà une retraite dès la fin de la saison 2026. Aujourd’hui, Andrea Dovizioso rejoint cette réflexion, mais avec un scénario différent : une dernière campagne en 2027, davantage par respect pour Ducati que par ambition sportive. Deux anciens adversaires, deux calendriers, mais une même intuition : Marquez pourrait bientôt estimer qu’il n’a plus rien à prouver. Et pourtant, son contrat court jusqu’en 2028.
À 33 ans, Marc Marquez se trouve devant un paradoxe. Il vient de prolonger son engagement avec Ducati jusqu’en 2028, mais son avenir sportif suscite déjà des interrogations. Non parce qu’il ne serait plus compétitif. Bien au contraire. À cinq Grands Prix de la fin, il ne compte que deux points de retard sur Jorge Martin et peut encore décrocher un dixième titre mondial. C’est précisément cette perspective qui nourrit les hypothèses de retraite.
Hodgson avait déjà imaginé une sortie au sommet
En septembre, Neil Hodgson avait ouvert le débat. L’ancien champion du monde Superbike n’excluait pas que Marquez remporte le championnat 2026 avant d’annoncer immédiatement son départ. « Je ne serais pas surpris qu’il remporte ce titre… at qu’il décide à la fin de l’année de prendre sa retraite. »
Une hypothèse radicale, fondée sur l’idée qu’un champion peut choisir de partir lorsqu’il estime avoir atteint son objectif ultime. Avec dix couronnes mondiales, dont huit dans la catégorie reine, Marquez égalerait Giacomo Agostini au nombre de titres dans cette dernière.
Après ses blessures, ses opérations et sa spectaculaire reconstruction sportive, un tel accomplissement aurait une portée particulière. Mais Andrea Dovizioso imagine une conclusion légèrement différente.
Dovizioso : « Marc Marquez sera en paix avec lui-même »
Dans son podcast 04, The Dovizioso Podcast, l’ancien rival de Marquez estime qu’un nouveau sacre pourrait modifier profondément les motivations de l’Espagnol. « J’ai le sentiment que s’il parvient à remporter le titre cette année, il sera bien, il sera en paix avec lui-même, et il ne cherchera rien d’autre. »
Dovizioso prend soin de préciser qu’il ne dispose d’aucune certitude. « Ce sont des choses que seul son entourage proche connaît. » Mais contrairement à Hodgson, il n’imagine pas nécessairement une retraite immédiate. Selon lui, Marquez pourrait disputer la saison 2027 avant de raccrocher définitivement. Et la raison avancée est particulièrement révélatrice.
Une dernière année pour Ducati, mais sans obsession du titre ?
« Je m’attends à ce que, même s’il gagnait cette année, il participe encore à la saison prochaine, davantage par respect pour Ducati, parce qu’il ne veut pas leur causer de problèmes. »
Autrement dit, Marquez pourrait honorer une partie de son engagement tout en abordant la compétition avec un état d’esprit différent. L’arrivée des nouvelles 850cc et des pneumatiques Pirelli offrirait également une dernière curiosité technique.
Dovizioso envisage même une saison sans l’intensité habituelle de la quête du titre. « S’il est rapide, il tentera peut-être sa chance, mais sans aucune attente, sans l’aborder comme cette année où il s’est donné à fond. »
Un scénario étonnant pour un pilote dont l’identité sportive repose précisément sur son refus de renoncer. Et surtout, une hypothèse qui n’engage que Dovizioso.
Un contrat jusqu’en 2028… et une promesse à Maximo Quiles
Ducati a pourtant sécurisé son champion pour les deux premières saisons de la nouvelle réglementation. Une retraite fin 2027 signifierait donc une rupture anticipée de cet engagement.
Un autre élément complique encore le scénario : Maximo Quiles. Le jeune Espagnol, récemment sacré champion Moto3 à Mandalika, affirme que Marquez lui a promis de l’attendre pour qu’ils puissent un jour s’affronter en MotoGP.
Mais Quiles doit encore franchir l’étape du Moto2, et son arrivée dans la catégorie reine pourrait intervenir trop tard pour correspondre au calendrier imaginé par Dovizioso. Le journaliste Cosimo Curatola raconte d’ailleurs que Marquez aurait accueilli avec incrédulité une question sur cette future confrontation.
Une anecdote qui ne tranche rien, mais souligne combien les intentions du champion restent difficiles à déchiffrer.
Le corps décidera-t-il pour Marc Marquez avant la motivation ?
Marquez a lui-même déjà reconnu que les contraintes physiques pourraient peser davantage que son envie de courir. Jorge Lorenzo avait déjà rappelé qu’aucun champion ne pouvait indéfiniment échapper au déclin. C’est peut-être là que les analyses de Hodgson et Dovizioso se rejoignent réellement.
Le dixième titre ne constituerait pas nécessairement une raison de partir, mais pourrait rendre cette décision plus facile à accepter. Hodgson imagine une sortie immédiate, au sommet de la gloire. Dovizioso préfère le scénario d’un dernier tour de piste en 2027.
Pour l’instant, aucun des deux ne rapporte une décision de Marquez. Mais leur convergence révèle une interrogation grandissante : après avoir tout reconquis, combien de temps le numéro 93 voudra-t-il encore payer le prix physique de ses ambitions ? Et si son dixième titre mondial était moins le début d’un nouveau règne que le dernier chapitre d’une carrière exceptionnelle ?









