Pedro Acosta ne cache pas sa curiosité. À l’annonce du transfert du Grand Prix d’Australie vers un circuit urbain à Adélaïde en 2027, le pilote KTM a eu une réaction en deux temps, aussi sincère que pleine de sous-entendus. Devant les médias réunis à Buriram pour les derniers essais de présaison, il a lâché une phrase qui résume le paradoxe de tout un championnat.
Le MotoGP va quitter Phillip Island en 2027 pour poser ses valises dans les rues d’Adélaïde. Un séisme pour les puristes. Un pari stratégique pour MotoGP Sports Entertainment. Et au milieu de la tempête ? Pedro Acosta.
Le pilote KTM Factory Racing ne rejette pas l’idée. Mieux : il l’assume. Mais avec un sourire en coin. Interrogé avant les essais de Buriram, Acosta a lâché une phrase qui résume tout le paradoxe :
« Une course sur un circuit urbain, ça me tente bien, sachant que j’adore l’île de Man… Mais beaucoup de gens détestaient cette course, donc c’est assez étrange. »
Le MotoGP s’est progressivement éloigné du rendez-vous Isle of Man TT, pourtant berceau du championnat du monde en 1949.
Pendant des années, le paddock a pris ses distances avec les courses sur route jugées trop dangereuses.
Et aujourd’hui ? On parle de prototypes de 300 chevaux dans les rues d’Adélaïde. Difficile de ne pas y voir une contradiction.
Le départ de Phillip Island fait mal. Ce circuit, présent quasi sans interruption depuis 1997, est considéré comme l’un des derniers tracés « old school » du calendrier.
Viñales, plus pragmatique que Pedro Acosta : « si le championnat on change, c’est qu’il y a une raison«
Acosta ne cache pas son pincement au cœur : « c’est probablement le seul circuit légendaire encore au calendrier, un circuit d’antan… C’est triste de perdre ça. »
Chez Maverick Viñales, pilote Red Bull KTM Tech3 on regarde plus loin sur crash.net : « Phillip Island est magnifique, mais si le championnat change, il doit y avoir une raison. »
Le futur Grand Prix urbain d’Adélaïde sera une première dans l’histoire moderne du MotoGP. Pas Monaco. Pas Singapour version moto. Un projet redessiné, adapté, censé intégrer de vraies zones de dégagement.
Mais l’image frappe : des MotoGP à 340 km/h entre trottoirs et parcs publics. Pour les fans, c’est un choc.
Pour Acosta, c’est un terrain de curiosité. Il adore le TT. Il aime les défis. Mais il pointe aussi l’ironie : le paddock a longtemps pris ses distances avec la course sur route… et le voilà prêt à explorer un concept urbain.
Ce débat dépasse l’Australie. Il interroge l’identité même du MotoGP : conserver ses circuits mythiques, ou basculer vers un modèle plus spectaculaire, plus urbain, plus “événementiel” ?
Phillip Island incarne l’histoire. Adélaïde symbolise la nouvelle ère.
Et Acosta ? Il incarne la génération qui navigue entre les deux mondes. Curieux. Lucide. Pas naïf.
Le MotoGP 2027 s’annonce déjà électrique. Et si cette controverse n’était que le début d’un virage bien plus large ?

























