Après des années dorées avec Ducati, Pramac Racing entame une nouvelle ère sous pavillon Yamaha. Et pas n’importe laquelle. 2026 ne sera pas une simple saison de transition : c’est une année charnière pour tout le projet V4 d’Iwata, une refonte technique majeure qui pourrait redessiner l’équilibre du MotoGP avant le grand basculement réglementaire de 2027. À la tête du projet, Gino Borsoi affiche un optimisme combatif…
« Nous espérons que cette nouvelle dynamique nous donnera l’énergie nécessaire pour redresser la situation après 2025, une année qui ne s’est pas déroulée comme prévu, mais 2026 sera une tout autre histoire. »
Le ton est donné : pas question de revivre une saison d’adaptation subie. Pramac veut redevenir un acteur moteur, au sens propre comme au figuré.
Pour développer une Yamaha entièrement nouvelle, désormais équipée d’un moteur V4, Pramac a constitué un duo aussi stratégique que symbolique : l’expérience brute de Jack Miller et la fougue du triple champion WorldSBK Toprak Razgatlioglu.
Borsoi assume sur motosan cette complémentarité :
« C’est une nouvelle philosophie et un nouveau pilote avec un nouveau style, une nouvelle façon de piloter inédite en MotoGP, associée à un pilote expérimenté comme Jack, qui a déjà piloté d’autres motos à moteur V4. Je dirais donc que nous avons le duo idéal. D’un côté, un pilote expérimenté, et de l’autre, un pilote novice. »

Gino Borsoi : « cette année est décisive pour nous, pour Yamaha. Ce nouveau projet doit fonctionner »
Le message est clair : Razgatlioglu apporte un regard neuf, un style radicalement différent, presque disruptif dans l’univers très codifié du MotoGP. Miller, lui, incarne la mémoire technique des V4 modernes, fort de ses passages chez Ducati et KTM.
« Jack est un pilote capable d’obtenir des résultats significatifs. Son expérience acquise chez Ducati et KTM lui a apporté des informations importantes et intéressantes ; il contribue également à offrir une perspective différente. »
Dans un projet aussi ambitieux que fragile, l’équilibre humain du garage devient aussi crucial que la fiche technique.
Borsoi ne tourne pas autour du pot : cette saison doit servir de fondation pour 2027, lorsque tous repartiront avec les nouvelles 850 cc.
« Cette année est décisive pour nous, pour Yamaha. Ce nouveau projet doit fonctionner, il doit être compétitif. Il servira de base pour 2027, année où la réglementation changera pour tous. Nous repartirons donc de zéro et chacun aura l’opportunité de concevoir une excellente moto. Jack est un élément essentiel de ce projet. »
Dans le fond, Pramac joue un rôle bien plus large que celui d’une simple équipe satellite : elle devient un laboratoire avancé du V4 Yamaha, un terrain d’expérimentation à haute pression.
En fin d’entretien, Gino Borsoi a laissé échapper une ouverture intrigante concernant Jorge Martin, aujourd’hui lié à Aprilia.
Sans rien promettre, il a glissé : « Toprak avec Martin formerait une excellente équipe, tout comme Toprak et Jack Miller cette année. On ne sait jamais ; la carrière d’un pilote est courte, mais il est important pour lui d’intégrer une équipe où il se sent à l’aise. »
Et d’ajouter, presque malicieusement : « Je ne dis pas qu’il ne se sent pas bien chez Aprilia, loin de là, mais s’il veut retourner auprès de sa famille… nous l’accueillerons à bras ouverts. »
Simple courtoisie ou ballon d’essai stratégique ? En MotoGP, les phrases anodines sont rarement innocentes.
Pramac aborde 2026 avec une mission claire : prouver que le V4 Yamaha peut devenir une arme crédible. Entre le pragmatisme de Miller, l’audace de Razgatlioglu et l’ambition d’un constructeur qui joue son avenir technologique, le projet est aussi fascinant que risqué.
Et si le pari fonctionne, 2026 pourrait bien être le véritable point de départ du renouveau Yamaha.

























