À cinq (ou quatre ?) Grands Prix du dénouement, Marc Marquez se retrouve en état de siège. Le pilote Ducati n’accuse que deux points de retard sur Jorge Martin, mais son principal adversaire dispose potentiellement de quatre Aprilia pour défendre son avance. De son côté, l’Espagnol pourrait recevoir l’aide de son frère Alex, de Fabio Di Giannantonio, de Francesco Bagnaia ou même de Pedro Acosta, son futur coéquipier. Problème : aucun de ces soutiens n’est garanti. Et certains pourraient même devenir ses adversaires les plus encombrants !
Ducati : des alliés possibles, mais aucune consigne pour Marquez
Sur le papier, Ducati possède suffisamment de motos compétitives pour peser sur la lutte pour le titre. Fabio Di Giannantonio, Alex Marquez et Francesco Bagnaia ont totalisé neuf podiums en Grand Prix cette saison. Ils peuvent donc, dans certaines circonstances, s’intercaler entre Marc Marquez et Jorge Martin.
Mais selon El Periódico, la direction sportive de Ducati, autour de Gigi Dall’Igna, entend laisser ses pilotes libres de se battre jusqu’à la fin du championnat. Une liberté assortie d’un principe tacite : les intérêts du constructeur doivent rester prioritaires. Ne pas imposer de consignes ne signifie donc pas nécessairement qu’aucune intervention ne sera jamais envisagée si le titre se joue dans les derniers tours de Valence.
Pour l’instant, Marc Marquez semble d’ailleurs peu demandeur. Jeudi, à Phillip Island, il a estimé que les pilotes ayant suffisamment de vitesse n’avaient pas besoin d’une telle assistance. Une déclaration conforme à son tempérament. Mais qui pourrait être mise à l’épreuve par l’arithmétique du championnat.
Alex Marquez, Di Giannantonio, Bagnaia : trois alliés vraiment fiables ?
Alex Marquez constitue le soutien le plus naturel. Le pilote Gresini n’a évidemment aucun intérêt personnel à voir son frère perdre le championnat. Mais il possède aussi ses propres ambitions et quittera Ducati pour KTM en 2027.
Son aide pourrait donc être spontanée, sans nécessairement prendre la forme d’une consigne officielle. Fabio Di Giannantonio représente un cas beaucoup plus délicat. Pilote VR46, il évolue dans une structure liée à Valentino Rossi, dont Marc Marquez cherche à dépasser le total de sept titres mondiaux en catégorie reine.
Imaginer VR46 demander explicitement à son pilote de faciliter le sacre de Marquez constituerait un retournement de situation spectaculaire. Jack Appleyard, intervenant sur la couverture officielle MotoGP, doute d’ailleurs de voir Di Giannantonio s’écarter volontairement.
Quant à Francesco Bagnaia, sa situation est encore différente. Le double champion du monde traverse une saison difficile et rejoindra Aprilia en 2027. Il demeure néanmoins pilote officiel Ducati jusqu’au terme du championnat. Rien ne permet d’affirmer qu’il refuserait d’aider son constructeur.
Mais entre respecter les intérêts de Ducati et sacrifier volontairement son propre résultat, il existe une différence considérable.
![]()
Pedro Acosta : le futur coéquipier qui pourrait tout changer
Pedro Acosta roule encore pour KTM, mais rejoindra Marc Marquez chez Ducati en 2027. Cinquième du championnat, l’Espagnol reste mathématiquement concerné par la course au titre, même si ses chances sont extrêmement réduites. Sa vitesse pourrait néanmoins le placer au cœur d’un duel décisif entre Martin et Marquez.
Sur TNT Sports, Neil Hodgson estime qu’Acosta saura tenir compte de son avenir. Selon lui, si le championnat se décide à Valence, le jeune Espagnol pourrait éviter de compromettre le titre de son futur employeur. Hodgson imagine même l’accueil embarrassant qui attendrait Acosta chez Ducati s’il venait à priver Marquez du championnat juste avant son arrivée !
Michael Laverty défend une lecture opposée. Pour lui, Acosta est avant tout un compétiteur indépendant, davantage préoccupé par ses propres résultats que par les susceptibilités de son futur garage. Et c’est bien toute l’ambiguïté : Acosta pourrait aider Marquez sans qu’aucune consigne ne lui soit adressée, simplement en choisissant de ne pas prendre certains risques.
Mais il pourrait tout aussi bien lui disputer une position jusqu’au dernier virage. Pour l’heure, il ne s’agit que d’hypothèses formulées par les consultants, et non d’une intention exprimée par Acosta.
Aprilia : quatre motos et une stratégie qui pourrait évoluer
Chez Aprilia, la question des consignes se pose différemment. Jorge Martin mène le championnat, Marco Bezzecchi reste mathématiquement en lice à 46 points, tandis que Raul Fernandez et Ai Ogura peuvent régulièrement se mêler aux premières places.
Le constructeur dispose donc d’un avantage numérique potentiel. Mais celui-ci n’est pas encore organisé autour d’un seul pilote. Selon les informations rapportées par Jack Appleyard après Mandalika, Aprilia n’envisagerait d’éventuelles consignes qu’à l’approche des deux dernières manches, au Portugal et à Valence.
D’ici là, les pilotes conserveraient leur liberté. Une position qui arrange Bezzecchi, toujours candidat au titre, mais qui pourrait compliquer la tâche de Martin. La situation est d’autant plus particulière que le leader du championnat quittera Aprilia pour Yamaha en 2027, tandis que Bezzecchi restera à Noale. Si l’Italien perd définitivement ses chances de titre, acceptera-t-il de céder une position décisive à un coéquipier sur le départ ? La réponse n’est pas connue. Et Aprilia devra peut-être arbitrer entre la défense de son titre pilotes et les ambitions individuelles de ses représentants.
Alors, qui peut réellement aider Marc Marquez ?
- Alex Marquez : le soutien personnel le plus plausible, sans garantie d’un sacrifice en course.
- Di Giannantonio et Bagnaia : des pilotes Ducati capables d’influencer le classement, mais actuellement libres de défendre leurs résultats.
- Pedro Acosta : un allié indirect possible, dont le futur transfert chez Ducati nourrit les spéculations sans prouver aucune intention.
- Face à eux, Aprilia : quatre motos compétitives, avec la possibilité de resserrer sa stratégie lors des dernières manches.
Reste que le véritable allié de Marquez pourrait être… Marquez lui-même. Si Ducati ne souhaite pas organiser une escorte autour de lui, et si Acosta refuse de jouer les futurs coéquipiers accommodants, Marquez conserve une solution particulièrement efficace : battre Martin par ses propres moyens.
Reste que dans un championnat séparé par deux points, un frère, un futur coéquipier ou même un pilote VR46 pourrait finir par peser aussi lourd qu’une victoire. Et c’est précisément ce qui rend les dernières manches si explosives.





