La présaison devait poser les bases. Elle laisse surtout un goût amer à Maverick Vinales. À Buriram, le pilote Red Bull KTM Tech3 Maverick Viñales n’a pas masqué son agacement, pointant du doigt un programme de tests qui, selon lui, l’a empêché de travailler sur l’essentiel : sa moto de course.
Viñales a été direct : « je n’ai pas eu la chance de me concentrer sur le réglage de ma moto pour la course. »
Seulement 26 tours avec la même configuration. Une simulation de sprint à peine entamée. Et surtout, pas le temps nécessaire pour plonger dans l’électronique, élément clé sur une RC16 exigeante.
« Je sens que j’ai besoin d’au moins un jour de plus juste pour travailler sur l’électronique. » À quelques jours du Grand Prix de Thaïlande, ce n’est pas le genre de phrase qu’un pilote veut prononcer.
La simulation de sprint ? Acceptable. Le long relais ? Problématique. « C’était notre premier long relais, et nous devons améliorer notre rythme. C’est difficile de trouver une cadence. »
Viñales s’attendait à être plus haut dans la hiérarchie. « Je m’attendais à être beaucoup plus haut. Cette piste est compliquée. L’asphalte glissant ne convient pas à notre moto. »
Buriram expose les faiblesses : adhérence précaire, gestion du pneu arrière délicate, perte de vitesse en courbe.
L’Espagnol a identifié le point noir : « le principal problème était le freinage ; je ne pouvais pas utiliser efficacement l’adhérence arrière. »

Maverick Viñales : « Je savais exactement ce dont j’avais besoin après Sepang, et pourtant je me retrouve à tester les mêmes composants »
Et la spirale s’enclenche : « à mesure que l’adhérence arrière diminuait, je perdais une vitesse significative dans les virages, ce qui m’obligeait à ouvrir l’accélérateur plus tôt et à abîmer le pneu arrière. »
Moins d’adhérence, plus d’usure, moins de vitesse. Un cercle vicieux. « J’avais cinq jours pour travailler là-dessus pendant la présaison. Alors pourquoi en suis-je encore là à la veille du week-end de course ? »
Mais au fait, pourquoi retester les mêmes pièces ? C’est peut-être là que la frustration devient polémique.
Viñales révèle avoir dû retester des composants déjà écartés après Sepang. « Je savais exactement ce dont j’avais besoin après Sepang, et pourtant je me retrouve à tester les mêmes composants ici. »
Il reconnaît même qu’il aurait dû être plus ferme : « parfois, je devrais être plus affirmé sur mes instincts. » Sous-entendu : le pilote n’a pas totalement dicté la direction technique.
Le problème est simple : il n’y a plus de marge. « J’ai toujours l’impression d’avoir besoin de cette journée supplémentaire pour trouver la moto, mais le test est terminé. »
Prochain test officiel : Jerez, le 27 avril. D’ici là, ce sera la course. Et uniquement la course.
Faut-il y voir une crise chez KTM ? Pas forcément. Mais les signaux sont là : manque de temps de réglage individuel, instabilité au freinage, gestion du pneu arrière problématique, frustration du pilote vedette.
Dans un MotoGP ultra-serré, la moindre désorganisation se paie cash. Le Grand Prix de Thaïlande arrive. Et Viñales n’a pas la sérénité d’un pilote prêt à jouer le top 5.

























