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Toprak

C’est l’heure des pronostics ! Chaque début de saison, cette rubrique tente de deviner ce qu’il va se produire lors des prochains mois, en se focalisant sur tous les pilotes de la catégorie. Puis, à la fin de chaque article, l’auteur se mouillera avec une prédiction, mais attendra également la vôtre en commentaires ! Aujourd’hui, l’heure est venue de parler de Toprak Razgatlioglu.

Hier, nous sommes revenus sur le cas de Fabio Quartararo ; cliquez ici pour retrouver l’article en question.

 

Fin du suspense

 

J’attends de faire cet article depuis le début de ces prédictions. Concernant le Turc, j’ai un avis des plus tranchés ; comme pour Bezzecchi, je vais vous révéler mon pronostic dès maintenant, et vous l’expliquer après. Certains le voient se rater totalement, s’écraser, ne marquer que quelques points. Eh bien…

 

Toprak

Toprak est un personnage, oui, mais ça ne fait pas aller plus vite. Photo : Michelin Motorsport

 

je suis de ces gens-là. Je pense en effet que Toprak n’a presque aucune chance de réussir en MotoGP ; c’est mon avis le concernant. Avant toute chose, je souhaitais le féliciter chaleureusement pour avoir sauté dans le vide alors qu’il aurait pu enfiler les titres en Superbike. Franchement, je n’y croyais absolument pas, et pourtant, il m’a fait mentir en rejoignant la plus prestigieuse des catégories. Ça force le respect.

Dernière petite précision avant d’attaquer le dossier : je n’ai rien contre lui, et j’ai déjà loué son sens du spectacle par le passé. Ne croyez pas que cet article existe simplement pour le discréditer, car j’aimerais voir davantage de profils comme le sien sur nos grilles. Bon, allez, passons aux choses qui fâchent.

 

Un écart de niveau trop important

 

Je pourrais tenter de commencer par les paramètres qui ne dépendent pas de lui, comme les pneus Michelin, mais ça serait intellectuellement malhonnête de ma part. Pour moi, le niveau du championnat Superbike l’a desservi. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, le WSBK était peuplé de pilotes monstrueux, qui, eux, n’hésitaient pas à rejoindre le MotoGP avec succès.

On l’avait déjà senti avec le « semi-échec » de Ben Spies en MotoGP – je suis gentil. Sur bien des points, il était encore plus génial que Toprak en Superbike, lors de la seule saison qu’il a disputée. Et pourtant, à une époque où seules les cinq Japonaises d’usine pouvaient s’imposer, il était bien loin du niveau de Lorenzo, Pedrosa, ou Stoner.

Depuis l’ère Jonathan Rea, j’ai l’impression que c’est encore pire. Le niveau a encore chuté d’un cran. Qui a dominé le Superbike récemment ? Toprak, oui, mais aussi Alvaro Bautista, qui, au crépuscule de sa trentaine, a fait le grand saut. Immédiatement, il était compétitif alors qu’il ne trouvait simplement plus de guidon en MotoGP. Que dire de Nicolo Bulega, pilote passable en Moto2 (!). Je pourrais continuer comme ça longtemps. Toprak a dominé, oui, mais dans une classe assez objectivement inférieure en compétition. Forcément, je pense que le contraste sera d’autant plus frappant en 2026.

 

Toprak dans une des pires situations

 

Allez, faisons abstraction de mon précédent point. Imaginons que Toprak Razgatlioglu débarque en MotoGP au sein de l’usine Ducati après trois titres WSBK. Là, on pourrait se poser de sérieuses questions. Mais regardez juste sa situation ! Il arrive dans une catégorie extrêmement relevée sur une moto qu’il ne connaît pas, mais pas n’importe laquelle : la Yamaha YZR-M1, qui vient de se doter d’un V4 pour la première fois de son histoire en MotoGP, à un an d’un changement de réglementation. C’est d’ailleurs la marque que j’imagine finir dernière du championnat constructeurs. J’ai pronostiqué une année très difficile pour Rins et Miller, deux pilotes d’expérience. Alors, il faudrait un miracle pour que Toprak, qui n’a aucune connaissance du style « MotoGP », s’en sorte.

 

Toprak

Je ne crois pas qu’il réussira davantage avec les pneus Pirelli, mais l’avenir nous le dira. Photo : Michelin Motorsport

 

Désastre annoncé ?

 

Ce n’est pas tout, car je n’ai pas encore évoqué le plus grave. À Sepang, « El Turco » a eu cinq jours pour ce faire à sa nouvelle monture, en ôtant la journée où le V4 Yamaha était déjà en carafe. Aux chronos, il était très loin, à près de deux secondes du meilleur temps. Bon, ça, c’est une chose, il ne faut pas trop s’y fier. Mais intéressons-nous à son ressenti.

Depuis Sepang, Toprak martèle que 2026 serait une « préparation pour 2027 ». D’entrée, ça ne sent pas bon. Il s’est avoué perdu, en disant qu’il se faisait piloter par la Yamaha plus qu’il ne la pilotait. Les pneus Michelin lui posent énormément de problèmes, pour lui qui est habitué aux Pirelli. Le style « MotoGP » en général, qui nécessite aujourd’hui une grande vitesse de passage en courbe, ne lui convient pas. Il s’est dit frustré de ne pas être rapide, incapable, de ses propres dires, de suivre Jack Miller (!) Honnêtement, je n’arrive pas à imaginer un scénario où cela se passera bien, et sa communication me fait très peur.

Là, il ne s’agissait que de tours rapides, mais comment s’en sortira-t-il en Q1 quand il faudra rendre une copie quasi parfaite pour éviter de passer un mauvais week-end ? Comment agira-t-il en bagarre face à des monstres tous très expérimentés ? C’est là mon dernier argument : à l’époque de Spies, on trouvait, sur la grille, des pilotes… juste corrects, pour rester poli. En 2026, il n’y a que des tueurs : rendez-vous bien compte qu’après la 15e place de mon classement, j’ai imaginé Alex Rins, vainqueur de Grands Prix pour deux marques différentes, et Enea Bastianini, troisième d’un championnat du monde ! La marche risque d’être simplement trop haute pour Toprak.

 

L’heure du pronostic !

 

Ma conclusion ne sera peut-être pas aussi pessimiste que le reste de mon article. Le MotoGP actuel, vu qu’il est très compétitif, permet à toutes les motos de se battre devant au moins une fois par saison, et, si les conditions s’y prêtent (circuit favorable, météo, etc.), alors Toprak pourra rentrer dans un top 5 ; tous sont capables d’y prétendre de nos jours. Mais à l’échelle d’une saison, je crains que le niveau global du MotoGP actuel couplé à son package ne ramène « El Turco » vers les tréfonds du classement plus souvent que l’inverse.

J’imagine Toprak terminer l’année 2026 autour de la dernière position, c’est-à-dire, entre la 20e et 22e place. Allez, je lui laisse le bénéfice du doute en pensant qu’il va tout de même faire un meilleur exercice qu’Alex Rins, pilote que je vois vraiment en bout de course. Mais puisse-t-il me surprendre et me faire mentir, car j’apprécie réellement le personnage.

Pensez-vous que je suis trop pessimiste le concernant ? Dites-le-moi en commentaires !

Pour rappel, cet article ne reflète que la pensée de son auteur, et pas de l’entièreté de la rédaction.

 

Mon avis est aussi celui de certains acteurs du paddock Superbike, dont Manuel Puccetti. Photo : Michelin Motorsport

 

Photo de couverture : Michelin Motorsport

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