C’est le genre de projet qui fait soit sourire les ingénieurs, soit trembler les assureurs. La Ryn FP3 est la preuve vivante que la passion mécanique finit toujours par trouver une faille dans le système, aussi étroite soit-elle. Bienvenue à bord de cet opus de Ryn Motors qui doit beaucoup à la moto avec son cœur de Suzuki Hayabusa.
Il y a des projets qui forcent le respect. Et d’autres qui posent franchement un problème. La Ryn FP3 appartient clairement à la deuxième catégorie. Sur le papier, tout est propre. Légal. Homologué. Dans la réalité… c’est une tout autre histoire.
Le principe tient en une phrase, et c’est presque dérangeant par sa simplicité : vous l’achetez comme une moto, vous l’utilisez comme une voiture de course.
Ryn Motors ne vend pas une voiture. Officiellement, non. La FP3 est livrée comme un véhicule à trois roues, classé, dans cinquante Etats américains, dans la catégorie des « autocycle ». Une zone grise réglementaire, beaucoup plus permissive. Et c’est là que le projet devient fascinant.
Parce qu’une fois la machine livrée, une fois qu’elle est chez vous… libre à vous de la modifier. D’ajouter une quatrième roue. De la transformer, en pratique, en véritable monoplace. Sans jamais avoir eu à passer par les contraintes d’homologation d’une voiture.
Le cœur du monstre, lui, ne trompe personne. On parle d’un moteur de Suzuki Hayabusa. Un bloc connu pour encaisser, pour pousser, pour encaisser encore.

Ryn FP3 Hayabusa : 517 kg, 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. Jusqu’à 2,6 G en virage
Mais ici, il change complètement de dimension. 210 chevaux en version de base. Jusqu’à 290 chevaux avec un turbo. Le tout dans un engin qui ne dépasse pas les 517 kg. Autant dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes : 0 à 100 km/h en 2,8 secondes. Jusqu’à 2,6 G en virage. Ce ne sont plus des performances de route. Ce sont des performances de course.
Visuellement, il n’y a pas d’ambiguïté. La FP3 est basse, extrêmement étroite, avec un cockpit ouvert et un halo qui rappelle directement la Formule 1. Ce n’est pas une inspiration. C’est une déclaration.
L’aérodynamique suit la même logique. Plus de 300 kg d’appui annoncés. Plus on accélère, plus la voiture colle au sol.
Ajoutez à ça une transmission par chaîne — oui, comme une moto — et on obtient un objet complètement hybride. Un truc qui n’a, en réalité, plus grand-chose à voir avec ce que la réglementation était censée encadrer.
Ce genre de projet ne se brade évidemment pas. Il faut compter environ 78 000 dollars pour la version standard. Plus de 100 000 dollars si on veut la version turbocompressée.
Les premières livraisons sont annoncées entre fin 2026 et 2027. Et malgré ça, le développement est encore en cours. Rien n’est totalement figé.
La FP3, au fond, n’est pas juste un délire d’ingénieurs. C’est une démonstration qu’on peut contourner les règles sans vraiment les enfreindre, qu’on peut jouer avec les catégories et qu’on peut créer un objet qui passe entre les mailles du filet.
La FP3 ne cherche pas à être raisonnable. Elle ne cherche même pas à être cohérente. Elle cherche à exister en dehors du cadre. Et c’est précisément pour ça qu’elle intrigue autant. Parce qu’au fond, ce n’est pas seulement une machine extrême. C’est une faille devenue produit.









