Lors d’une conférence de presse tenue en anglais dans son hospitality, Hervé Poncharal  a partagé son inquiétude face aux effets secondaires engendrés par la multiplication des teams d’usine.

Nous vous proposons ici une traduction de la partie centrale de ses propos.

Hervé Poncharal: “En ce moment, je ne suis pas un homme très heureux, pas un chef d’équipe très heureux. Nous avons perdu Bradley tôt dans la saison, maintenant Pol a pris sa décision de nous quitter.
Pourquoi, suis-je un peu inquiet en ce moment? J’ai le sentiment que pour le championnat, Dorna, la FIM et l’IRTA ont fait un excellent travail, tout va dans la bonne direction, en travaillant et en faisant pression pour avoir un ECU unique.

Depuis des années, nous n’avons clairement jamais eu des motos aussi proche des teams d’usine, que ce soit Tech3 par rapport à Yamaha ou les teams indépendants par rapport à Honda et Ducati.

Nous avons aussi insisté pour avoir plus d’usines et cela a fonctionné car il y a maintenant quatre marques qui sont clairement devant nous, plus deux autres qui travaillent dure et je suis sûr qu’elles seront compétitives très bientôt.

Mais quelles qu’en soient les raisons, et bien que nous ayons une machine très proche de celle d’usine, je ne sais pas si c’est une tendance ou une mode mais si vous êtes un jeune pilote rapide, il n’y a rien à part un guidon d’usine.

Je pense que c’est assez difficile pour nous de le digérer et de le comprendre car nous étions encore le team B il y a quelques années, mais je pense que nous sommes maintenant un team C.

J’ai toujours pensé que nous étions le Junior Team à l’intérieur de l’organisation Yamaha, mais sommes-nous le Junior Team pour Yamaha actuellement?
Je pense que la réponse est vraiment “non”, car à quand remonte la dernière fois où un pilote Tech3 a intégré le team d’usine? Je pense que c’est en 2010 avec Ben Spies, mais ce n’était pas réellement un pilote Tech3; c’était un pilote d’usine qui avait déjà gagné remporté le championnat du monde Superbike qui aurait dû rejoindre le team Factory plus tôt mais il n’y avait alors pas de place.

Et je pense maintenant vraiment que les Teams B sont les nouvelles usines, comme Suzuki et je ne sais pas si Ducati est B+ ou A-, quelque chose comme ça et, dans notre sport, je crois de plus en plus que nous voyons que ce sont les pilotes qui font la différence. Et clairement, vous avez 5, 6 ou 7 pilotes, en fait presque tous les pilotes qui peuvent se battre pour la victoire ou pour le podium, et tous ces gars ne sont intéressés que par un team d’usine.

C’est une mauvaise chose, parce que je me souviens qu’il y a quelques années, en 2012,  nous avons fait 8 podiums. Cela a bien changé et la dernière fois qu’un team satellite a gagné remonte à 2006 avec Toni Elias, au Portugal je crois.

C’est une situation difficile  car si vous n’avez pas le bon pilote, vous n’avez pas la bonne équipe qui attire les sponsors, et si vous n’avez pas de sponsors, vous avez encore moins de chance d’attirer un pilote prometteur, et vous tombez dans un cercle vicieux.
Donc oui, je suis un peu inquiet pour l’avenir des teams indépendants.

C’est un fait que je partage avec vous; tout le monde a fait un bon travail, on a tous œuvré à cela pour le championnat. Dans notre cas, Yamaha a joué le jeu et notre moto est vraiment très compétitive, mais quelle qu’en soit la raison, personne n’en veut! “

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