Les lignes bougent en Grand Prix et les horizons se dégagent. Des projets inédits alimentent la rumeur, mais pas seulement. Car des arguments développés en haut lieu et des plans sérieux viennent en appui des bruits de couloir. Vous avez aimé l’arrivée de Triumph comme motoriste du Moto2 ? Alors vous allez adorer la promesse d’un monocylindre Ducati de 250cc pour le Moto3.

Qui peut le plus, peut le moins. Voilà ce qui pourrait transpirer des propos du très sérieux et bien placé Gigi Dall’Igna, tout de même au poste de directeur général de Ducati Corse. L’homme ne s’exprime donc pas à la légère et il a confié à Speedweek l’intention de Ducati d’aller en 2019 en Moto3. Non pas seulement pour y afficher son nom sur un carénage et soutenir des jeunes pilotes à former. Non. Ducati irait en Moto3 avec son moteur.

L’Italien explique : « nous discutons sérieusement chez Ducati  à propos du Moto3. Je suis convaincu que ce serait un projet important non pas seulement pour Ducati Corse, mais pour l’avenir de  toute la marque Ducati. Il nous faudra procéder par étape. Ainsi, pour le moment, tous nos efforts sont dirigés vers la saison de  Jorge Lorenzo. Si tout fonctionne bien, on passera à l’étape suivante et celle-ci est le Moto3 ».

Gigi trace ensuite son plan de bataille : « nous aurons besoin d’un budget, nous aurons besoin d’employés, il y a donc encore beaucoup à faire et à discuter. Mais je suis convaincu que c’est une démarche qui sera significative pour toute la société Ducati ». Entendez par là qu’un monocylindre de 250cc ouvrira les portes des marchés émergents au blason de Borgo Panigale. Un secteur à fort potentiel dont profitent actuellement à plein KTM et Mahindra, sans parler de Honda.

Enfin, ce Moto3 serait l’occasion de faire une pierre deux coups. Elargir le marché de Ducati, mais aussi repérer les jeunes pilotes pour mieux les suivre. Une stratégie que Dall’Igna connaît bien pour l’avoir appliquée chez Aprilia : « le Moto3 a aussi une importance pour Ducati Corse. Si nous avons réussi à convaincre Jorge Lorenzo de nous rejoindre, c’est parce que je le connais depuis l’âge de 15 ans, lorsqu’il était chez Derbi en 125cc. Puis il a été sacré par deux fois en 250cc avec Aprilia. Ma bonne relation avec Iannone remonte du temps de la 125cc avec l’Aprilia. Il est très important d’apprendre à connaître les talents prometteurs dès leur plus jeune âge ».

Une légitimité en termes de marché à conquérir, le levier d’une politique de recrutement de qualité, les bonnes raisons d’aller en Moto3 sont là pour Ducati. Avec un Gigi Dall’Igna prêt à reconstruire un dispositif qu’il a connu chez Aprilia. Restera cependant l’écueil d’un Moto2 avec un moteur d’une firme concurrente. KTM a contourné l’obstacle en construisant son châssis. Pas sûr que cela suffise cette fois à convertir Ducati.

Tous les articles sur : Andrea Dovizioso, Jorge Lorenzo