C’est une analyse aux airs de contre-pied qu’a offert l’homme du HRC à GPone au sortir des derniers tests de Phillip Island. Trois jours de mise à l’épreuve qui ont révélé une Honda en meilleure forme qu’en Malaisie et a priori sur le bon chemin tandis les regrets sur les ailerons perdus se sont faits plus insistants, notamment chez Ducati. Pourtant, Livio Suppo rappelle que, l’an dernier, la RC213V s’était montrée également performante sur ce tracé. Si bien qu’il faut rester prudent. Un circuit qui ne serait pas révélateur sur les capacités aérodynamiques des motos. Une estimation opposée à celle des rouges.

Par contre, ce dont était persuadé Livio Suppo, c’était la performance montrée par Marc Márquez. Sur ce point, tout le monde était à l’unisson : « j’aurais été très surpris de ne pas y voir Marc très performant. Nous avons vécu trois jours de tests positifs même si on a un peu souffert le premier jour. Mais nous sommes plus satisfaits qu’en 2016. Phillip Island est une piste particulière et l’an dernier, nous y étions déjà performants malgré nos problèmes ».

Des soucis qui s’étaient avérés ensuite plus compliqués à résoudre. Et en effet, il y a un an, les tests de Phillip Island s’étaient terminés avec un Viñales en tête, mais sur une Suzuki, avec un temps de 1’29.131, devant la Honda de Marc Márquez en 1’29.158. Pendant ce temps, les Ducati avaient du mal à s’ancrer dans le top 10. Une physionomie retrouvée cette année mais avec des chronos plus rapides pour les hommes de tête. On rappellera que Viñales, sur la Yamaha, a réalisé un 1’28.549, devant Márquez en 1’28.843.

Il faut donc rester encore prudent sur le rapport des forces : « travailler sur une moto pendant des tests de trois jours est une chose et la faire évoluer durant un meeting de Grand Prix en est une autre » signale Livio Suppo. « Cela fait maintenant 21 ans que je suis dans le milieu et on en a vu des pilotes prometteurs lors des tests et qui semblaient être des favoris pour la saison. Par exemple Edwards lorsqu’il est arrivé chez Gresini. Certes, Márquez et Viñales sont différents, mais il est trop tôt pour se limiter à eux. Pedrosa a montré qu’il était là, Iannone a été rapide à Sepang. Ce championnat sera intéressant ».

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Et comment va la maison Honda ? « Le nouveau moteur semble bien marcher, il évolue sur tous les points et il n’a découvert la piste que depuis six jours. On cerne petit à petit son potentiel qui paraît être une étape supplémentaire par rapport à l’an passé. Mais une moto est un tout et on travaille pour harmoniser tous les composants ».

Reste un indicateur fort : le rythme en condition de course : « Maverick Viñales a remarqué le rythme de Marc dans ces conditions. Il a fait une série de seize tours dans la zone des 1’28.8. C’est un phénomène, il est très fort, mais rien n’est acquis. Il y a d’autres pilotes de haut niveau. C’est prématuré de désigner un favori. Pour ça, il faudra attendre jusqu’à la mi-saison ».

Enfin, Honda n’a encore rien révélé sur ses intentions aérodynamiques dans cette ère à présent post-ailerons : « je ne suis pas ingénieur, mais on a vu ces dernières saisons des évolutions aérodynamiques qui sont apparues, puis qui ont disparu. Tout le monde travaille là-dessus pour trouver de l’appui qui était généré par les ailerons. Mais je ne crois pas que Phillip Island soit la meilleure piste pour vérifier ces choses-là ».

Pourtant, Jorge Lorenzo s’est bien ressenti de l’absence de ces appendices sur sa Ducati. Les travaux officiels reprendront le 10 mars à Losail, mais à la fin de cette semaine, des Honda tourneront à Jerez pendant deux jours. Avec de nouveaux carénages ?