Comme chacun le sait, Jorge Lorenzo et Valentino Rossi ont tous les deux cassé un moteur au Mugello, sous les yeux du grand patron de Yamaha, monsieur Hiroyuki Yanagi.

Evidemment, cela fait un peu “désordre” et les conséquences ne sont pas non-plus les mêmes pour les deux pilotes, mais peu importe; faisons le point sur ce que l’on sait avant d’émettre quelques hypothèses.

Pour les deux pilotes Yamaha, il s’agissait de leur troisième moteur d’une allocation de sept.

Et ces moteurs, introduits à Jerez et ayant fait les courses de Jerez et du Mans,  avaient relativement peu de séances, donc de kilomètres, comme l’indique notre tableau récapitulatif (pour rappel, les 0,5 correspondent à la course Flag to Flag en Argentine, où les deux motos de chaque pilotes ont été utilisées).

moteurs

Nouveaux moteurs, peu de kilomètres, ruptures; l’idée qui vient d’abord à l’esprit est qu’il pourrait s’agir d’un nouveau type de moteur… C’est évidemment faux, puisque c’est interdit par le règlement; tous les moteurs fournis cette année doivent strictement être du même type que celui homologué en début d’année.

Alors vient à l’idée que, comme à l’époque du 2temps où l’on cherchait à appauvrir la carburation… jusqu’à la casse, de nouveaux réglages électroniques, par exemple pour avoir plus de puissance dans la longue ligne droite, auraient pu mettre en danger les moteurs en question.

Mais là non-plus, l’hypothèse ne tient pas, car d’une part ces derniers ont déjà fait les courses de Jerez et du Mans sans problème, et d’autre part, Silvano Galbusera lui-même, confirme qu’aucun changement n’a été effectué: “Rien de différent n’a été utilisé le dimanche, les moteurs sont scellés, fermés. C’est seulement de la malchance.”

La malchance peut être une explication en cas de rupture d’un moteur, mais certainement pas quand deux moteurs rendent l’âme à quelques heures d’intervalle, alors que la dernière défaillance moteur remonte pour Yamaha à 2007 à Misano (pour Rossi).

Les deux moteurs qui ont cassé avaient moitié de kilomètres que les #1 et #2, et celui de Valentino Rossi avait encore beaucoup moins de kilomètres que celui de Jorge Lorenzo, ce qui explique qu’on ne lui ait pas changé pour la course, malgré la rupture de celui de son coéquipier au warm up.

Dès lors, deux hypothèses semblent encore tenir la route:
– Une surcharge liée à la longue ligne droite du Mugello,
– Une mauvaise série d’un des composants du moteur. Et des composants, il y en a beaucoup, dans ce moteur, comme, par exemple, 7 pompes à huile!

Dans les deux cas, il y a de quoi s’inquiéter, car arrive dans une bonne semaine la longue ligne droite de Montmelo. Gageons que d’ici là, les endoscopes vont tout d’abord sérieusement ausculter les propulseurs endommagés (interdiction de briser les scellés, donc de les ouvrir, sous peine de voir les moteurs définitivement retirés) avant une ouverture plus que probable et un retrait du propulseur.

Dernière chose, pour conclure ce que l’on peut dire ce soir : les pilotes Tech3 ont validé leurs troisièmes moteurs au Mugello. Ils sont donc à priori tranquille jusqu’en Allemagne.
Là, par contre…
Mais d’ici là, Yamaha aura sans doute déterminer la cause des ruptures, et pris des mesures.

Tous les articles sur : Jorge Lorenzo, Valentino Rossi