En 2026, le paysage des courses annexes va changer de visage : une Harley Bagger Cup flambant neuve, lancée par Harley-Davidson, prendra la place du défunt Championnat du monde MotoE. Exit les prototypes électriques — place aux gros twin américains, coupleux, spectaculaires et résolument audibles.
La discipline, pensée comme une vitrine 100 % show, débutera avec six épreuves et pourrait s’étendre à terme à l’ensemble des week-ends MotoGP. Pour cela, Harley doit attirer des équipes professionnelles crédibles, capables d’assurer un niveau sportif convenable et une promotion solide.
« Vous reconnaîtrez quelques noms des catégories reines, mais il y aura aussi des jeunes talents », a promis Jason Kehl, responsable technique du programme Harley, à Speedweek.
Après avoir dominé la MotoE avec Granado et Casadei, l’équipe LCR apparaissait comme une candidate naturelle pour la transition vers ce nouveau championnat.
Mais son patron, **Lucio Cecchinello**, a coupé court à toute rumeur : « non, catégoriquement. »
Il explique pourquoi :
« Avec MotoE, Dorna nous avait approchés. J’ai consulté Honda, et nous avons estimé qu’il serait intéressant de s’engager pour apprendre, car la vision initiale était un championnat multimarque. Malheureusement, cela n’est jamais arrivé et il n’y a eu aucun retour d’information technologique. »

« Honda est en concurrence directe avec Harley-Davidson sur certains segments »
Là où MotoE pouvait s’inscrire dans une logique industrielle, la Harley Bagger Cup fait fausse route pour LCR.
« Avec la nouvelle catégorie des baggers, la situation est différente. Notre partenaire de longue date, Honda, est en concurrence directe avec Harley-Davidson sur certains segments. Et comme le concept est totalement différent, une implication serait hors de question, par pur respect pour Honda. »
Le message est clair : loyauté avant opportunités commerciales. Pour autant, Cecchinello ne dénigre pas cette nouvelle formule. Il y voit même un pari marketing judicieux :
« Il n’y a rien à redire sur cette série, car elle vise à attirer un public totalement nouveau vers le sport moto — une bonne approche pour développer davantage le MotoGP. »
Mais le patron — et désormais président de l’IRTA — assume une préférence implacable : « avec tout le respect dû à la concurrence, nos cœurs battent plus fort pour les vraies motos de course. »
La Harley Bagger Cup arrive avec un ADN très américain : lourd, musclé, spectaculaire. Une discipline pensée pour séduire du public plutôt que les ingénieurs.
LCR, elle, reste alignée sur sa mission : servir Honda en MotoGP et rester au cœur de la technologie qui façonne le futur des Grands Prix.
Et dans les garages de Cecchinello, aucun big twin ne remplacera la course pure.





























