Honda frappe fort là où on ne l’attendait plus. Alors que le marché semblait avoir définitivement tourné la page des sportives quatre cylindres de petite cylindrée, la marque ailée prépare un retour aussi discret que stratégique avec une nouveauté qui fait déjà beaucoup parler : la Honda CBR500R Four.
Aperçue presque en catimini au salon CIMA en Chine, la moto commence désormais à sortir de l’ombre. Et cette fois, ce ne sont plus des rumeurs : les documents d’homologation chinois lèvent le voile sur ses caractéristiques clés.
Oubliez les bicylindres sages. La CBR500R Four adopte un moteur quatre cylindres en ligne de 502 cc, avec un alésage de 60 mm et une puissance annoncée de 70,8 ch. Un chiffre symbolique, mais surtout une déclaration d’intention : Honda veut remettre le plaisir mécanique au cœur du segment.
Autre point fort : l’intégration de la deuxième génération de l’E-Clutch, déjà vue sur les Honda CBR650R et Honda CB650R.
Grâce au ride-by-wire, les passages de rapports peuvent se faire sans utiliser l’embrayage, avec un coup de gaz automatique au rétrogradage. Les puristes seront rassurés : le levier reste fonctionnel pour une conduite 100 % manuelle.
Honda reste fidèle à sa philosophie d’équilibre. Le moteur prend place dans un cadre en acier, associé à une fourche inversée (très probablement Showa) et à un freinage Nissin à quatre pistons avec étriers radiaux. À l’arrière, on retrouve un bras oscillant en aluminium et un mono-amortisseur central.
Côté chiffres on note un empattement de 1 410 mm, des pneus 120/70-17 à l’avant, 160/60-17 à l’arrière, un poids à sec d’environ 189 kg.
Ce n’est clairement pas une supersport radicale, mais plutôt une sportive polyvalente, pensée pour être performante sans devenir exigeante.

Une stratégie mondiale Honda … qui passe par la Chine
Les dépôts de marques sont clairs : la CBR500R Four est prévue pour le Japon, le Royaume-Uni, le Mexique, la Colombie, la Turquie… et l’Europe. Une information loin d’être anodine.
Pour s’adapter aux réglementations locales, Honda prévoit aussi une version 400 cc, baptisée CBR400R Four, destinée notamment au Japon et à Singapour.
La production initiale sera assurée par l’usine Wuyang-Honda en Chine. Un choix logique industriellement, même si la question de la distribution mondiale reste ouverte, notamment à cause des droits de douane sur certains marchés comme les États-Unis.
Honda ne s’arrête pas là. En parallèle de la sportive carénée, une version roadster a déjà été montrée : la Honda CB500 Super Four.
Même moteur, même cadre, mais sans carénage et avec une position de conduite plus droite. Un clin d’œil assumé aux mythiques CB quatre cylindres d’antan, remis au goût du jour avec électronique moderne et embrayage automatique.
La CBR500R Four n’est pas qu’un nouveau modèle. C’est un signal. À l’heure où les normes et les coûts poussent tout le monde vers le bicylindre, Honda ose remettre sur la table un quatre cylindres accessible, une sportive intermédiaire émotionnelle, et une offre différenciante face à une concurrence devenue très homogène.
Reste maintenant la question cruciale : le prix. Car si Honda parvient à positionner cette CBR500R Four intelligemment, elle pourrait bien devenir la nouvelle référence plaisir du segment. Le quatre cylindres n’a peut-être pas dit son dernier mot.

































