La saison 2026 de Formule 1 n’a même pas commencé qu’un possible scandale technique fait déjà trembler le paddock. Selon plusieurs sources concordantes (The Race, Motorsport Magazine), Mercedes et Red Bull Racing pour Ford auraient exploité une faille réglementaire majeure dans les règles moteur 2026. À la clé ? Un avantage estimé entre 3 et 4 dixièmes au tour et 10 à 15 chevaux supplémentaires dans une ère où chaque watt compte. Si ces chiffres se confirment, c’est tout simplement un coup de massue pour leurs rivaux.
En 2026, la F1 bascule dans un nouvel équilibre énergétique : 350 kW pour le moteur électrique (≈ 470 ch), 530 ch pour le moteur thermique. Une réduction volontaire de la part du thermique… en théorie. Et c’est précisément là que le ver se glisse dans le fruit.
La FIA a abaissé le taux de compression maximal de 18:1 à 16:1. Mais — et c’est là que tout bascule — la mesure officielle se fait à température ambiante. Or, à chaud, les matériaux se dilatent. Il suffirait que le piston se dilate d’un demi-millimètre pour passer d’un taux de compression 16:1 à 18:1.
Selon les rapports, les ingénieurs de Mercedes et Red Bull auraient conçu des pistons (ou d’autres pièces internes) utilisant la dilatation thermique. Une fois le moteur à température de fonctionnement (plus de 100°C), ces pièces se dilateraient, réduisant le volume de la chambre de combustion et faisant ainsi remonter le taux de compression réel en piste vers 18:1.
Résultat en piste ? Plus de pression dans la chambre de combustion. Plus de puissance réelle. Jusqu’à 3 ou 4 dixièmes au tour selon les circuits. Une astuce qu‘a exploité Mercedes et Red Bull et qui, selon les deux blasons, serait “totalement légale”.
Leur défense est limpide, et redoutable : « L’article C.5.4.3 stipule que le taux de compression doit être mesuré à température ambiante. Nos moteurs passent ce test. Nous sommes donc en conformité. »
Mercedes affirme même avoir été en contact permanent avec la FIA pendant le développement. Traduction : on n’a rien caché.
Chez Ferrari, Audi et Honda, qui n’ont pas flairé le coup, le ton est tout autre. Ils s’appuient sur deux points clés :
C.5.4.3 (première phrase) : « Aucun cylindre ne peut avoir un taux de compression géométrique supérieur à 16:1. »
Article C1.5 : « Les voitures doivent être conformes aux règlements en permanence pendant le championnat. »
Leur conclusion est cinglante : si le moteur dépasse 16:1 en piste, il est illégal, point final.

La FIA temporise sur le taux de compression moteur … dangereusement
Pour l’instant, la FIA campe sur une ligne inconfortable. « Les règles sont claires : les mesures se font à température ambiante. Les règlements actuels ne prévoient pas de contrôles à chaud. »
Mais elle reconnaît que le sujet sera discuté prochainement avec tous les motoristes, laissant entendre que des ajustements futurs sont possibles. Ce qui est potentiellement dévastateur.
Car si Mercedes et Red Bull Ford ont raison, les autres équipes peuvent faire une croix sur 2026. Mais si la FIA tranche contre eux, des programmes moteurs entiers deviennent non conformes. Or, les designs 2026 sont déjà figés. Mercedes affirme clairement : « Nous ne pouvons pas reconstruire ce moteur avant le premier GP 2026. »
Les recours sont très limités. Déposer une réclamation dès l’Australie ? Quasi impossible à prouver : on ne peut pas mesurer l’intérieur d’un moteur à 15 000 tr/min. Et il y a des batailles techniques précédentes qui n’augurent rien de bon comme avec les ailerons flexibles. Une plainte basée sur ce qui se passe en piste” pourrait se retourner contre les plaignants eux-mêmes.
Le mécanisme ADUO (aide au développement) existe… mais totalement insuffisant pour combler un tel écart avant 2027.
Soyons clairs : personne n’a encore vu ces moteurs rouler en piste. Les gains annoncés sont issus de simulations. L’aérodynamique, le châssis et la fiabilité peuvent tout bouleverser. Et aucune fuite n’est sortie sur le moteur Ferrari …
La Formule 1 reste ici fidèle à elle-même : un sport de détails, d’interprétation et d’ingéniosité extrême.
En écrivant noir sur blanc que la mesure se fait à température ambiante, la FIA a peut-être laissé une porte grande ouverte. Mercedes et Red Bull Ford l’auraient simplement franchie avant les autres.
La crédibilité du championnat 2026, attendu comme un renouveau passionnant, se joue sur cette interprétation. Un mauvais choix pourrait le plomber avant même le drapeau vert à Melbourne. La FIA doit agir vite, clairement, et avec une autorité qui s’impose à tous, sous peine de voir la plus grande révolution technique de la décennie éclipsée par un scandale en chambre de combustion.
Le verdict ? Il pourrait tomber dans les prochaines semaines et redéfinir totalement la hiérarchie 2026. La FIA risque de publier une Directive Technique (TD) avant les tests de Barcelone. Le scénario le plus probable ? Une tolérance pour 2026 avec une obligation de mise en conformité stricte (mesure par capteurs de pression en chambre) pour 2027.
































