À l’approche de la révolution réglementaire de 2026, les pilotes commencent à mesurer l’ampleur du choc qui les attend. Et Esteban Ocon n’a pas mâché ses mots. Pour le Français, la future Formule 1 marquera une rupture si brutale qu’elle évoque… un changement de discipline.
« C’est comme passer d’une Formule 1 à une voiture de rallye », lâche Ocon.
« Il y a une énorme différence d’adhérence. »
Une déclaration qui fait déjà réagir dans le paddock, à seulement trois semaines des premiers roulages en piste.

Une F1 2026 radicalement différente selon Esteban Ocon
La Formule 1 s’apprête à tourner une page majeure de son histoire. Les nouveaux règlements toucheront simultanément les châssis et les groupes propulseurs, un scénario rare, voire explosif.
Aérodynamique active, part électrique largement renforcée, disparition progressive de l’effet de sol : le cocktail promet des voitures plus rapides en ligne droite… mais nettement moins performantes dans les virages.
Conséquence directe : un pilotage entièrement à repenser.
La gestion de l’énergie deviendra centrale, parfois au détriment de l’attaque pure. Une philosophie qui tranche avec les monoplaces actuelles, réputées pour leur appui massif mais aussi pour leur comportement brutal et imprévisible.
L’un des objectifs assumés de la FIA est de s’éloigner du concept des voitures à effet de sol, censées améliorer le spectacle mais qui ont aussi généré de fortes contraintes physiques pour les pilotes.
Sur le papier, l’intention est claire. Sur la piste, en revanche, le flou reste total.
Chaque équipe travaille en vase clos, à des niveaux de développement très différents, uniquement guidée par ses propres simulations. Impossible, à ce stade, de savoir qui a vu juste… et qui se trompe lourdement.
Un scénario qui inquiète déjà certains observateurs
Si la génération actuelle avait permis de resserrer le peloton, un règlement aussi global pourrait produire l’effet inverse. Trouver le bon concept dès le départ offrirait un avantage colossal, difficile à rattraper avant plusieurs saisons.
Les dominations précoces pourraient refaire surface, avant que les solutions gagnantes ne soient copiées et affinées par les concurrents.
Un cycle classique en F1, mais amplifié par l’ampleur du changement.
Pour Esteban Ocon, ces bouleversements rendent presque anecdotiques certains problèmes rencontrés cette saison :
« Il y aura des choses bien plus importantes à gérer que ça au début », explique-t-il, en référence à ses soucis de freinage en fin d’année.
« On va avoir beaucoup d’essais, mais surtout énormément de choses nouvelles à apprendre. »
Chez Haas, la ligne de conduite a été claire : ne pas se disperser trop tôt. Ocon et son coéquipier Oliver Bearman ont été priés de rester focalisés sur 2025, laissant à l’équipe le soin de préparer 2026 en interne.
L’écurie américaine travaille actuellement avec Toyota sur son propre simulateur, tout en utilisant encore celui de Ferrari à Maranello. Malgré ce contexte de transition, Ayao Komatsu, le patron de l’équipe, a voulu éviter toute distraction prématurée.
« Avec Ollie, on a très peu de données pour l’instant », reconnaît Ocon.
« Quand l’équipe a une direction technique à explorer, on se réunit, mais ça reste limité. » rajoute Esteban Ocon.
Haas a terminé huitième du championnat constructeurs, dans un mouchoir de poche : neuf points devant Sauber, dix derrière Aston Martin, treize seulement de Racing Bulls. Des écarts minimes, mais lourds financièrement, chaque position valant des dizaines de millions de dollars.
Dans ce contexte, prioriser le présent plutôt que l’inconnu de 2026 semblait logique.
« C’est la décision d’Ayao, et je leur fais confiance », insiste Ocon.
« Je pense que c’est la bonne décision. » conclut-il
Les spéculations ne tarderont plus à laisser place aux faits. Les essais de pré-saison débuteront ce mois-ci à Barcelone, avec cinq journées de roulage réparties entre les équipes.
C’est là, enfin, que la Formule 1 découvrira si la vision de 2026 est une révolution maîtrisée… ou un saut dans l’inconnu.
































