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MotoGP

Liberty Media tient désormais les deux joyaux des sports mécaniques mondiaux : la Formule 1 et le MotoGP. Sur le papier, le coup est magistral. Dans les comptes, c’est une autre histoire. Entre les deux disciplines, le delta de revenus est abyssal. Et c’est précisément ce gouffre que Liberty entend transformer en opportunité.

D’abord, les chiffres qui piquent … Côté F1, la machine Liberty tourne à plein régime. Environ 3,7 milliards de dollars de revenus annuels, un plafond budgétaire qui stabilise les coûts, et un produit média devenu global, premium, scénarisé. La F1 est une industrie.

Côté MotoGP, géré historiquement par Dorna Sports, on parle d’un autre ordre de grandeur : environ 460 millions d’euros de chiffre d’affaires, certes avec une rentabilité solide, mais 7 à 9 fois moins de “top line” que la F1. Autrement dit : le MotoGP est rentable, mais sous-monetisé au regard de son potentiel mondial.

Et pourtant, Liberty a signé un chèque colossal pour en prendre le contrôle. Pourquoi ? Parce que la marge de progression est immense.

Pourquoi Liberty a misé gros sur le MotoGP ? Liberty n’achète jamais un sport pour ce qu’il est aujourd’hui, mais pour ce qu’il peut devenir. La F1 en est la preuve vivante : storytelling industrialisé, explosion des droits médias, hospitalités ultra-premium, sponsors non endémiques, et transformation du championnat en produit de divertissement global.

Le MotoGP coche toutes les cases… sauf la monétisation à l’échelle F1. Alors, comment Liberty veut faire “grossir” le MotoGP ?

D’abord, en revoyant les droits médias. C’est le nerf de la guerre. Liberty sait vendre des droits plus chers, mieux packagés, et plus globaux. Pour le MotoGP, il y aura donc des renégociations plus agressives par zones géographiques. Une accélération d’un *streaming propriétaire* plus attractif (abonnements, contenus exclusifs, docu, multi-cam).

Mais aussi un passage d’un modèle “droits TV classiques” à un modèle hybride média + plateforme. Le tout pour plus de valeur captée directement et moins de dépendance aux diffuseurs historiques.

Deuxième levier : transformer les circuits en machines à cash. La F1 a montré la voie : billets plus chers, hospitalités premium, expériences VIP. Liberty appliquera la recette au MotoGP, mais avec un équilibre délicat : conserver l’accessibilité populaire tout en créant une couche monétisable (Paddock Club MotoGP étendu, expériences constructeurs, grid premium). Le fan de base reste, le client corporate arrive.

Le vrai danger : transformer le MotoGP en “F1 bis”

Troisième initiative : vendre enfin le MotoGP comme une série de personnages. Le MotoGP a les pilotes les plus spectaculaires des sports mécaniques … mais moins exploités médiatiquement.

Liberty va pousser le storytelling (rivalités, trajectoires, coulisses), les formats courts, sociaux, viraux, des contenus type docu-séries, calibrés pour un public non initié. La course ne suffit plus : l’histoire devient le produit.

Quatrième vecteur :  attirer des sponsors hors “bulle moto”. Aujourd’hui, le MotoGP reste très dépendant de sponsors endémiques (moto, énergie, lubrifiants).

Liberty visera la Tech, la finance, le lifestyle, FMCG premium, partenaires globaux multi-régions, plus chers, plus stables. Il s’agira d’augmenter le revenu moyen par sponsor, comme en F1.

Enfin, last but not least : exploiter la data comme un actif. La F1 monétise déjà la donnée. Le MotoGP peut suivre. Data enrichie pour diffuseurs et partenaires, expériences digitales premium pour les fans, produits B2B autour de la télémétrie et de l’analyse.  Le vrai danger ? Transformer le MotoGP en “F1 bis”.

C’est là que tout se joue. Si Liberty applique sans filtre la recette F1, le risque est clair : billets trop chers, paddock aseptisé, perte de la proximité unique entre pilotes, teams et fans. Le défi sera chirurgical : monter en gamme sans tuer l’ADN, monétiser sans dénaturer.

Le MotoGP n’est pas pauvre. Il est sous-exploité. Liberty Media n’a pas acheté un championnat “plus petit que la F1”, il a acheté un actif mondial encore brut, spectaculaire, émotionnel, et prêt à changer d’échelle.

Reste une question, la seule qui compte vraiment : jusqu’où peut-on faire grossir le MotoGP sans lui faire perdre son âme ? La réponse ne sera pas seulement dans les comptes… mais dans la réaction des fans…

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